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Cystite interstitielle

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Définition

Maladie chronique sévère atteignant la vessie et dont l'apparition se fait essentiellement chez les femmes. La cystite interstitielle est rare chez les noires. Cette pathologie n'est pas comparable aux infections urinaires habituelles. En effet les symptômes ne disparaissent pas après un traitement par antibiotiques. Origine
Les différentes hypothèses, expliquant les étiologies (origines), font intervenir une réaction auto-immune (la patiente fabrique des anticorps contre ses propres tissus). On a également incriminé une lésion de la paroi de la vessie par une bactérie que l'on n'a pas réussi à identifier.

Mécanisme
La paroi de la vessie présente des petites ulcérations (plaies) qui l'infiltrent. Ces pertes de substance siègent au niveau de la muqueuse (couche de cellules tapissant et protégeant l'intérieur de la vessie) et entraînent la survenue de contraction des muscles lisses (muscles qui ne sont pas sous le contrôle de la volonté donc automatiques) ainsi qu'une diminution de la capacité que présente la patiente à uriner.

Symptômes
Douleurs sus-pubiennes (en bas de la vessie) à une largeur de main en dessous du nombril.

Hématurie (présence de sang dans les urines)

Nycturie correspondant à l'excrétion urinaire ayant lieu préférentiellement la nuit. Normalement, la quantité d'urine diminue pendant la nuit (de 2 à 4 fois par rapport au jour). La nycturie se caractérise par une émission d'urine plus abondante la nuit que le jour. Elle force le malade à se lever une ou plusieurs fois pendant la nuit pour uriner.

Une pollakiurie : fréquence excessive des mictions (expulsion de l'urine contenue dans la vessie). Ces mictions ont lieu à intervalles fréquents et sont liées à une sensation de plénitude vésicale (impression de vessie pleine) qui n'est pas due à une vessie pleine mais à une vessie présentant une irritation. Cette sensation s'accompagne d'une impression de plénitude même quand la vessie n'est pas pleine. Cette pollakiurie s'accompagne de douleurs.

Diagnostic
Un cancer qui a lieu dans la vessie est quelquefois pris pour une cystite interstitielle. Les critères qui permettent de poser avec certitude le diagnostic de cystite interstitielle reposent sur l'exclusion d'une infection urinaire, d'une vessie soumis à un traitement de pas rayons, de la présence de diverticules dans l'urètre (canal transportant l'urine de la vessie vers l'extérieur), d'un herpès génital, d'un cancer de la vessie. Il faut également éliminer une endométriose et des troubles intestinaux.

Les examens complémentaires et en particulier la cystoscopie (grâce à l'utilisation d'un appareil muni de un système optique permettant de visualiser directement l'intérieur de la vessie) révèle quelquefois des trabéculations qui sont des malformations des vaisseaux situés en dessous de la muqueuse (couche de cellules en contact avec l'urine). Cette cystoscopie s'effectue sous anesthésie et montre rarement un ulcère de Hunner. Ulcères de Hunner survient quelquefois au cours de la cystite chronique interstitielle, ces ulcérations étant essentiellement situés au sommet de la vessie. D'autre part, cet examen permet d'apprécier la capacité de la vessie apportant une aide appréciée pour le traitement. Enfin, au cours de la cystoscopie, il est possible d'effectuer une biopsie (prélèvement) de la paroi de celle-ci quand cela est nécessaire.

Parmi les examens complémentaires et il est important d'éliminer une atteinte vésicale d'origine neurologique ou encore un obstacle situé dans le canal excréteur, enfin des troubles de la sensibilité ou de la motricité vésicale due à un mauvais fonctionnement de l'organisme dans son ensemble (dysmétabolisme).

Évolution
Des rémissions spontanées ont été observées.
Environ 10 % des patients ont des symptômes qui ont régressé.

Traitement
Certains médicaments comme le diméthyle sulfoxyde (DMSO), la méthylprednisolone, le sulfate d'héparine apportent un soulagement. Ces mesures ne modifient pas l'évolution à long terme.

Des anticholinergiques (médicaments ayant une action contre l'acétylcholine qui est un neuromédiateur) ou les antidépresseurs de la famille des tricycliques apportent rarement un soulagement.

Le traitement chirurgical (indiqué dans moins de 5 % des cas) comprend la réfection de la vessie, permettant son " agrandissement ".
La cystectomie (ablation de la vessie) accompagnée d'une dérivation des urines est nécessaire chez quelques patientes mais ce n'est pas un gage de succès. En effet certaines patientes continuent de souffrir malgré ces interventions.

Biblio
Harrison. Anomalie de la miction, incontinence urinaire et douleur vésicale, cystite interstitielle, médecine interne, tome 1, page 306, quatorzième édition (1998).


Mise à jour décembre 2001

La cystite interstitielle apparaît vers l'âge de 40 ans.
Il semblerait s'agir d'un trouble de la perméabilité de la muqueuse (couche de cellules recouvrant l'intérieur d'un organe creux) de la vessie permettant ainsi à certaines substances toxiques et tout particulièrement en potassium d'être à l'origine une inflammation de la couche des cellules situées en dessous de la muqueuse (la sous muqueuse) et sans doute également de la musculeuse (cellules musculaires plus en périphérie de la vessie) donc au niveau de la paroi vésicale elle-même.

En dehors des symptômes cités ci-dessus, il faut signaler également des douleurs de la vessie qui surviennent quand la patiente remplie celle-ci et qui sont immédiatement soulagées par son évacuation c'est-à-dire la miction.

Les critères pour poser le diagnostic sont les suivants :

· Évolution de la cystite interstitielle depuis plus de neuf mois
· Présence 2 mictions nocturnes
· Présence de plus de 8 mictions par jour
· Absence d'amélioration après traitement par antibiotiques
· Absence d'amélioration après traitement par anticholinergiques et antispasmodiques
· Il est nécessaire d'éliminer une tumeur ou une infection ou encore une lithiase (calculs)
· Présence d'un terrain psychologique particulier

En dehors des conseils apportés ci-dessus, il est nécessaire de supprimer les aliments qui contiennent du potassium, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes.

Biblio
Consulter de la revue FMC hebdo nº 133 du 4 décembre 2001. Docteur Denis Champetier hôpital de l'Antiquaille, Lyon.


Avertissement

Vulgaris décline toute responsabilité quant à une utilisation de cette encyclopédie autre que purement informative.