Inhibiteur calcique
Définition
Voir également myocarde.
Synonymes : antagoniste calcique, anti-calcique
Médicament possédant la propriété de bloquer la pénétration du calcium à l'intérieur de la cellule musculaire (myocyte) au niveau du myocarde (muscle du coeur). Ce type de molécules agit également sur les muscles lisses des artérioles (minuscules artères), le muscle ayant pour but de diminuer le calibre de celles-ci.
Mécanisme
La pénétration du calcium se fait à travers la membrane de la cellule (pour les spécialistes : canaux lents). Il provoque une vasodilatation (augmentation du calibre des artères) et une diminution des résistances artérielles périphériques (favorisant ainsi le passage du sang).
Il inhibe la force de contraction du myocarde et consécutivement la diminution de la consommation d'oxygène. Enfin, l'excitabilité (transmission de l'influx nerveux à l'intérieur du coeur) est ralentie, ce qui a pour conséquence une baisse de la vitesse de conduction de l'influx nerveux entre les oreillettes et les ventricules (passage des ordres à l'origine de la contraction des ventricules).
La majorité des inhibiteurs calciques sont métabolisés (transformés) par le foie, ce qui explique que leur action ne dépasse pas 50 % de leur capacité.
Les inhibiteurs calciques appartiennent à un groupe hétérogène. En effet, leur action est variable en intensité selon les inhibiteurs choisis.
Indications
Les inhibiteurs calciques sont indiqués pour le traitement de fond de l'angine de poitrine (angor) essentiellement lorsqu'une autre classe de médicaments est contre-indiquée (les bêtabloquants par exemple) qui sont bradycardisant (ils diminuent le rythme cardiaque), sont susceptibles d'entraîner de l'asthme ou une occlusion des artères périphériques.
Ils sont également utilisés pour combattre l'hypertension artérielle : les plus utiles dans ce but sont les dihydropyridines.
Ils préviennent une variété de tachycardie (accélération du rythme cardiaque) appelée supraventriculaire. Les plus utilisées dans ce contexte sont le vérapamil et le diltiazem.
Ils corrigent également le syndrome de Raynaud (pathologie se caractérisant par une diminution du calibre des vaisseaux périphériques).
Ils sont utiles dans certaines pathologies de la sphère gastro-intestinale et plus spécifiquement en cas d'achalasie du sphincter (muscles circulaires permettant la fermeture d'un organe) inférieur de l'oesophage et dans les spasmes diffus de l'oesophage.
Précautions
L'administration des inhibiteurs calciques doit être prudente chez les individus souffrant d'insuffisance cardiaque quand ceux-ci ont un traitement avec de la digitaline. C'est le cas entre autres du Vérapamil qui est susceptible d'augmenter les concentrations dans le sang de la Digoxine (digitaline).
La posologie (quantité administrée) doit être réduite quand il existe un blocage de la transmission de l'influx nerveux entre les oreillettes et les ventricules (pour les spécialistes, il s'agit d'un bloc auriculo-ventriculaire de premier degré).
Il est également nécessaire de réduire la posologie en présence d'une bradycardie (diminution du rythme cardiaque), d'une hypotension (diminution de la tension artérielle), d'une fibrillation (contractions très rapides et inefficaces des ventricules) ou d'un flutter auriculaire. Révisé le 07/11/2002