Résilience

Terme de physique qui définit, en mécanique, le degré de résistance d'un matériau soumis à un impact. Dans le dictionnaire anglo-saxon le sens est élargi à la robustesse corporelle et à la résistance du caractère.

Dans ce terme on retrouve à la fois résistance et silence, à la manière d'un individu capable de résister admirablement en silence. Hors, le concept de résilience (qui est nouveau) s'approche de cette notion de vulnérabilité.
Le mot résilience, inscrit dans le domaine de la pédiatrie sociale, doit son introduction en 1995 au Pr. Manciaux et au Pr. Kreisler. Le premier est professeur de pédiatrie sociale, le deuxième pédiatre et psychiatre.
Pour comprendre cette notion, imaginons un groupe d'enfants dans la rue, livrés eux-mêmes. Certains d'entre eux vont parfaitement s'en sortir utilisant tous les moyens possibles et imaginables. En effet, confrontés à toutes sortes de situations dangereuses, certains enfants, parfois même très jeunes, sont capables d'élaborer des stratégies de survie pour combattre la mort parfois toute proche.
En somme, la résidence c'est se débrouiller, se tirer d'embarras confronté à n'importe quelle situation problématique ou conflictuelle.
Alors, qu'est-ce qui fait qu'un enfant en situation difficile est capable de résister sans trop souffrir, alors qu'un autre devant la même situation fera preuve d'inefficacité et de plus, ressentira des effets pervers beaucoup plus violents? En fait on ne le sait pas.

Ce concept est encore aujourd'hui à l'étude et les acquis les plus récents de la psychiatrie, dans le domaine périnatal en particulier, montrent que le bébé résilie à peine sorti du ventre de sa mère et montre une certaine capacité à se défendre contre vents et marées et contre toutes espèces d'agressivité extérieures susceptibles de le faire rompre sous la puissance des forces néfastes qui s'acharnent sur lui.
Il existe donc bien deux types d'individus, les uns semble-t-il, plus malléables, mais aussi plus vulnérables que les autres. Une fois encore on peut se poser la question : d'où provient ce comportement autoprotecteur évolué ? Il n'y a pas de réponse pour l'instant.

Anna Freud, en son temps, avait remarqué le comportement de certains enfants vis-à-vis des risques domestiques. Pour elle, très précocement, dans les relations qui existent entre la mer et le bébé, on retrouve dès les origines la " fonction autopréservatrice ". C'est du reste le terme qu'elle employait.
Pour le professeur Kreisler, en clinique psychosomatique, la qualité des résistances corporelles d'un sujet dépend largement de sa condition mentale. Ainsi, un enfant ayant la chance d'appartenir à un milieu familial susceptible de lui procurer une constitution psychoaffective élaborée, équilibrée mais aussi stable, sera à même de faire face à n'importe quel trouble psychosomatique.
Résilience et psychosomatique n'ont pas fini de faire parler d'eux dans la médecine de ce prochain millénaire…

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