Chirurgie (avancées thérapeutiques en 2005)

Définition 

La première greffe partielle du visage...

Généralités 

La première greffe partielle du visage constitue non seulement l'événement thérapeutique chirurgical de l'année 2005 mais également une révolution et le mot est faible dans le domaine de la chirurgie réparatrice et esthétique. Grâce à l'intervention de deux grands chirurgiens : le professeur Bernard Devauchelle  et le professeur Jean-Michel Dubernard de Lyon, l'exploit a pu être accompli.
L'histoire commence,  au cours du mois de mai 2005, par la morsure d'un chien sur sa maîtresse, entraînant l'arrachement d'une partie de son nez et de ses deux lèvres. En dehors de l'esthétique et du préjudice que cela a pu occasionner à la patiente, celle-ci présente des difficultés majeures pour mâcher ses aliments et, de façon générale, pour actionner ses mâchoires, rendant difficile voire impossible une alimentation et une élocution normales. Au milieu de l'été de 2005, la décision d'intervenir est prise après un contact entre les deux professeurs. L'intervention aura lieu à la fin du mois de novembre 2005.

D'une durée d'environ 15 heures, cet acte chirurgical majeur en matière d'allogreffe de tissus composites a comporté non seulement une dissection des nerfs et des muscles composant le visage mais aussi la mise en place d'un greffon prélevé à Lille puis transporté à Amiens et greffé. Le but de l'intervention chirurgicale, en dehors de l'obtention d'un résultat le plus esthétique possible, a été d'arriver à une parfaite étanchéité des cavités de la bouche et du nez. Les tissus cutanés ont été greffés à partir du menton jusqu'au nez. Malheureusement, le problème n'est pas résolu en totalité. Il reste maintenant à résoudre celui du défi immunologique. La tolérance de la greffe nécessite un traitement immunosuppresseur (pour diminuer l'action du système immunitaire de la patiente). Pour cela, l'exemple de la greffe de mains a été suivi en associant des thymo-globulines durant les neuf premiers jours et une variété particulière de corticoïdes : la prednisolone, à dose dégressive ainsi que du tacrolimus et du mycophénolate mofétil.

Le suivi (pour savoir si le greffon est accepté) nécessite régulièrement des prélèvements de peau, des explorations à l'aide d'ultrasons et une mesure de la chaleur cutanée de la patiente. L'expérience sera un succès total à condition que la patiente récupère une élocution et une fonction labiale (mouvement des lèvres) normales.

Aucun commentaire pour "Chirurgie (avancées thérapeutiques en 2005)"

Commentez l'article "Chirurgie (avancées thérapeutiques en 2005)"