Hormonothérapie

Terme issu du grec hormaô : j'excite et thérapéia : soin.

Utilisation des hormones de façon à compenser un défaut de sécrétion (hormonothérapie de substitution) d'origine endocrinienne (insuffisance de fabrication d'une hormone par une glande) ou encore à modifier une fonction de l'organisme. Il est possible de fabriquer de manière artificielle des hormones comparables à celles des hormones sécrétées naturellement dans l'organisme. L'hormonothérapie c'est également l'utilisation d'hormones antagonistes s'opposant à l'action d'une autre hormone (hormonothérapie antagoniste) il s'agit d'une thérapeutique employée quelquefois dans certains cancers (cinq constantes).

1) Hormonothérapie de substitution
La maladie d'Addison est un exemple d'utilisation de l'hormonothérapie de substitution. Cette pathologie se caractérise par la destruction progressive de deux glandes surrénales qui ne sont plus en mesure d'assurer la synthèse habituelle d'hormones. Ceci aboutit à une insuffisance primaire de sécrétion d'hormone glucocorticostéroïdienne (proche de la cortisone) et d'aldostérone (réglant les mouvements du sodium et du potassium niveau rénal). Ces hormones sont fabriquées par les glandes surrénales (glandes situées au-dessus de chaque rein). Le terme primaire signifie qu'il existe une lésion des deux glandes surrénales elle-mêmes et une insuffisance de sécrétion qui n'est pas due à un mauvais fonctionnement de l'hypophyse que l'on appelle insuffisance surrénalienne secondaire.

L'hypothyroïdie ou insuffisance de sécrétion d'hormones thyroïdiennes est une autre maladie au cours de laquelle il est nécessaire d'utiliser un substitut d'hormones thyroïdiennes.

L'hypophyse. Terme issu du grec hupo, sous et phusis, croissance, désigne une glande de petite taille située à la base du cerveau dans une chambre osseuse à sa taille appelée la selle turcique. La glande hypophyse appelée également glande pituitaire, comprend une partie postérieure (arrière) : la posthypophyse et une partie antérieure (en avant) l'antérohypophyse. La glande hypophysaire est appendue à l'hypothalamus située juste au-dessus d'elle par la tige pituitaire. Son action se fait par l'intermédiaire d'autres hormones les stimulines qui régulent l'ensemble des glandes endocrines de l'organisme. L'hypophyse joue un rôle majeur dans la sécrétion des hormones de l'organisme. L'insuffisant de fonctionnement de l'hypophyse est à l'origine entre autres de troubles de la croissance chez l'enfant qui est possible de corriger par administration d'hormones de croissance produite actuellement par génie génétique. L'utilisation de l'hormone de croissance ancienne (prélevée sur des hypophyses de cadavres) était à l'origine parfois de la maladie de Creutzfeldt Jacob.

Les parathyroïdes. Ces glandes dont le fonctionnement insuffisant est à l'origine d'un déficit en hormones thyroïdiennes entraînent, une hypothyroïdie se caractérisant par une asthénie (fatigue importante) une faiblesse musculaire, une perte des cheveux, une sécheresse de la peau et une bouffissure du visage entre autres chez l'adulte, et chez l'enfant des troubles de la croissance. Le traitement substitutif vital par des hormones thyroïdiennes permet de corriger ces différents troubles.

Les glandes génitales. La carence en hormones synthétisées par les glandes génitales masculines est susceptible d'entraîner chez l'homme un retard de la puberté et par la suite des troubles de la sexualité ainsi qu'une modification de l'apparence physique. Grâce à la correction du déficit hormonal par l'administration d'hormones mâles (testostérone d'origine synthétique) il est possible de corriger ces pathologies. Chez la femme le déficit en hormones sécrétées par les ovaires survient généralement après la ménopause et est responsable de différents troubles (ostéoporose et risque de fracture osseuse, bouffées de chaleur, problèmes cardio-vasculaires sécheresse des muqueuses génitales, troubles de la libido, troubles psychologiques). Le traitement de la ménopause fait appel à l'hormonothérapie de substitution qui consiste à redonner à la femme en postménopause un cycle menstruel grâce à l'administration d'oestrogènes et de progestérone. Cette hormonothérapie permet ainsi de prévenir les troubles cités précédemment dus au déficit en oestrogènes. Chez la jeune fille le déficit ovarien en période d'activité génitale entraîne un retard pubertaire et une stérilité s'expliquant par l'insuffisance de développement des ovaires ou par une défaillance de la stimulation de l'hypophyse (glande chef d'orchestre).
La prise de gonadotrophines ou gonadostimulines qui sont des hormones qui stimulent l'activité fonctionnelle des glandes sexuelles mâles et femelles. Les gonadpostimulines sont sécrétées par le lobe situé en avant de l'hypophyse par le placenta de la femme enceinte. Cette sécrétion suffit chez la jeune fille pour déclencher à son tour la sécrétion ovarienne. En cas de stérilité, grâce aux méthodes d'induction de l'ovulation par l'intervention des gonadotrophines hypophysaires (sécrétées par l'hypophyse, voir ci-dessus) on assiste à des ovulations multiples qui habituellement sont de 1 par cycle chez la femme avant la ménopause. Ces ovulations sont nécessaires pour pouvoir effectuer une insémination intra-utérine ou une fécondation in vitro.

Le pancréas. Le pancréas fabrique habituellement l'insuline qui est une hormone dont la déficience entraîne un diabète sucré (élévation du taux de sucre dans le sang et insuffisance d'utilisation de celui-ci par les cellules cibles). Le déficit en insuline a pour résultat un trouble du métabolisme (utilisation, fonctionnement) du sucre ce qui nécessite des injections sous cutanées d'insuline. Cette hormone maintenant obtenues par génie génétique permet de corriger la carence insulinique mortelle.

2) L'hormonothérapie antagoniste
La castration était autrefois une des techniques qui permettaient de supprimer les sécrétions d'hormones. Une d'entre elles consistait à procéder à l'ablation des ovaires chez la femme (ovariectomie), du sein ou de la prostate en cas de cancer de celle-ci. Néanmoins il n'est pas suffisant d'effectuer une exérèse des gonades (testicules et ovaires) pour supprimer totalement les sécrétions d'hormones. En effet celle-ci sont quelquefois assurées par les glandes surrénales qui prennent le relais est parfois même par l'hypophyse dont on n'effectue plus l'ablation. En présence de certains cancers comme celui de la prostate ou du sein (cancers hormonaux dépendants) on supprime l'action d'hormones stimulant les tissus cancéreux ou encore on apporte des hormones qui s'opposent à leur prolifération.
Les hormones antagonistes par exemple les androgènes, sont des hormones mâles utilisés contre l'action des oestrogènes stimulants la multiplication des cellules cancéreuses du sein). Inversement pour combattre les cancers de la prostate dont les cellules sont stimulées par les androgènes, on administre des oestrogènes. Il existe néanmoins des effets secondaires à ce traitement, se sont la masculinisation pour les androgènes et le risques de thrombose (survenue de caillot sanguin) à l'intérieur des vaisseaux pour les oestrogènes.
Actuellement d'autres moyens utilisant des médicaments plus spécifiques et mieux tolérés permettent également de freiner les sécrétions d'hormones à différents niveaux de leur synthèse (fabrication) par les glandes hormonales. Ceci a pour but d'empêcher leur métabolisme (fabrication, utilisation) et donc de bloquer leur action au niveau des cellules cibles (récepteurs des hormones) sur les cellules tumorales. Il s'agit essentiellement des antiandrogène et les anti oestrogènes. Grâce à des effets de prévention des cancers du sein utilisant des dérivés hormonaux il est possible maintenant de réduire la stimulation trop importante par les hormones oestrogènes chez une femme. Quand le cancer est hormonosensible plusieurs mécanismes hormonothérapiques sont utilisés avant d'avoir recours à la chimiothérapie (utilisation de médicaments visant à détruire les cellules cancéreuses). L'administration de tamoxifène pendant cinq ans est habituellement effectuée chez les femmes atteintes de tumeur dont les récepteurs d'oestrogènes sont positives.

Perspectives
Dans un proche avenir la nanomédecine permettra de déceler les cellules cancéreuses alors que leur nombre est encore faible ce qui n'est pas possible pour l'instant. En effet grâce à l'utilisation de récepteurs de taille extrêmement petite (de l'ordre dans du nanomètre : un millionième de millimètre) il sera possible de détecter les cellules cancéreuses alors qu'elles seront en très petit nombre en soumettant l'organisme à une lumière spécifique dont les récepteurs seront sensibles.

Pour les spécialistes en ce qui concerne le cancer de la prostate, la suppression androgénique c'est-à-dire la castration chimique est obtenue par utilisation des analogues de la LH-RH (leuproréline, buséréline, goséréline) agissant sur les androgènes des testicules. On obtient une réponse positive dans 70 % des cas, celle-ci ne se manifestant qu'au bout de quinze jours. Les antiandrogènes non stéroïdien (bicalutamide, flutamide, nilutamide) agissent au niveau périphérique des récepteurs androgènes. Les antiandrogènes stéroïdiens tels que l'acétate de cyprotérone sont moins efficaces. La réponse hormonale après une période de réponse clinique est de dix-huit mois environ. Dans ce cas la durée moyenne de survie est inférieure à un an. Révisé le 22/10/2002

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