Portrait de azucena

Bonsoir,

Je suis nouvelle ici et j'ai besoin de quelques mains tendues, merci.

Mon mari va subir une néphrectomie pour tumeur du rein. Il passe un scanner mercredi.
Premier jour, premier problème : qui va "récupérer" notre fille handicapée (qui travaille en CAT) à l'arrêt de bus ? ça n'a l'air de rien mais c'est un gros souci. Enfin, on verra.

Dans un premier temps : Pouvez-vous me dire combien de temps dure l'intervention, combien de temps en moyenne dure l'hospitalisation, si la convalescence est longue et s'il y a des règles de vie à adopter quant à la nourriture et aux boissons avant et après cicatrisation ? Au bout de combien de temps peut-on aller faire un tour à pied, peut-on vaquer à quelques occupations autres que la télé ? C'est important pour le moral de se sentir un peu utile. Mon mari, qui est au chômage, s'occupe beaucoup de la maison et se sent, pour le moment, en bonne forme physique. Il m'a même reproché de le materner.

Je crains que la tumeur ne soit cancéreuse, c'est même hélas une quasi-certitude. En plus, ses leucocytes neutrophiles ont baissé (48 %) et ses monocytes ont augmenté (12 %) et je me demande s'il n'y a pas déjà une métastase vers moelle osseuse. Tout cela après une simple échographie et des analyses qui disent peut-être entre les lignes ce que personne ne veut dire. Je ne me suis jamais autant informée sur un sujet que ces derniers jours...
Je veux lui apporter mon soutien mais je ne sais comment faire.
Et puis... Comment ménager mes enfants :
Mon fils, technicien de laboratoire, mal placé et trop bien informé. Comment confier les analyses de mon mari à un autre labo que celui où il travaille sans éveiller des soupçons, des questions du style "si on ne me confie plus les analyses de papa c'est que ça doit être très grave et qu'on veut me le cacher."
Ma fille : 21 ans, handicapée mentale, très dépendante de son papa, très attachée à lui, qui dit que "papa a mal au dos" mais n'arrête pas de jeter des papiers par terre, de faire se déplacer papa pour régler son ordinateur ou sa télé, de l'obliger à se plier pour ramasser son linge sale... et moi, je ne suis pas toujours là. J'en passe et des meilleures."

Je dois prendre cette saleté sur mon dos en plus de mes problèmes de santé et de travail personnels. Pour "faire bouillir la marmite" j'ai dû accepter beaucoup de travail et donc beaucoup d'absence, de 7 h à 22 h 30 trois jours par semaine et, les deux autres jours, de 7 h à 18 h, cela sera-t-il compatible avec la maladie de mon mari ? J'avoue avoir très peur à l'idée de le laisser seul à la maison des journées entières avec pour seuls compagnons son chien et sa maladie. J'ai peur qu'il ne broie du noir toute la journée. Qu'il n'en vienne à faire une bêtise.
Flûte ! la vie ne nous a pas épargnés, maintenant que nous commencions à y voir clair financièrement (fini de payer cette saleté de barraque), après avoir subi mille douleurs à cause de notre enfant "pas comme les autres", voilà que la maladie s'en mêle.... déjà ! Nous savions qu'il nous faudrait nous préparer à partir, à laisser notre fille seule, sans amour, dans un foyer de vie où personne ne s'intéressera à elle sinon pour lui ponctionner tout son maigre revenu ! Mais pas maintenant ! c'est trop tôt !

Mon mari m'a déjà dit "si c'est grave je ne me ferai même pas opérer... je suis trop vieux" (à 57 ans !!!) Comment le pousser à accepter l'opération et l'éventuel traitement complémentaire ?

J'essaie d'encaisser le coup avant qu'il n'arrive, mon mari, lui, est dans une attitude de déni, j'ai peur que la révélation de la vraie nature de son mal ne l'abatte complètement, et il faudra que j'aille bosser le lendemain ???!!! Je ne aprviens pas à m'intéresser au boulot...
Je suis déjà obligée de prendre une journée pour le scanner, je ne peux pas en prendre plus.
Que puis-je faire pour aider mon mari, le soutenir, si je ne suis jamais là ou si peu ? Et vous, comment faites-vous ? Avez-vous arrêté de travailler? Hélas, je ne peux pas démissionner et mon patron ne voudra pas me mettre au chômage. Que faire ?

Je sais, je sais, je me/vous pose beaucoup de questions, j'espère que ça va arrêter de fuser dans ma tête, je n'ai presque pas dormi depuis quatre jours. Je n'en peux plus, les larmes me montent sans cesse aux yeux et ma gorge se noue, je retiens les pleurs devant mon mari mais à grand peine. J'ai passé mon dimanche à réprimander ma fille parce qu'elle joue au gros bébé et que son papa complaisant rentre dans son jeu. Je m'en veux, elle doit penser que je ne l'aime pas.

Je vous en prie, aidez-moi, je me sens si seule, même mon fils me fait la tête, comme si j'y étais pour quelque chose !

Portrait de zuzidart
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Chère AZUCENA, je pense que la première chose à faire pur encourager votre mari, c'est de continuer comme avant, essayez du moins devant lui , que la vie continue et dans une certaine mesure surtout ne pas plus le cajoler ni le plaindre qu'avant, car si vous faites des excès de tendresses par rapport d'avant , croyez-moi pour lui, il va penser qu'il est condamné, alors qu'il n'en est rien, même si il doit subir une opération , il n'est pas le seul dans ce cas, et ces gens sont encore là, bien sûr, il y aura des moment de déception, de découragement, et là, seulement c'est à vous d'essayer de remonter son moral, il ne faut jamais baisser les bras, mais du contraire se battre à fond et le moral, et en plus, ne parler de sa maladie que le moins possible mais au contraire parler des belles choses de la vie et je dois dire, que votre fille ( que je comprends ) n'agit pas dans le bon sens avec son papa, elle doit vous accompagner à redonner le moral à votre mari, rien n'est perdu, il faut se battre et aider par la médecine, je suis certain qu'il trouvera la vie plus belle, il faut être positif, songez à ces jeunes gens qui ont un moral de tonnerre , alors qu'ils sont condamnés ET SEUL, alors pourquoi votre mari aidé par vous et votre fille n'y arriverait -il pas ?
bien à vous

Portrait de azucena
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Merci pour votre gentille réponse. Je suis très inquiète parce que mon mari essaie à tout prix de nier la réalité et de minimiser, il en est à avoir très peur de l'intervention, plus que de la maladie.
Qui plus est, au scanner, pas de réponse claire... ça pourrait aussi bien être bénin. Du coup, mon mari s'est "monté un bateau". Or, dans la plupart des forums sur le sujet, les tumeurs semblent être diagnostiquées dès le scanner, voire dès l'échographie ! Je me demande si on ne nous cache pas la vérité ?
Pour le moral ça va être dur, je ne vois qu'une solution pour moi : démissionner de mon travail, ce qui me permettrait de m'éloigner de ces gens qui me gardent dans leur entreprise par pitié (ou parce qu'un licenciement leur coûterait cher). Mais hélas nos revenus ne nous permettent pas d'envisager dès à présent cette solution.
Ce travail, que je n'aime pas du tout et que j'effectue pour des raisons purement alimentaires, me prend trop de temps et je redoute de laisser mon mari seul pendant de longues heures.
Quoi qu'il en soit, je ne parviens plus à me concentrer sur ce que je fais et tout me semble si vain... Lorsqu"un travail était "urgent" je parvenais jusqu'à présent à mettre les bouchées doubles, maintenant je m'en moque, je suis au-dessus de tout cela, je suis ailleurs. Les discussions anodines de mes collègues m'irritent, leur joie de vivre et leur bonheur me transpercent le coeur, leurs petites querelles liées au travail me laissent indifférente.
En plus, il y a notre fille à accompagner tous les jours. Jusqu'à présent c'était mon mari qui le faisait et qui s'occupait aussi de la maison (je m'absente jusqu'à 15 heures par jour pour le travail !).
Je ne sais pas si je parviendrai à supporter mon absence de la maison. J'ai envie d'être davantage auprès de mon mari mais, d'un autre côté, je suis réaliste. J'enrage d'être obligée d'aller au boulot ! C'est du temps, c'est de la vie qu'on nous vole ! Je me suis aperçue que, durant toutes ces années passées ensemble, nous n'avons fait que marcher côte à côte et que nos soucis ont souvent pris le dessus; Là, j'aimerais le soigner au mieux, partir en balade avec lui et, qui sait, partir en vacances l'été prochain, pourquoi pas ?
Je ne pourrai pas tout concilier sans craquer... je ne dispose que de 24 heures par jour et j'étais déjà épuisée avant cette épreuve.
Bon sang ! on devrait pouvoir bénéficier d'un congé pour soins mais avec revenu minimum.

Portrait de zuzidart
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Cher AZUCENA, votre réponse reflète très bien ce que tous couple qui s'adorent ( ça se voit ) ressent, tout d'abord , bien que je vous comprends très bien , que parfois vous désirez donner votre démission, chose qu'il ne faut jamais faire, car vous n'auriez rien au chômage, par contre, si vous avez un médecin traitant compréhensible, essayez de vous entendre avec lui pour qu'il vous donne quelques jours de ....maladie de temps en temps, votre mari et c'est humain a des difficultés à patienter et de suite ne voie que le pire, d'autant plus qu'il se retrouve seul pendant un certain temps tous les jours, c'est très difficile de conseiller, mais je pense qu'il doit absolument surmonter cette épreuve, la médecine a fait d'énormes améliorations et se dire pour ma famille je dois me battre, d'autre que moi s'en sont sortis, et pour vous , entendre rire vos collèges est très énervant, car vous n'avez qu'une chose en tête votre situation , battez vous avec votre mari et votre fille, essayez dans la mesure du possible de chasser ces idées noires, mais surtout ne démissionnez pas , car une diminution de vos revenus en plus, vous le regretteriez, aussi faites lui comprendre que vous ne pouvez pas faire autrement, votre mari n'a-t-il pas une passion ? il faut qu'il s'occupe dans la mesure de ses forces pendant votre absence, malheureusement, je ne peux que vous dire de tenir bon , que rien n'est perdu mais il faut avoir la foi qui fait bouger des montagnes, tous les trois vous devez conserver le moral, et vous le pouvez si vous le désirez , et ne pas à votre tour vous laisser à la désolation, courage et moral , lisez ce forum, et vous remarquez que rien n'est perdu , sauf si vous le croyez erreur à ne jamais faire, au contraire reprenez-vous, vous vivrez encore des jours merveilleux , mais pour cela chacun de vous doit y mettre du sien. bien à vous

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