Sérothérapie

Latin : sérum : petit lait thérapéia thérapeutique.
Grec : thérapéia, thérapeutique.

Définition 

Appelée également immunisation artificielle passive, la sérothérapie est l'utilisation thérapeutique du sérum sanguin (partie liquidienne du sang) se caractérisant par l'administration et par l'injection sous-cutanée, intramusculaire ou intrarachidienne (l'intérieur du liquide entourant la moelle épinière) d'un sérum immunisant. Celui-ci est soit d'origine animale, provenant d'un animal qui à été vacciné contre une maladie infectieuse, soit d'origine humaine. La sérothérapie permet de neutraliser un antigène microbien, une bactérie, une toxine, à virus ou encore un venin.

Autrement dit le sérum immunisant est un sérum sanguin (partie liquide du sang) contenant un anticorps (variété d'immunoglobuline) ayant la capacité de réagir contre un corps étranger à l'organisme (antigène donné). L'exemple d'antigène plus souvent utilisé pour illustrer cette définition est celui d'un microbe en général ou d'une toxine ou encore d'un antigène érythrocytaire (des globules rouges) ou leucocytaire (des globules blancs).

Généralités 

Quand un agent infectieux (bactérie, virus, champignon etc.) pénètre dans l'organisme, celui-ci ne doit se défendre en faisant intervenir son immunité. L'immunité est donc la capacité d'un individu de résister à une infection et de neutraliser ensuite les microorganismes ou les parasites qui l'ont attaqué.

Il est nécessaire de distinguer une maladie infectieuse qui correspond à une infection dont la manifestation est l'apparition de symptômes, d'une infection proprement dite qui se traduit par la présence de germes (entraînant l'apparition d'une maladie) à l'intérieur de l'organisme, d'une infection inapparente qui se caractérise par la présence de germes pathogènes à l'intérieur de l'organisme ne s'accompagnant pas de symptômes. Quand l'infection est contagieuse il est nécessaire de parler de porteurs de germes saints.

D'autre part, considérons un individu particulièrement susceptible et ayant des défenses normales mais affaiblies. Dans ce cas un germe pathogène c'est-à-dire normalement n'entraînant pas chez un individu « normal » une infection, est susceptible de faire apparaître chez un patient affaibli une maladie particulièrement grave l'on appelle une infection opportuniste.

Quels sont les éléments mis en branle pour défendre l'organisme infecté ? Avant de se défendre très spécifiquement contre un élément étranger susceptible d'être dangereux et d'entraîner l'apparition d'une infection, l'organisme fabrique des substances que l'on appelle des cytokines. Ce sont les macrophages et les lymphocytes activés (variété de globules blancs) qui constituent la première barrière ou si on préfère la première réponse non spécifique d'un individu infecté. Plus précisément le nombre total des neutrophiles circulant (autre variété de globules blancs) augmente d'abord et, à leur tour, d'autres neutrophiles, ceux-ci situés à l'intérieur de la moelle osseuse, vont subir une maturation c'est-à-dire vont devenir murs ou si l'on préfère, prêts à défendre l'organisme. Cette accélération de la maturation est le fruit de l'action des cytokines.

L'augmentation de l'irrigation sanguine et la perméabilité capillaire c'est-à-dire en quelque sorte «l'autorisation de passage» des globules blancs à travers la paroi des vaisseaux va permettre aux neutrophiles et aux macrophages de quitter certains vaisseaux et d'aller attaquer les germes dangereux pour l'organisme.

Après cette réponse ne spécifique, survient la réponse spécifique de l'hôte. Celle-ci se caractérise par la synthèse de d'anticorps qui paradoxalement se fera grâce à la pénétration de l'agent infectieux cause de l'infection. Autrement dit pour qu'un organisme se défende il est nécessaire qu'il soit attaqué par une bactérie, un virus ou de façon générale une substance pathogène. Les molécules qui vont constituer les micro-organismes pathogènes dont nous venons de parler sont différentes de celles de l'individu qui est infecté : on l'appelle l'hôte. Certaines de ces molécules que l'on appelle des antigènes permettent la formation des anticorps. En effet, elles stimulent cette formation chez l'individu infecté.

Les anticorps ainsi synthétisés sont des protéines qui sont produites par les lymphocytes. Ces protéines appelées également immunoglobulines sont présentes dans la fraction gammaglobulines du sang. Quand un lymphocyte est stimulé par un antigène la réponse qui suit est la fabrication, la synthèse d'un anticorps. À ce moment-là se met en branle une lignée d'autre lymphocyte possédant alors la capacité de produire le même type d'anticorps. Une réaction en chaîne est instituée qui continue à fabriquer des anticorps mêmes si l'antigène responsable n'est plus présent. Il s'agit entre autres, des lymphocytes B. Cette immunité est appelée immunité à médiation humorale, elle permet la fabrication des anticorps circulants.

Historique 

À la fin du XIXe siècle on s'est aperçu qu'en injectant à un cheval la toxine de la diphtérie, celui-ci fabriquait des anticorps dans son sang à partir duquel on pouvait préparer un sérum.
On pouvait également injecter au cheval les germes de la maladie du tétanos, du botulisme et de la gangrène.

Le sérum ainsi obtenu était hétérologue car provenant d'une autre espèce, il était malheureusement le plus souvent à l'origine de manifestations allergiques parfois graves comme un choc anaphylactique appelé également maladie sérique.

Progressivement ce type sérum a été remplacé par des immunoglobulines appelées gammaglobulines purifiées qui étaient issues de sang humain et utilisées essentiellement contre les hépatites virales et contre les maladies contagieuses de l'enfant comme les oreillons, la varicelle, la rubéole.

Classification 

L'immunité au cours des maladies infectieuses et parasitaires d'ailleurs comporte l'immunité à médiation humorale c'est-à-dire faisant intervenir des anticorps circulant. Parmi ceux-ci il faut distinguer :

1) L'immunité naturelle active qui apparaît après la naissance et qui fait suite à un contact avec un agent considéré comme pathogène (susceptible d'entraîner la survenue d'une maladie) et qui provoque soit une pathologie typique soit une pathologie atypique ou encore soit une infection latente. L'immunité naturelle active qui fait suite à la guérison d'une maladie infectieuse est soit de courte durée, c'est le cas entre autres du rhume ou de la grippe, soit permanente c'est le cas par exemple de la rougeole.

2) L'immunisation artificielle passive c'est-à-dire la sérothérapie, dont il faut distinguer :

  • Le sérum hétérologue c'est-à-dire d'origine animale est un sérum qui a été préparé à partir de sérum d'animaux tels que le mouton ou le cheval. Ces animaux ont été préalablement immunisés par un antigène donné. Le prix de revient des sérums hétérologues n'est pas très élevé mais leur utilisation entraîne quelquefois l'apparition d'une réaction allergique immédiate telle qu'un choc anaphylactique ou de réaction allergique retardée comme la maladie sérique. Pour éviter la survenue de ses réactions des sérums hétérologues sont injectés selon la méthode de Besredka . La méthode de Besredka consiste à injecter de quart d'heure en quarts d'heure 1/10 10 millilitre puis un quart de millilitre puis le reste de la dose.
  • Le sérum homologue c'est-à-dire d'origine humaine est constitué d'immunoglobulines (anticorps) ou de gammaglobulines qui ont été préparées à partir du plasma (partie liquidienne du sang) d'individus donneurs eux-mêmes et immunisés par un antigène. Bien entendu ces substances possèdent l'avantage d'être mieux tolérées par le receveur que les sérums d'origine animale c'est-à-dire les sérums hétérologues. D'autres par leur durée d'actions est de trois à six semaines. Il est nécessaire de distinguer deux types d'immunoglobuline. Tout d'abord les immunoglobulines standard ou polyvalentes qui sont des préparations contenant l'ensemble des anticorps du sujet adulte. D'autre part les immunoglobulines spécifiques sont obtenues à partir de sujets qui ont été très immunisés (hyperimmunisé) par des vaccinations que l'on a répété. Il peut s'agir également d'individus sélectionnés car contenant une grande quantité d'anticorps dans leur sang, anticorps dirigés contre la coqueluche, l'hépatite B, les oreillons, la diphtérie, la rougeole, la rage, la rubéole, la varicelle, tétanos et le zona. Ce type d'immunoglobuline spécifique est utilisé quand on désire effectuer une greffe de rein. Les immunoglobulines spécifiques sont également utilisées chez les individus receveurs séronégatifs recevant un organe donneur qui lui est séropositif. Il s'agit d'immunoglobulines spécifiques contre le cytomégalovirus. Il est nécessaire de tenir compte dans ce cas des contre-indications : les déficits sélectifs en immunoglobulines ou l'administration d'immunoglobulines susceptibles d'aboutir à une immunisation antiimmunoglobulines A. Un déficit sélectif en immunoglobulines A constitue également une contre-indication à l'utilisation de ce type d'immunoglobuline.

3) Immunité naturelle passive est une immunité qui provient, chez le foetus ou chez le nouveau-né, du transfert des anticorps de la mère par voie passive à travers le placenta. Il s'agit d'une immunité qui persiste chez l'enfant jusqu'à cinq à neuf mois. Ensuite elle disparait doucement. Durant cette période tout contact avec un agent susceptible de provoquer maladie l'entraîner une infection latente qui va renforcer l'immunité naturelle qui est passive par une immunité active.

4) L'immunisation artificielle active. Appelée également vaccination ce type d'immunisation apparaît 2 à 10 jours après l'injection d'un vaccin qui le plus souvent est constitué de bactéries en suspension ou de virus qui sont soit entiers soit fractionnés et qui ont été rendus non pathogènes c'est-à-dire ne pouvant pas entraîner de maladie. L'anatoxine est une toxine ayant perdu ses propriétés toxiques et qui a gardé des propriétés qui ne lui permettent d'immuniser un individu. Son injection entraîne l'apparition d'anticorps qui sont spécifiques. L'immunité va croître dans les semaines qui suivent la vaccination puis ensuite va diminuer progressivement. Chez les individus qui ont été déjà vaccinés une injection d'un appel va permettre de stimuler la formation accélérée d'anticorps. Ceux-ci vont persister beaucoup plus longtemps après la première introduction dans l'organisme (inoculation) des bactéries ayant perdu leur pathogénicité (pouvoir de rendre malade) ou de virus entiers ou fractionnés.

Aucun commentaire pour "Sérothérapie"

Commentez l'article "Sérothérapie"