Névralgie

Grec : neuron : nerf, et algos : douleur.

Définition 

Une névralgie est une douleur spontanée ou provoquée (par une lésion ou une irritation), localisée sur le trajet d'un nerf, au niveau de ses racines (qui le rattachent au système nerveux central) ou dans la zone qu’il innerve. Cette douleur présente un paroxysme (épisode pendant lequel les symptômes se manifestent avec le plus d’intensité). Elle évolue le plus souvent par crises, avec parfois la persistance d’un fonds douloureux entre 2 crises.

Classification 

Les caractéristiques de la douleur de névralgie faciale sont les suivantes : localisation imprécise du territoire douloureux, douleur diffuse, continue, ressemblant à une brûlure. Le névralgisme facial s'accompagne de troubles vasomoteurs (perturbation de la fermeture et de l'ouverture des vaisseaux, le plus souvent des deux côtés = bilatéral). Contrairement à d'autres névralgies du visage, cette variété de névralgie ne s'accompagne pas de trémulations (tremblements) spasmodiques des muscles de la face.

Névralgie du ganglion géniculé (en anglais geniculate neuralgia). Cette névralgie, qui porte également le nom de névralgie de Ramsay Hunt ou tic douloureux de la face, se caractérise par une douleur continue de l'oreille associée à une hypoesthésie (diminution des sensations) du conduis auditif externe et du pavillon de l'oreille. Le plus souvent, la névralgie du ganglion géniculé fait suite à une infection par le zona qui a atteint le ganglion géniculé (ganglion situé sur le nerf VII bis = nerf facial). La névralgie du ganglion géniculé s'accompagne de vésicules situées au niveau de la conque de l'auriculaire, c'est-à-dire de la partie centrale du pavillon de l'oreille qui correspond à une petite dépression dont le fond se continue par l'orifice du conduit auditif externe (méat acoustique externe). Il existerait une relation étroite avec le névralgisme facial (voir ci-dessus)

Névralgie du ganglion sphénopalatin ou syndrome de Sluder (en anglais Sluder's syndrome). C'est une variété de névralgie faciale (voir ci-dessus) venant compliquer quelquefois une inflammation des cavités de l'os sphénoïde (sinusite). Le sphénoïde est un os situé à la base du crâne et servant de plancher au cerveau, juste en arrière de deux orbites, à la partie moyenne. Ce syndrome se caractérise par des douleurs de la racine du nez, des dents, de l'œil, du maxillaire supérieur (mâchoire supérieure). Ces douleurs ont la caractéristique d'irradier vers le cou et s'accompagnent d'une congestion (accumulation de sang dans les vaisseaux, les tissus ou une partie d'un organe) entraînant un défaut d'élimination des toxines dans les cavités sinusiennes et au niveau des muqueuses nasales (couche de cellules recouvrant l'intérieur des cloisons nasales). D'autre part, ce syndrome s'accompagne d'une hydrorrhée (écoulement de liquide) et plus précisément d'une rhinorrhée (écoulement de liquide par le nez). Dans quelques cas, on assiste à une mydriase unilatérale (ouverture du diamètre des pupilles d'un seul côté). Son traitement nécessite l'anesthésie du ganglion sphénopalatin qui est situé à proximité du sphénoïde (voir ci-dessus) et du palais dur. Le palais est la partie de la bouche constituée par la paroi supérieure de la cavité buccale.

Névralgie du glosso-pharyngien (glosso pharyngeal neuralgia). Il s'agit d'une névralgie qui siège dans la région de l'angle de la mâchoire et qui s'étend jusqu'à la base de la langue. Les manifestations douloureuses irradient vers l'oreille, l'amygdale, le pharynx et l'oreille moyenne. Ces douleurs, comparables à celles de la névralgie du trijumeau, sont très intenses, déchirantes, et siègent d'un seul côté. Leur évolution se fait par crises paroxystiques et sont déclenchées par la déglutition (avaler), un mouvement, l'émission d'un son, un éternuement. Dans quelques cas, le contact d'un objet sur l'amygdale déclenche également les crises douloureuses. La douleur, dont la durée va de quelques secondes à quelques minutes, débute habituellement dans la région des amygdales ou à la base de la langue et irradie quelquefois vers l'oreille du même côté. Quelquefois, la névralgie du glosso-pharyngien est le résultat d'une tumeur de la zone du système nerveux central située en avant du cervelet (angle ponto-cérébelleux), d'une tumeur du cavum (partie du pharynx située en arrière du nez : le rhinopharynx) ou du glomus. Le glomus est un enchevêtrement de minuscules artérioles dans une artère du cou. Il peut s'agir également d'une tumeur de l'amygdale ou de la langue. Habituellement, ce sont les hommes après 40 ans qui sont concernés par cette pathologie. Néanmoins, dans certains cas, les femmes sont également concernées.
L'évolution de cette maladie s'accompagne, chez quelques patients, de syncopes dues à une activation du nerf pneumogastrique (nerf vagal régissant l'activité cardiaque entre autres). Ces syncopes sont le résultat d'un arrêt cardiaque. L'utilisation de l'I.R.M. permet de mettre en évidence les tumeurs précédemment décrites. Le traitement fait appel à la carbamazépine, au baclofène, à l'amitriptyline, à la trazodone. Chez quelques patients, il est nécessaire de déposer un médicament à base de cocaïne au niveau du pharynx, ce qui peut produire un soulagement temporaire. La chirurgie est parfois nécessaire (extraction, arrachement).

Névralgie du trijumeau appelée également névralgie faciale, prosopalgie, tic douloureux de la face (en anglais facial neuralgia). C'est une névralgie qui siège dans le territoire du nerf trijumeau ou d'une de ses branches. Le nerf trijumeau correspond à la cinquième paire de nerfs crâniens, qui se divise en trois branches au niveau d'un ganglion nerveux, le ganglion de Gasser. Ces trois branches sont le nerf optique, le nerf maxillaire et le nerf mandibulaire. Ce nerf est un nerf sensitif (permettant les sensations) pour le visage et moteur (permettant les mouvements musculaires) pour les muscles permettant la mastication (mâcher les aliments). Il est nécessaire de distinguer la névralgie essentielle ou maladie de Trousseau ou de Fothergill qui est une douleur intermittente évoluant par accès, d'intensité très élevée et d'une durée brève (quelques secondes). Ce type de névralgie se caractérise par une survenue après une cause déclenchante et par des épisodes séparés d'accalmie totale. La deuxième variété de névralgie faciale est la névralgie symptomatique.
La névralgie du trijumeau serait secondaire à la compression par une artère du nerf trijumeau au niveau de sa source (tronc cérébral = zone du système nerveux central situé en avant et au-dessous cervelet). Une autre cause est l'atteinte du trijumeau à l'intérieur même du tronc cérébral par la sclérose en plaques ou d'autres causes de démyélinisation (perte de la myéline, qui est la substance graisseuse entourant et protégeant les nerfs) ou secondaire à un ramollissement ou à une tumeur.

Névralgie testiculaire ou orchialgie. Elle se caractérise par des douleurs violentes et durables qui irradient dans le scrotum (bourse contenant les testicules) et vers l'abdomen. Elle fait quelquefois suite à une épididymite (inflammation de l'épididyme qui est un organe cylindrique situé derrière chaque testicule et s'étalant en "embrassant " celui-ci, faisant suite aux canaux efférents qui sont des sortes de petits tubes sortant du testicule. L'épididyme se prolonge par le canal déférent ou canal spermatique, qui débouche dans l'urètre et qui est destiné à évacuer à la fois les urines et le sperme).

Névralgie d'Arnold. Le nerf d'Arnold est un nerf appelé aussi nervus occipitalis major, formé par la branche postérieure de la deuxième racine cervicale (nerfs issus de la moelle épinière et situés au niveau du cou). Les muscles profonds du cou sont innervés par le nerf d'Arnold, qui assure l'innervation motrice (permettant d'effectuer des mouvements) et l'innervation sensitive (permettant de sentir) du cuir chevelu.
La névralgie du grand nerf d'Arnold apparaît parfois spontanément ou est provoquée par une pression locale ou certains mouvements de la tête.

Névralgie coccygienne appelée également coccygondynie ou coccydynie (en anglais coccydynia). Elle se caractérise par des douleurs très vives de la région coccygienne (en bas du sacrum) survenant par paroxysmes (périodes pendant lesquelles les douleurs se manifestent avec le plus d'intensité). Ces douleurs sont augmentées par la position assise et par l'émission de selles (défécation). Elles sont quelquefois dues à un traumatisme (chute en arrière ou contusion du coccyx par exemple par un coup de pied). Quelquefois, un accouchement ou une inflammation de l'articulation entre le sacrum et le coccyx sont à l'origine des névralgies coccygiennes. On retrouve dans certains cas des lésions du nerf sacré, une lésion du coccyx lui-même ou des antécédents d'inflammation de l'utérus avec rétroversion (inclinaison en arrière de cet organe). Les consultations d'ostéopathie bien exécutées donnent d'excellents résultats. L'utilisation d'antalgiques (antidouleurs) est généralement suffisante.

Névralgie de Morton. Il s'agit de douleurs apparaissant au dos de l'avant-pied, secondaires à une petite tumeur bénigne située sur la racine d'un filet nerveux passant entre le troisième et le quatrième orteil. Cette variété de douleur apparaît à l'appui.

Névralgie intercostale. Cette variété de névralgie se caractérise par un épisode douloureux unique ou par des crises répétées. Les douleurs siègent au niveau du thorax, de chaque côté de la colonne vertébrale, de chaque côté du sternum et sous les bras. La névralgie intercostale ne doit pas être confondue avec un zona, une pleurésie (atteinte des plèvres = membranes de protection et de recouvrement des poumons) et un syndrome de Tietze (se caractérisant par une augmentation de volume avec douleurs siégeant au niveau du thorax et dont l'origine est la tête d'un ou plusieurs cartilages costaux).

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