Hyperphagie ou hyperorexie, boulimie, polyorexie

Absorption épisodique et compulsive d’une quantité importante de nourriture.

Boulimie signifie étymologiquement : faim de bœuf, et n’a pas de rapport avec le grignotage fréquent qui n’entraîne pas une absorption très importante de nourriture.

La boulimie est une véritable compulsion alimentaire clandestine, qui pousse en quelque sorte l’individu à manger presque malgré lui. Le malade a d’ailleurs conscience que ce comportement est anormal et dangereux.

Les vomissements provoqués que le patient s’auto-inflige pour éliminer les aliments pris en surnombre traduisent la peur morbide qu’il a de l’obésité. Les épisodes dépressifs accompagnant ce tableau ne sont pas rares.

Ce syndrome touche plus particulièrement les femmes (environ 2 %) soit environ 200 000 personnes en France

 

Symptômes

  • Il existe environ une dizaine de crises de boulimie quotidiennement, cette fréquence pouvant aller jusqu’à 45.

  • Le temps consacré à la prise alimentaire varie de une heure et demie à huit heures environ
  • La quantité de nourriture absorbée est parfois phénoménale, mais varie suivant les individus

 

Maladies associées

  • Diabète (dû à la grande quantité d’aliments sucrés absorbés)
  • Un nombre important de caries
  • L’alcoolisme ou un autre type de toxicomanie
  • Episodes de dépression nerveuse (semblent être plus élevés que chez les anorexiques)
  • Augmentation des gestes suicidaires
  • Fréquence élevée de troubles affectifs
  • 60 % des femmes qui souffrent de boulimie ont des troubles des règles et environ le même pourcentage ont un poids normal.

 

Les analyses biologiques effectuées chez le boulimique montrent :

  • Une élévation du pH sanguin, c’est-à-dire l’apparition d’une alcalose (déficit d’acidité) du sang à cause de l’utilisation de laxatifs et des épisodes itératifs de vomissements.
  • Une augmentation des taux de la LH (hormone lutéinisante ou lutéostimuline : gonadostimuline hypophysaire stimulant la sécrétion de la progestérone chez la femme et des androgènes testiculaires chez l’homme)
  • Une diminution de la sécrétion de sérotonine * et de cholécystokinine (hormone sécrétée par la muqueuse du duodénum provoquant la contraction la vésicule biliaire).

Dans les cas les plus graves, les vomissements des épisodes boulimiques entraînent parfois une déshydratation (pertes importantes d’eau) et une fuite de potassium (surtout en cas d’association avec des laxatifs) se traduisant généralement par une faiblesse et des crampes. Des problèmes de l’œsophage et des dents liés à ces vomissements intempestifs ont également été observés.

 

La signification de la boulimie n’est pas clairement établie.

Il semble que les principales causes de la boulimie soient d’ordre psychologique, et constitueraient une variante d’un autre trouble des conduites alimentaires, l’anorexie mentale (refus de s’alimenter). Elle représenterait une barrière contre l’angoisse, la dépression, et peut-être même permettrait de compenser la frustration et de revaloriser l'image de soi.

Le pas entre une éventuelle frustration psychoaffective et la boulimie a été franchi rapidement par certains psychiatres qui considèrent celle-ci comme une compensation à l’insatisfaction sexuelle.

 

Evolution

Environ la moitié des boulimiques retrouve une conduite alimentaire normale.

 

Le traitement consiste à :

  • Etablir des liens de confiance entre le thérapeute et le boulimique
  • Effectuer une surveillance régulière et fréquente de l’état psychoaffectif du boulimique
  • Proposer une thérapie comportementale, familiale, de groupe, psychanalytique
  • Le patient doit noter soigneusement et avec précision sur un cahier, les différentes prises alimentaires, la quantité de nourriture absorbée, et les horaires. Ce comportement autocritique a pour but de sensibiliser le boulimique, et le prépare à la rééducation alimentaire qui a lieu théoriquement par la suite.
  • Prévenir le malade des éventuels effets secondaires susceptibles de survenir (rupture de l’estomac, atteintes de l’œsophage par les reflux acides, pathologies dentaires, diabète, obésité, troubles hormonaux, déséquilibre lié à la baisse du potassium dans le sang, troubles digestifs à type de diarrhée ou de constipation, vomissements répétés, crampes, etc).
  • L’utilisation de coupe-faim, d’anxiolytiques ou de neuroleptiques est absolument contre-indiquée (ils n’ont pas fait la preuve de leur efficacité). On peut néanmoins essayer certains antidépresseurs.
  • L’hospitalisation est rarement indiquée sauf en cas de passage alimentaire dans les voies aériennes.

* la sérotonine est un neuromédiateur ou neurotransmetteur retrouvé dans le processus de la douleur, possédant également une action vaso-constrictrice (fermeture des vaisseaux) importante. Cette substance est sécrétée par les fibres nerveuses mais également lors de la formation du caillot sanguin, par les plaquettes qui sont des éléments présents normalement dans le sang et participant au processus de l’hémostase (arrêt spontané ou provoqué d’une hémorragie).

 

 

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