Fulguration

Synonymes : étincelage, électrisation, électrocution.

Terme issu du latin fulgur : foudre.

Action de la foudre sur le corps des animaux et celui de l’homme (la foudre étant la décharge électrique intense qui a lieu pendant un orage, s’accompagnant d’un éclair et d’une violente détonation, le tonnerre). La fulguration est également le nom donné à une technique qui utilise les étincelles de haute fréquence et de haut voltage (différence de potentiel) en thérapeutique. La fulguration s’utilise pour détruire les tumeurs malignes (fulguration de Keating Hart), et exceptionnellement dans le traitement des troubles du rythme cardiaque (elle prend alors le nom de fulguration cardiaque endocavitaire).

Sous un nuage, les charges électriques sont négatives par rapport à la surface de la terre où elles sont positives. On appelle ceci une différence de potentiel. Entre les deux la couche d’air constitue une isolation qui s’atténue progressivement et entraîne une décharge électrique sous la forme d’un éclair, la foudre. Celle-ci peut frapper suivant plusieurs modes : coup direct, potentiel d’enjambement, phénomène de flash, flash latéral.

1) La foudre est susceptible de frapper et de traverser un individu sous la forme d’un coup direct, entraînant au niveau de l’organisme un influx majeur de courant électrique brutal. Ce type de fulguration est le plus grave des accidents, il est favorisé par les objets en métal que porte la victime pendant un orage (parapluie, outil, accessoires de sport,...)
2) Le potentiel d’enjambement provient du fait que l’éclair frappe d’abord le sol à proximité de la victime, dont l’un des 2 pieds au contact du sol est plus proche que l’autre du point d’impact. Dans ce cas, entre les deux jambes de la victime, existe potentiel dangereux (différence de charge électrique). L’éclair est susceptible de pénétrer dans une jambe et dans l’appareil circulatoire, puis de ressortir par l’autre jambe. Cette variété de fulguration peut atteindre plusieurs personnes à la fois.
3) Le flash latéral se produit quand l’éclair jaillit d’une structure proche de la victime (arbre, bâtiment, autres personnes)
4) D’autre part, si la personne est mouillée (par la pluie ou la transpiration, entre autres), la décharge électrique circule à l’extérieur du corps, favorisée par l’humidification des vêtements : on parle alors de flash.

Les différences de charges constituant un éclair peuvent aller de 3 000 000 à 200 000 000 de volts et l’intensité (quantité de courant passant par seconde) est susceptible d’être d’une grandeur allant de 2000 à 3000 ampères. Même si l’exposition des victimes à la foudre est très brève (quelques millièmes de secondes), les lésions survenant lors de la fulguration sont les mêmes que celles dues à une électrocution classique.

Les accidents liés à l’électricité sont de plus en plus nombreux. Les décès survenant par électrocution représentent environ 1 % de l’ensemble des décès par accident. Environ 60 % des accidents mortels dus à l’électricité touchent des hommes de 20 à 34 ans. L’électrocution atteint essentiellement les individus travaillant avec du courant de haute tension, puis les travailleurs du bâtiment. En ce qui concerne les accidents de basse tension, ils surviennent essentiellement à domicile et touchent les jeunes enfants.

Tous les coups électriques ne présentent pas le même risque. La peau sèche est un excellent isolant (résistance importante au passage du courant électrique), contrairement la peau humide qui est un excelle conducteur. Ce qui signifie que même pour un voltage minime, le risque d’électrocution peut être fatal dans certaines conditions.

La gravité de l’électrocution dépend de différents critères :

  • Potentiel (voltage)

  • Intensité (nombre d’ampères)

  • Résistance du corps

  • Trajet du courant

  • Durée de contact.
Le courant alternatif (courant utilisé dans la maison) est trois fois plus dangereux que le courant continu.

Symptômes

  • Sidération (arrêt subit du fonctionnement des centres nerveux)

  • Fibrillation ventriculaire (contractions anarchiques et rapides entraînant une absence de battements réguliers du cœur et emêchant donc un pompage efficace du sang)

  • Arrêt respiratoire

  • Tétanisation (contraction continue sans possibilité de relâchement) des muscles respiratoires

  • Brûlures de la peau, parfois minimes voire absentes. Ce sont des lésions de la peau se caractérisant par un durcissement de celle-ci donnant un aspect cartonné ou carbonisé. Au point d’entrée du courant électrique, les tissus montrent un relief en creux donnant l’impression que le courant a détruit les tissus en faisant éclater les cellules constituant ces tissus. Leur destruction est fonction du nombre de volts. D’autre part, la contraction des muscles peut empêcher la victime de relâcher son objet en contact avec la source d’électricité.

  • Tous les tissus de l’organisme sont susceptibles d’être atteints par des lésions d’électrocution. Ainsi, il existe des lésions en profondeur touchant certains organes et dont l’évaluation est essentielle pour la prise en charge du patient.
Evolution

  • Mort pouvant survenir suite à un arrêt cardio-respiratoire.

  • Insuffisance rénale aiguë (insuffisance de fonctionnement de la filtration des reins)

  • Dans environ 3 à 15 % des cas, anomalies neurologiques susceptibles de persister jusqu’à trois ans après l’accident initial. Ceci est dû à la fragilité des tissus neurologiques vis-à-vis de l’électricité. Les séquelles secondaires à des lésions neurologiques sont de type respiratoire avec paralysies motrices (impossibilité d’effectuer des mouvements). Dans quelques cas, il existe une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) avec ou sans aphasie (perte partielle ou totale de la faculté de s’exprimer et de comprendre le langage, qu’il soit parlé ou écrit, malgré l’intégrité anatomique et fonctionnelle des organes de la phonation : langue et larynx, et indépendamment de toute atteinte neurologique d’origine sensorielle : sans difficultés d’audition ou de vue). L’atteinte de la moelle épinière par l’électrocution est la lésion neurologique la plus fréquente. Certains signes de l’électrocution n’apparaissent que tardivement (6 à 9 mois après l’accident).

  • Des douleurs dues à des perturbations de la régulation du système nerveux autonome sont également susceptibles d’apparaître tardivement.

  • Une atteinte de la peau, des vaisseaux (fermeture et ouverture de ceux-ci) sont également visibles tardivement.

  • Les lésions de la cataracte sont dues aux accidents de haute tension, elles peuvent atteindre 30 % quand le point de contact avec la source d’électricité se situe au niveau de la tête. La survenue des troubles de la vision nécessite environ 6 mois pour apparaître, quelquefois moins.

  • La survenue de thromboses (caillots sanguins pouvant boucher un vaisseau) est également possible. Elles sont dues à l’élévation de la température intérieure des vaisseaux. Cette pathologie est sans doute en relation directe avec le nombre d’amputation constaté après électrocution par haute tension. Ces lésions s’accompagnent quelquefois de problèmes hémorragiques à retardement.
  • Traitement
    Couper la source électrique avant de toucher l’individu.
    Envisager une réanimation cardio-respiratoire : même après un arrêt prolongé des fonctions vitales (battements cardiaques, respiration), il est nécessaire de tenter une réanimation car dans certains cas les séquelles neurologiques sont absentes ou minimes.
    Le patient est examiné dans sa totalité car il est susceptible d’avoir subi d’autres traumatismes que le choc électrique (fracture par exemple).
    Dès son arrivée au centre de réanimation hospitalier, le patient est mis sous perfusion permettant ainsi sa réhydratation. Cet apport hydrique, qui est généralement important, permet d’autre part un fonctionnement normal des reins. En effet, les besoins en eau et en électrolytes des personnes électrocutées sont suérieurs à ceux des victimes d’une brûlure thermique présentant une surface de brûlure équivalente.
    Ces patients sont également susceptibles de présenter une hémoglobinurie (présence d’hémoglobine dans les urines) ou une myoglobinurie (présence de myoglobine : protéine des muscles) dans les urines, ce qui nécessite un traitement par mannitol afin de préserver la fonction rénale.
    En ce qui concerne les courants de basse tension (dans les maisons), les lésions surviennent essentiellement au niveau de la bouche (pour les enfants) et entraînent une destruction locale des tissus et des vaisseaux. L’évolution se fait sur une période d’une semaine environ, pendant laquelle la cicatrisation est susceptible d’entraîner des rétractions tissulaires. Quelquefois, des greffes sont nécessaires après excision des tissus morts. Le patient est mis sous antibiotique, essentiellement pénicilline. Des crèmes à base de sulfadiazine argentique (Flammazine ®) sont d’une remarquable efficacité en cas de lésions superficielles
    . En cas de lésions profondes, il est nécessaire d’employer le sulfamylon crème pour brûlures contenant du mafenid (inhibiteur de l’anhydrase carbonique). Cependant, ce produit est susceptible d’entraîner une excrétion urinaire de bicarbonate à l’origine d’une acidose systémique (augmentation de l’acidité générale).
    Comme pour les autres types de brûlure, un apport nutritionnel adapté est capital, et doit être institué précocement.
    Une rééducation par kinésithérapie permet quelquefois d’éviter les cicatrices rétractiles.
    Un soutien psychologique est le plus souvent bénéfique, essentiellement quand le patient nécessite une amputation ou des interventions chirurgicales mutilantes.

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