Haschich



Synonymes : marijuana, chanvre indien, cannabis.

Considéré comme une drogue douce, le haschich possède une action psychotrope (sur le psychisme) due à la présence de tétrahydrocannabinols. Son usage prolongé est susceptible d'entraîner un déséquilibre psychologique pouvant aller jusqu'à une psychose (perturbation profonde de perception de la réalité).

Mode d'action
Les cannabinoïdes, qui sont les composants essentiels du haschich à l'origine des effets psychoactifs (sur le cerveau), sont en relation avec un neuromédiateur, la dopamine, sécrété dans une zone bien précise du cerveau (nucleus acumbens). Il s'agit de l'un des sites de récompense du cerveau. Cette sensation s'accompagne d'une détérioration de la vigilance, de la mémoire, des altérations de l'audition, de la vision, du toucher et une dépersonnalisation. Les sensations produites par le haschich durent entre 2 et 4 heures après inhalation d'une cigarette contenant 10 à 20 mg de delta 9 tétrahydrocannabinol. Ce composé interfère avec d'autres drogues en accroissant les effets psycho-dépresseurs des médicaments sédatifs, des opiacés, des alcools, et en diminuant ceux des médicaments stimulant le cerveau.

Toxicité
Il a été décrit des pertes de conscience graves et des comas chez les enfants de 1 à 4 ans ayant absorbé du haschich ou des confections à base de haschich. La toxicité de ce produit porte sur la mémoire, entraînant des altérations prolongées et graves sur l'appréciation du temps, la communication orale, la vigilance. Vingt-quatre heures après avoir fumé une cigarette de haschich, des chauffeurs de train ont été à l'origine de collision. Il a également été décrit des accidents de la route provoqués par des individus chez qui le dosage de cannabinoïdes a été effectué (voir labo).

Symptômes
  • Euphorie ou angoisse
  • Altération des perceptions visuelles
  • Troubles de l'équilibre
  • Ataxie (troubles de la coordination des mouvements)
  • Hyperesthésie (sensation percevoir les choses " en excès")
  • Tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
  • Hypotension (chute de la tension artérielle) ou hypertension (élévation de la tension artérielle)
  • Hyperémie (afflux de sang ) des conjonctives


Évolution
Des épisodes d'hallucination sont susceptibles de survenir chez les consommateurs chroniques. Ils sont accompagnés de réactions dépressives et anxieuses graves.
Les poumons sont l'objet de pathologies à type d'obstruction des voies respiratoires. Néanmoins, le haschich possède une activité bronchodilatatrice (ouverture du calibre des bronches).
Les infections récidivantes sont plus fréquentes chez les consommateurs de haschich.
Des troubles cardiaques graves peuvent également survenir en cas de consommation importante.
Des cancers de la langue, de la mâchoire et du poumon ont été observés chez les consommateurs chroniques.
Le nombre de cancers chez les enfants de parents ayant consommé du haschich est cinq fois plus élevé.
Le nombre de leucémie est multiplié par 10 chez les enfants nés de mère ayant fumé du haschich pendant la grossesse.
La spermatogenèse (fabrication des spermatozoïdes) est anormale.
L'impact du haschich pendant la grossesse est maintenant démontré : il entraîne la naissance d'enfants de taille inférieure à la moyenne (tout comme le tabac). Des pertes de mémoire chez les adolescents sont également dues à la consommation chronique de haschich.
Des épisodes de schizophrénie sont également décrits, ce qui contre-indique formellement l'utilisation du haschich chez les personnes instables susceptibles de faire des épisodes psychotiques.
La consommation de haschich entraîne un risque accru d'utiliser d'autres drogues plus nocives (héroïne).

Sevrage
Il se traduit par les signes suivants :
  • Agitation
  • Troubles du sommeil
  • Nausées


Le labo
Il est possible d'effectuer un dépistage urinaire des cannabinoïdes, il se fait par le test EMIT, d'une sensibilité de 20 à 50 nanogrammes par ml. Une réponse supérieure à 50 nanogrammes est considérée comme positive. Tout résultat positif doit être confirmé. Les cannabinoïdes peuvent être décelés dans l'urine jusqu'à 7 jours après avoir fumé une seule cigarette, et longtemps après une consommation chronique.

Traitement
  • Médicaments contenant du diazépam (dérivés du Valium) en cas d'agitation ou en présence de convulsions
  • Pour les épisodes psychotiques persistants, l'halopéridol (neuroleptique) est une drogue intéressante.
  • La physostigmine (ésérine) est contre-indiquée
  • Il n'y a pas de traitement pharmacologique de la dépendance au haschich.
  • Il est nécessaire d'employer des méthodes dont le but est l'abstinence, permettant ainsi de se libérer de la drogue.



Biblio
Nahas Gabriel, La drogue Bilan scientifique et médical in écologie humaine 1994

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