Neisseria gonorrhoeae (chez l'homme)

Genre de bactérie appartenant à la famille des Neisseriaceœ qui comprend essentiellement les espèces N. gonorrhoeae et N. meningitidis. Ces bactéries sont mises en évidence par la coloration gram-. Ce germe est à l'origine de la maladie appelée blennorragie ou plus communément chaude pisse. Cette infection est transmissible par contact direct des muqueuses génitales.

Il s'agit de la plus ancienne des maladies vénériennes connues se transmet en lors des rapports sexuels génitaux et buccaux. La mère peut également infecter son enfant lors de l'accouchement C'est Neisser qui a découvert le gonocoque.

Pour les spécialistes Neisseriaceœ est une famille de bactérie qui comprend des coccobacilles Gramimmobiles et notamment les genres Neisseria, Moraxella (ou Brahamella) et Acineto-bacter. Ces bactéries apparaissent sous la forme d'une double coque dont les bords sont adjacents et aplatis. Neisseria gonorrhoeae forme des colonies oxydase positives. Il est possible de les distinguer des autres Neisseria par la possibilité qu'elles ont à métabolisé le glucose et non le maltose, le galactose ou le saccharose.

Quand Neisseria gonorrhoeae possède un pilus, la bactérie s'attache aux cellules épithéliales et empêche la phagocytose (digestion par les polynucléaires, variété de globules blancs). C'est la raison pour laquelle une infection par une bactérie possédant un pilus est à l'origine d'urétrite (inflammation l'urètre, canal transportant l'urine de la vessie vers l'extérieur). Les bactéries ne possédant pas de pilus ne déclenche pas d'urétrite. Le fait que le gonocoque possède ou pas un pili provient de sa transformation génétique.

Épidémiologie (facteurs susceptibles d'intervenir dans l'apparition et l'évolution d'une ou plusieurs maladies)
L'hôte habituel de Neisseria gonorrhoeae est l'homme. Dans certains pays industrialisés comme les USA environ 5 à 6 % de la population ont été infectés. Dans d'autres pays comme la Suède, l'épidémie a été moins importante. En effet dans ces pays la transmission à l'intérieur même du pays (endémie) a été pratiquement enrayée.
De nombreux facteurs conditionnent l'incidence de cette infection : la race, le sexe, le niveau socio-économique, le statut marital, la vie urbaine ou pas, le degré d'instruction, les comportements sexuels, l'accessibilité aux soins, l'âge. Ainsi l'incidence de contracter une infection par gonocoque pour l'individu qui n'est pas de race blanche qui est adolescent et démuni, et dont le niveau d'éducation est bas et qui de plus vit seul, est plus importante. Parmi ces sujets il existe une personne qui joue le rôle de contaminateurs des autres, favorisant ainsi la dissémination de la gonococcie.
Cette infection est le plus souvent propagée par des individus porteurs de ces bactéries mais sans symptôme (asymptomatique). Il est possible de dépister ces porteurs grâce à des prélèvements que l'on effectue au niveau du col de l'utérus. Ceci tout particulièrement chez certaines femmes ayant des habitudes sexuelles ou vivant dans des conditions démographiques de mauvaise qualité. Il existe certains milieux (prison, toxicomanie, centre de détention juvénile, centre de désintoxication) où le nombre des infections est plus important et où les tests de dépistage devrait être effectués. Mais la culture qui permet de dépistage en routine à partir des prélèvements cervicaux (du col de l'utérus) coûtent cher.
Dans tous les cas il est très important d'identifier les partenaires sexuels les plus récents, de façon à pouvoir les examiner et les traiter quand ils sont infectés.
Des études effectuées à la fin des années 90 ont montré que la présence du gonocoque facilite l'infection par le VIH. De plus, les prostituées qui sont infectées par le virus de l'immunodéficience humaine ont une probabilité plus importante de survenue de complications à type de salpingite (inflammation les trompes).

Mécanisme de l'infection (physiopathologie)
Après une exposition unique par le gonocoque, 1/3 des hommes est infecté. Pour les spécialistes il faut un inoculum de 10 puissance 3 germes pour obtenir une infection de l'urètre chez la moitié des individus qui se sont portés volontaires pour être infecté expérimentalement.

Symptômes
Chez l'homme, après une période d'incubation (période comprise entre la contamination et la survenue des premiers symptômes de la maladie) de 2 à 10 jours (parfois plus), apparaît une urétrite gonococcique appelée blennorragie. Le patient présente alors :
Quelquefois aucun symptôme chez les hommes, certains sont alors susceptibles de contaminer les femmes.

Un liquide de coloration blanc crémeux ou jaunâtres contenant du pus et s'écoulant par l'urètre. Ce liquide est abondant et tache le linge.

Une dysurie (difficulté à uriner s'accompagnant de douleurs.

Une coloration rouge (érythème) du méat urinaire (orifice par lequel l'urine est émise)

Avant l'utilisation des antibiotiques, survenait une épididymite correspondant à une inflammation de l'épididyme. L'épididyme est un organe cylindrique situé derrière chaque testicule et s'étalant en "embrassant " celui-ci, faisant suite aux canaux efférents qui sont des sortes de petits tubes sortant du testicule. L'épididyme se prolonge par le canal déférent ou canal spermatique, qui débouche dans l'urètre et qui est destiné à évacuer à la fois les urines et le sperme. Actuellement l'épididymite est relativement rare voir inexistante.

Complications

Elles sont peu fréquentes, mais il faut citer :
Une inflammation des ganglions de l'aine (jonction entre les membres inférieurs et le tronc). Un oedème de la verge.
Une lymphangite (inflammation des ganglions et du système lymphatique de l'appareil urinaire et génital).
Une thrombophlébite (caillot sanguin à l'origine d'une inflammation veineuse) survenant au niveau de la veine dorsale de la verge.
Des abcès et fistules (communication) de l'urètre
Un abcès de la glande Cooper. Cet abcès est palpé par le médecin quand celui-ci a introduit dans l'anus son index et que son pouce est posé sur le périnée (plancher recouvert par les testicules).
Une infection des vésicules séminales (réservoir de nature musculaire et membraneux qui contient le sperme).
Un rétrécissement du canal urétral sans doute lié à un traitement insuffisant de l'urétrite elle-même c'est-à-dire de l'inflammation de ce canal. Cette affection est quelquefois source des difficultés croissantes à la miction (émission des urines).

Chez les homosexuels, l'infection par gonocoque est plus élevée ces dernières années. La variété de Neisseria gonorrhée semble plus résistant au traitement antibiotique que les autres. Chez certaines personnes et plus particulièrement les homosexuels ainsi que ce pratiquant le cunnilingus, la fellation, chez les femmes hétérosexuelles, on assiste quelquefois à une infection du pharynx pouvant être origine d'une amygdalite exsudative qui quelquefois est asymptomatique. Cette variété d'affection disparaît le plus souvent quelquefois même sans traitement.

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