Le pourquoi et le comment du jeûne

Parmi les différentes cures de détox, la pratique du jeûne est autant portée au pinacle qu’elle est décriée. Il est difficile de s’y retrouver, et on peut se poser légitimement la question : pouvons-nous faire un jeûne sans le moindre risque, et pour quels résultats ?

Je vous propose donc de faire le point : à quoi sert le jeûne ? Quel est son mode d’action ? Quels en sont les dangers ?

 

Une démarche naturelle et culturelle

Quelle est l’attitude des animaux lorsqu’ils sont malades ? Et bien… ils jeûnent, tout simplement ! Le jeûne fait partie d’une des cures de détox et d’autoguérison les plus naturelles qui soient.

Son utilisation remonte d’ailleurs loin dans l’histoire : Hippocrate en parlait déjà, et les Perses ou les Romains avaient largement recours au jeûne pour entretenir leur vitalité.

La plupart des religions ont intégré le jeûne dans leur pratique : ce n’est pas par hasard.

Aujourd’hui, le jeûne s’est largement démocratisé dans certains pays et fait même partie du système médical : ainsi, en Allemagne, des milliers de patients sont suivis chaque année dans des cliniques de jeûne thérapeutique, comme la fameuse clinique Buchinger (du nom du fondateur) au bord du lac Constance.

 

Quel est l’intérêt  du jeûne ?

La perte de poids

Lorsque l’on pense au jeûne, la première idée qui apparaît est celle de la perte de poids. Cela est exact (à condition d’utiliser le jeûne pour repenser son mode de vie, et adapter une certaine hygiène alimentaire une fois le jeûne terminé). Mais l’action du jeûne ne se limite pas là.

La désintoxication

A mon sens, l’intérêt premier du jeûne est la désintoxication de l’organisme. Effectivement, comme l’apport de nourriture est nul, ou fortement réduit dans le cadre d’un jeûne Buchinger (bouillons de légumes, eau coupée de jus de fruits, et tisanes légèrement miellées pour un apport calorique journalier de 250 Kcal), le corps va procéder à ce que l’on appelle une autolyse, c’est-à-dire sa propre digestion (le cannibale ! )

Notre organisme étant une machine des plus ingénieuses, cette autolyse va d’abord s’attaquer aux graisses, puis aux lipomes, kystes et tumeurs, tout en préservant les organes comme le cœur, le cerveau ou les poumons qui ne sont pas concernés par l’autolyse.

En digérant les graisses, le jeûne va permettre une libération des toxines liposubles (c’est-à-dire solubles dans les graisses uniquement) ; de plus, le jeûne permet la digestion de tout ce qui est en trop dans notre organisme (notamment les cellules défectueuses…) : d’où un effet détoxicant de premier ordre !

Rajeunissement cellulaire et stimulation des défenses naturelles

Comme le jeûne permet de se débarrasser des cellules « gênantes » en quelque sorte, on comprend qu’il permet également un nettoyage et un rajeunissement cellulaire d’une part, mais aussi une stimulation des défenses immunitaires d’autre part.

Un gain de vitalité dans l'immédiat, et une revitalisation à long terme

De plus, durant le temps du jeûne, l’organisme dispose d’une énergie qu’il utilise d’habitude pour un poste très gourmand en dépenses énergétiques : la digestion, évidemment !

 

Le jeûne oui, mais pas n’importe comment…

On le voit, le jeûne présente un intérêt certain pour l’accroissement de notre vitalité.

Toutefois, pour que ce jeûne soit réellement efficace, il convient de respecter certaines règles.

La préparation du jeûne

Pour commencer, il faut se préparer avant d’entamer un jeûne : non seulement psychologiquement, mais aussi en termes de condition de vie. Mieux vaut entreprendre un jeûne lorsque l’on est en vacances, en pouvant alterner repos et activités physiques.

Ces exercices sont importants de façon à faciliter le drainage des toxines, que ce soit par la respiration au grand air ou la transpiration.

Le jeûne est aussi l’occasion de penser sa vie autrement : c’est un mode de vie en soi. Ce qui est tout de même compliqué à réaliser lorsque l’on est pris dans le quotidien, avec le travail, les repas à préparer pour les autres (ne soyons pas masochistes, c’est assez difficile comme ça…), le stress inhérent à certaines situations…

Les protocoles alimentaires avant-après

Ensuite, un protocole alimentaire doit précéder le jeûne : on ne passe pas soudainement du tout au rien ! Pour une semaine de jeûne, on se prépare une semaine à l’avance, en retirant progressivement certaines catégories d’aliments.

De la même façon, lorsque le jeûne est terminé, la reprise alimentaire est progressive : dans l’ordre inverse de la préparation. Ces protocoles sont essentiels pour bien réussir son jeûne.

Après le jeûne

Pour que les choses soient vraiment bien faites, si l’on veut retirer un bénéfice complet du jeûne, celui-ci doit s’entretenir dans l’année : le plus simple est de procéder à un jeûne de 24h, soit de façon hebdomadaire, soit tous les quinze jours.

Certaines personnes préfèrent le jeûne quotidien : il s’agit alors d’un jeûne de 12h (par exemple de 20h à 8h le lendemain matin), et ce tout au long de l’année. A chacun sa façon de s’approprier le jeûne : c’est un vrai mode de vie.

 

Les contre indications du jeûne

Alors, on jeûne demain ?!!! Peut-être oui, peut-être non…

Pour commencer, le protocole de préparation du jeûne doit être réalisé !

Ensuite, il faut savoir que le jeûne ne s’adresse pas à tout le monde. Ainsi, les personnes présentant une maigreur trop importante, un manque de force vitale, des troubles du comportement alimentaire, et bien sûr les femmes enceintes ne peuvent et ne doivent pas entreprendre un jeûne.

Certaines pathologies ou troubles sont aussi une contre-indication absolue : hypotension artérielle, névroses anxieuses, dépression, cirrhose et tuberculose évolutives, diabète, insuffisance rénale, myopathie, maladies lourdes ainsi que médications chimiques lourdes.

Si l’on respecte tout ce qui a été annoncé, le jeûne est-il sans danger ?

 

Les dangers du jeûne

Le jeûne n’est pas sans danger, et c’est pour cela qu’il est décrié. Ces dangers sont de trois ordres.

Le premier risque est de ne pas avoir suffisamment bien estimé sa force vitale. Ainsi, le premier jour du jeûne, si l’on est frigorifié, il faut enchaîner sur une monodiète, et ne pas s’entêter dans un jeûne.

Le second est d’avoir un niveau d’intoxication trop fort : nausées, douleurs diverses et maux de tête indiquent qu’il faut passer par une monodiète également.

Le troisième risque enfin est de ne pas savoir s’arrêter, et de confondre de réels signaux d’alarme avec les symptômes inhérents au jeûne (perte de poids bien sûr, perte d’appétit à partir du troisième jour, sensation d’hypothermie, quelques douleurs et faiblesses, couleur plus foncée des urines, langue blanchâtre et chargée, haleine fétide, transpiration malodorante, variation de pouls). Les accidents surviennent lorsque certaines personnes s'acharnent dans le jeûne au lieu de respecter leur corps et savoir s'arrêter.

 

Les signaux d’alarme

Les signaux d’alarme sont les suivants : bouffées d’angoisse, hallucination, insomnies persistantes, troubles du rythme cardiaque, hypotension artérielle aigüe, incapacité à se tenir debout, crises d’acétone (qui est due à l’excès de brûlure des graisses, engendré par le jeûne lui-même, et qui se reconnaît entre autre par une haleine dont l’odeur rappelle la pomme pourrie) ou de tétanie, anurie (diminution du volume d’urine).

Il est essentiel d’arrêter le jeûne quand de tels symptômes surviennent : cela peut même être une question vitale.

 

Le jeûne accompagné

C’est pour ces différentes raisons qu’il vaut mieux être accompagné par un professionnel pour faire un jeûne : identifier les signaux d’alarme au quotidien n’est pas toujours aisé.

Certains centres proposent des formules complètes de jeûne et randonnée : pourquoi pas ? Il faut toutefois s’assurer que l’encadrement est compétent d’un point de vue médical, et que les protocoles d’entrée et de sortie de jeûne sont bien expliqués s’ils ne sont pas pris en compte dans le temps de la cure.

L’aspect psychologique est important aussi : être accompagné ou faire partie d’un groupe peut jouer un rôle stimulant tout au long du jeûne.

 

Quand arrêter le jeûne ?

En l’absence de signaux d’alarme, la durée du jeûne est généralement de 7 jours.

Certains souhaitent aller plus loin pour des raisons thérapeutiques, jusqu’au retour de la « vraie faim ». La faim que l’on ressent les deux ou trois premiers jours est surtout due à une irritation des muqueuses intestinales. La faim que l’on ressent plus tard est le signe que le corps a terminé son autolyse.

Pourquoi pas ? Il faut tout de même garder en tête que mieux vaut un jeûne court et bien mené, qu’un jeûne long et mal contrôlé.

 

Conclusion

Le jeûne peut être un très bel outil thérapeutique, extrêmement efficace, à condition que l’on ait bien pris en compte l’ensemble des conditions nécessaires à sa réalisation, et que l’on bénéficie d’un accompagnement sérieux.

Il faut être motivé pour le faire : avoir peur du jeûne est sans doute une des premières causes de son échec.

Le jeûne est aussi l’occasion de comprendre d’autres aspects de la vie : la « gastronomie de l’âme » remplacera alors les manques caloriques !

Post-scriptum

​Lorsque votre enfant n'a pas faim parce qu'il est malade, ne le forcez pas à manger : il écoute tout simplement son corps qui lui conseille de pratiquer un jeûne thérapeutique !  La digestion est rendue très compliquée en cas de fièvre, à cause de la mise hors jeu des enzymes digestives ; l'énergie qui lui serait inutilement consacrée sera alors récupérée... pour l'aider à guérir plus vite ! 

6 commentaires pour "Le pourquoi et le comment du jeûne"

Portrait de Amy Moza
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Article très intéressant !
Mais si vous nous expliquez à peu près comment faire avant et après le jeûne, vous ne dites pas ce qu'il faut faire pendant ... Que peut-on absorber ? Quand ? Pouvez-vous nous indiquer 1 ou 2 "programmes-types" ?
Merci !

Portrait de Caroline GAGNAIRE
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Bonjour :

je n'avais pas mis trop de détails pour ne pas favoriser la pratique du jeûne en solo... mais je vais vous répondre quand même !!!

En général, lorsque l'on pratique le jeûne pour la première fois, il est conseillé de faire le jeûne Buchinger (qui est donc un jeûne partiel) pendant les trois premiers jours : le matin, on peut prendre de l'eau avec 1/5 de jus de fruits frais. Dans la journée, des tisanes avec un soupçon de miel, et lors des repas des bouillons de légumes (sans les légumes ! )
L'intérêt est double : d'une part, d'un point de vue psychologique, on ne se retrouve pas qu'avec de l'eau, on a l'impression d'un "soutien calorique" (enfin, vu la quantité de calories ingérées...)
D'autre part, il y a tout de même un apport vitaminique, ce qui est intéressant pour parer à la fatigue qui peut surgir.

Ensuite, les jours suivants, on pratique le jeûne pur : on ne prend que de l'eau, ou des infusions sans miel du tout.

Les puristes terminent le dernier jour par un "jeûne sec", sans apport d'eau, pour une détoxication optimale. Personnellement, je ne conseille pas cette étape-là.

Lorsque l'on a plus l'habitude, on peut faire les 7 jours en jeûne pur (donc sans le moindre apport calorique).

Lorsque je le pratique, je fais ma propre version : les deux premiers jours, uniquement des tisanes légèrement miellées ; le jus de fruits et les bouillons m'ouvrent l'appétit !
Ce qui est important, c'est d'utiliser la version dans laquelle on se sent à l'aise.

Voilà !

Portrait de Caroline GAGNAIRE
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Oups ! Je n'ai pas parlé "quantité", ce qui est important quand même...

Il faut compter environ 2 litres de liquides (eau, infusions) pour bien drainer les toxines.
La pratique du sauna ou du hammam est aussi intéressante pour favoriser la détoxication via la peau. Le problème, c'est que la chaleur peut fatiguer beaucoup : certaines personnes ne pourront donc pas gérer les deux en même temps.

Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas.
Cordialement,

Portrait de Amy Moza
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Merci bcp pour votre réponse.
Encore une question : est-il possible de prendre des compléments vitaminés pour compenser le manque d'apport par la nourriture, avec une formule du type tisanes sans miel ni sucre + comprimés de Berocca par exemple ?
D'autre part, j'ai souvent entendu parler de jeûnes en ne mangeant que du riz blanc : est-ce efficace ?

Portrait de Caroline GAGNAIRE
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Bonsoir :

alors, en ce qui concerne les compléments alimentaires (je dis "alors" parce que c'est la deuxième fois que j'écris cette réponse : ma maîtrise hors norme de l'informatique fait que j'ai shooté mon message avant de vous l'envoyer. Nul n'est parfait !!!) :
- d'une part, en prenant des compléments, on s'éloigne de l'esprit du jeûne qui consiste à "épurer" l'organisme ainsi que nos prises alimentaires ;
- d'autre part, l'organisme travaille beaucoup moins durant le jeûne (normalement, si on le fait dans de bonnes conditions), et ne nécessite pas ces prises. De plus, les vitamines hydrosolubles comme la vitamine C ne sont pas gardées en stock : l'organisme n'utilise que ce dont il a besoin dans l'instant (en gros l'heure ou les deux heures qui suivent la prise, pas plus), et évacue le reste via le foie puis les reins. Cesd eux organes sont donc sollicités plus grandement, ce qui ne va pas dans le sens du jeûne (ce qui fait par extension penser que prendre des surdoses de vitamine C ne sert pas à grand chose... Ce sera un thème abordé dans un autre post !!!)

Donc personnellement, je ne propose jamais de complémentation en vitamines.

En ce qui concerne le riz blanc, il ne s'agit plus de jeûne, mais d'une monodiète, ce qui fera l'objet de mon projet article. Mais je vais prendre un peu d'avance pour vous !
Le plus souvent, ce sont des diètes de riz complet qui sont proposées, le riz blanc raffiné ne présentant aucun intérêt nutritif.
Toutefois, ces monodiètes présentent un double hic :
- quelle que soit sa forme, le riz est un sucre. Certes lent, mais un sucre tout de même. Ce qui veut dire qu'une diète de riz est profondément déséquilibrée, et provoque surtout un gros travail du pancréas, ce qui va à l'encontre d'une monodiète (ou d'un jeûne) qui a pour objectif de mettre le système digestif au repos.
- d'autre part, comme l'ensemble des céréales, le riz est riche en un acide aminé que l'on appelle le tryptophane, et qui permet de fabriquer la sérotonine, hormone dont nous avons aussi besoin pour synthétiser la mélatonine, notre précieuse "hormone du sommeil" : autant vous dire que cette monodiète n'est pas des plus revitalisantes !
Trois amies ayant eu la bonne idée de se lancer dans cette expérience (elles ne m'en voudront pas, elles sont trop sympa...), j'ai eu la chance de pouvoir constater le bien-fondé de cette logique imparable ! (un petit coucou à Chris, Eva et Camille en passant ! )

Donc vous l'aurez compris, je ne propose jamais de monodiète de riz !!!

PS : si ce message ne part pas, je ne le réécris pas !

Portrait de Luna Lunera
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Bonjour. Cela faisait un mois que je me préparais psychologiquement pour faire mon régime. Mon idée a commencé en remarquant que mon corps se plaignait en quelque sorte d'un trop plein.... Je sentais que je mangeais trop, trop rapidement, sans prendre le temps de remarquer que je mange, sans même prendre la peine de mastiquer correctement, presque en avalant. Donc, ce que je souhaite c'est de changer mon rapport aux aliments. Manger plus doucement, mastiquer correctement, profiter de l'instant présent quand je mange, moins réfléchir à tout et rien et profiter du moment, savourer! Facile en théorie, mais les mauvaises habitudes prennent le dessus. C'est pourquoi je pense que le jeûne ma m'aider à faire la page blanche et à recommencer ma façon de m'alimenter. Malgré tous les défauts dont je parle, ma cuisine est plutôt seine, pas trop grasse et assez équilibré. Mon surpoids n'est pas trop important. Je ne vais jamais voir le médecin car je suis rarement malade. J'ai décidé pour le premier jour de supprimer juste le sucre rapide, la viande en général et les produits laitiers. Le deuxième jour j'ai aussi supprimé les féculents, et j'ai mangé des légumes crus et cuits et des fruits. Puis, je suis passé à mon premier jour de véritable jeûne. J'ai bu un litre et demie de l'eau pure, une tisane au miel, une tisane sans rien, de l'eau parfumé avec un citron bio coupé en morceaux qu j'ai fait tremper dedans, et un cinquième de jus de légumes avec 4 cinquièmes d'eau. La journée s'est passé sans contraintes. Mon mari, qui soutient ma démarche, s'est occupé de faire à manger. Hélas, aujourd'hui, pour mon deuxième jour, je sortirai de la maison à ce moment là car les odeurs m'ont beaucoup dérangé. Moi, qui avais passé une journée plutôt sereine, je me suis retrouver à me demander pourquoi je faisais ce jeûne à la con, si je n'étais pas en train de me tromper, si cela me ferais vraiment du bien. La nuit j'ai eu du mal à m'endormir. J'ai ressenti une sensation des nausées, gérable pour autant, mal à la tête, de façon supportable, et j'avais l'impression de sentir mon cœur battre avec plus de facilité qu'avant, c'est à dire, sans même toucher ma poitrine. Les inquiétudes ont re-surgies: Quels sont les véritables signaux d'alarme de mon corps à tenir en compte? je m'aime et j'aime mon corps, Je ne souhaite en aucun cas me faire du mal. Je me sens agréablement sereine la plus grand partie du temps, mais, quand j'ai ce type de signes de mon corps; quelle est la limite entre ce qui est normal et ce qui indique que je devrais arrêter de jeûner? Sinon, je pense continuer les tisanes avec du miel, l'eau et le jus de légumes coupé à l'eau, pendant trois jours, et puis, enchaîner avec le jeûne à l'eau pure pendant trois ou quatre jours de plus. Merci de vos remarques et de votre conseil.

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