Lait (écoulement de)

Ecoulement de lait par le mamelon en dehors de l'allaitement normal de l'enfant.

Elle peut avoir lieu des deux côtés (bilatérale), ou ne se produire qu'à travers un seul mamelon (unilatérale).
Il est parfois nécessaire d'appuyer sur le sein pour faire sortir du liquide.
La nature de ce liquide n'est pas clairement définie. Un quart des femmes normales ayant eu des grossesses présentent des sécrétions mammaires pouvant n'avoir aucune signification clinique, c'est-à-dire ne correspondant à aucune pathologie. Néanmoins, un écoulement spontané a plus de signification qu'un écoulement provoqué.
Généralement :

La couleur blanche de l'écoulement traduit une composition lipidique (lipides : corps gras), permettant d'affirmer qu'il s'agit bien de lait.
La couleur verdâtre nécessite à priori d'effectuer une analyse
La couleur rouge traduit la présence de sang (il faut alors s'assurer qu'il n'existe pas un cancer du sein).

Le plus souvent, la galactorrhée est une production persistante et inappropriée de lait, qui ne doit inquiéter.

L'hormone qui est à l'origine de la fabrication lactée est la prolactine, sécrétée par la glande hypophyse (située à la base du cerveau, et reliée à l'hypothalamus dont elle reçoit les ordres). Il paraît logique de penser que l'augmentation de cette hormone entraînera automatiquement une augmentation de la fabrication du lait. En fait, la sécrétion lactée nécessite une atmosphère hormonale relativement complexe. Ainsi, on peut rencontrer une élévation importante de prolactine sans avoir de sécrétion lactée, et inversement avoir une sécrétion lactée importante sans avoir de quantité élevée de prolactine dans le sang.

Origine des galacthorrhées

Syndrome de la nourrice, correspondant à la stimulation répétée des mamelons chez des femmes à grossesses multiples, et pouvnt induire une galactorrhée avec une élévation minime de la prolactine.

Prise de nombreux médicaments qui agissent sur le système nerveux central comme certains neuroleptiques.

Tumeurs de l'hypophyse (appelées adénome à prolactine). Elles sont classées en fonction de leur taille : on distingue les microadénomes dont la dimension est inférieure à 10 mm de diamètre, et les macroadénomes dont la dimension est supérieure à 10 mm de diamètre.

Antagonistes de la dopamine (neuro-hormone essentiellement excitatrice), c'est-à-dire les médicaments ayant les effets contraires de ce neuromédiateur (méthyldopa). Ces médicaments ont une action contre la tension artérielle.

Certains anti-ulcèreux, (médicaments agissant contre les ulcères de l'estomac et/ou du duodénum) ayant une action antagoniste (contre) les récepteurs H2 comme la cimétidine ou ranitidine.

Certains contraceptifs, notamment les œstrogènes

Plus rarement, l'utilisation de médicaments à base d'opium ou de ses dérivés

Aménorrhée (absence de règles). Il faut alors distinguer l'aménorrhée primaire, qui est l'absence des règles à l'âge habituel de la puberté (en général vers 13 ans), de l'aménorrhée secondaire, qui est la disparition des règles depuis au moins trois mois chez une femme antérieurement réglée.

Le traitement
Il dépend du type de galactorrhée.

En cas d'adénome à prolactine, l'exérèse (on retire chirurgicalement l'adénome) en passant par le nez est recommandée dans les gros adénomes qui s'accompagnent d'autres signes cliniques.

La bromocriptine (médicament utilisé également dans la maladie de Parkinson, et dérivé de l'ergot de seigle) est utilisée après l'opération quand il existe un hyperprolactinémie (élévation importante de prolactine dans le sang) résiduelle (persistante).

Les microadénomes sont généralement traités par la bromocriptine à doses progressives tout en contrôlant la prolactinémie (quantité de prolactine dans le sang).

La guérison survient habituellement après un an environ. Il est néanmoins nécessaire d'effectuer au moins une fois par an un scanner de la selle turcique, sorte de petite loge osseuse contenant l'hypophyse située à la base du cerveau.
Les récidives sont relativement fréquentes. Il faut signaler que la bromocriptine est susceptible de favoriser une éventuelle grossesse qui peut, à son tour, entraîner un risque de poussée de l'adénome vers la fin.

Chez l'homme, l'hyperprolactinémie peut également se manifester.
On observe :

Une gynécomastie (développement excessif du tissu glandulaire et du tissu mammaire)
Une diminution de la libido
Une impuissance
Une oligospermie (faible nombre de spermatozoïdes dans le sperme) s'accompagnant de stérilité et d'une chute du taux de testostérone dans le sang.

En cas de développement important de l'hypophyse, on peut voir apparaître des céphalées accompagnées ou pas de troubles visuels (essentiellement en cas d'adénome à prolactine).

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