Myiase cutanée
- Anglais : myiasis dermatosa
Définition
Voir également : larve, diptère, larva currens et larva migrons, furoncle.
Terme issu du grec muia : mouche.
Le dessin myiase figure dans l'encyclopédie médicale Vulgaris sur CD-ROM.
Dermatose parasitaire (maladie de peau due à un parasite) déterminée par le cheminement dans la peau ou sous la peau de larves de divers diptères (insectes de la famille de la mouche) que sont les asticots. Autrement dit cette maladie est provoquée par la ponte, sous la peau, d'œufs de mouches (généralement il s'agit d'insectes non piqueurs) qui se multiplient préférentiellement sous un climat chaud (régions tropicales le plus souvent). La lésion apparaît sous forme d'abcès et de furoncles de coloration rouge qui deviennent douloureux et à l'intérieur desquels des œufs de mouche se métamorphosent en asticots.
On distingue:
La myiase furonculoïde, de la myiase sous-cutanée, de la myiase rampante cutanée : dermatite vermineuse rampante, larva migrans cutanée, creeping disease, larva reptans, dermatitis linearis migrans.
Les diptères (mouche) en cause sont notamment :
Dermatobia hominis (en Amérique du Sud)
Auchmeromyia luteola (en Afrique) à l'origine de la myiase superficielle de la peau
Cordylodia althropophaga, Cordylodia rodhaini et ruandae (en Afrique)
La localisation des myiases est variée. On décrit la myiase du nez (otomyiase), des intestins, du nez (nasomyiase) et des yeux (oculomyiase) entre autres.
Contamination
Les mouches viennent déposer leurs œufs sur la peau d'un humain ou dans les orifices naturels de celui-ci c'est-à-dire le nez, la bouche ou encore les oreilles ainsi que sur les plaies ou elles trouvent de la nourriture et un endroit pour pondre.
Les oeufs peuvent également éclorent dans les plaies et sur le linge humide qui sèche à l'extérieur. Les oeufs séjournent et s'accumulent sous forme de furoncles à peu près une semaine et finissent par éclore, libérant des larves ou asticots qui pénètrent dans la peau ou dans d'autres zones de l'organisme. L' exemple le plus typique est celui du ver de Cayor. Quelquefois la maturation est plus longue et dure plusieurs semaines c'est le cas également pour le ver macaque.
Dans un troisième temps les parasites émergent de la peau.
En ce qui concerne l'animal, une variété de grosse mouche : l'hypoderme pond ses œufs sur les poils des bovidés (famille de bœuf) et les ovidés (famille du mouton). Ensuite l'animal se lèche et avale les œufs qui libèrent les larves : les varrons. De cette façon l'homme et plus fréquemment l'enfant se contamine au contact de l'animal parasité.
Symptômes
Ils sont variables selon le type de myiase. De façon générale on constate une hyperthermie (fièvre) associée à une hypodermose (atteinte de la peau), des douleurs et des allergies.
La myiase rampante cutanée se caractérise par la présence d'une traînée de coloration rouge-rose claire de forme sinueuse s'associant à un prurit (démangeaison).
La myiase sous-cutanée se caractérise par la présence de tumeur variable dans sa localisation. Elle s'associe parfois à la présence de furoncles. C'est la raison pour laquelle elle se nomme également myiase furonculoïde.
La myiase du nez, des yeux, de l'oreille entraîne des douleurs parfois intolérables.
La myiase de l'appareil génital entraîne des infections urinaires. Dans ce cas la mouche pond les parasites au niveau du méat urinaire (surtout chez la femme). Le méat urinaire correspondant à l'orifice par lequel s'évacuent les urines provenant de la vessie, vers l'extérieur. Après la ponte sur le méat urinaire, les larves remontent les voies urinaires et sont éliminées par les urines. Les symptômes sont les mêmes que ceux d'une classique infection urinaire : brûlure urinaire, fièvre plus ou moins importante, douleurs, émission fréquente d'urine peu abondante (pollakiurie) entre autres.
Évolution
Sans traitement, la myiase est susceptible d'être à l'origine de perforations de la cloison nasale ou encore du voile du palais. Généralement cette parasitose entraîne une infection supplémentaire à la myiase elle-même.
Les larves sont également susceptibles de s'égarer dans le système nerveux central ou dans n'importe quelle partie de l'organisme, à l'origine de symptômes en relation avec la localisation anatomique.
Le labo
L' hémoagglutination par la méthode ELISA permet de mettre en évidence le diagnostic. Généralement on constate une hyperéosinophilie (augmentation du nombre d'une variété de globules blancs : les éosinophiles) dans le sang.
Prévention
Le fait d'éloigner les mouches de la nourriture, de protéger les blessures et de soigner rapidement, du moins celles qui sont exposées à l'air libre, les plaies, ceci associé au repassage des vêtements, semblent diminuer le risque de parasitose par la myiase cutanée.
Le traitement utilise un antibiotique : le céfotaxime sous forme de comprimés (per os). Ce médicament doit être pris uniquement sur ordonnance médicale car il présente de nombreux effets secondaires et des risques sur la santé, inhérents à l'utilisation de la molécule.
Dans les formes cutanées, l'utilisation de corps gras permet d'asphyxier la larve. Une fois morte, celle-ci est extraite en prenant soin d'éviter une surinfection facilitée par sa mort. L'excision (ouverture) de la lésion, qu'il faut complètement vider et nettoyer, est quelquefois nécessaire. En ce qui concerne la myiase intestinale l'utilisation de laxatifs permet quelquefois de traiter cette affection.