Portrait de Brig

Bonjour

Je commence à être sérieusement inquiète par rapport à mon comportement social et j'aimerais avoir des critères pour juger si ce comportement est trop proche d'une pathologie... devrais-je consulter...
Je suis une retraitée de 56 ans à la vie active, avec beaucoup d'amis, sans conjoint, sans enfants et sans frères et soeurs. Depuis ma retraite (1 an) j'ai loué un atelier où je pratique la peinture de façon professionnelle (j'expose, je participe à des concours et symposiums...). Peu de mes amis comprennent vraiment ce qu'implique la création, le besoin d'exprimer un univers personnel, unique, et toute la vulnérabilité que cela implique, la nécessité d'un espace-temps assez long et continu pour pouvoir explorer et exprimer tranquillement cet univers. J'en arrive à coucher à l'atelier (où je n'ai pas de téléphone) et quand je reviens à la maison je suis très soulagée quand il n'y a pas de messages sur le répondeur. J'ai la phobie des téléphones au point de décrocher régulirement le récepteur pour être certaine de ne pas l'entendre sonner et savourer vraiment ma tranquillité. Tout appel est une intrusion, une agression qui génère immédiatement de la colère en moi... "Fichez-moi la paix " est ce qui monte immédiatement...
Je téléphone à mes amis pour devoir de prendre de leur nouvelles mais je mesure le nombre d'appels pour éviter de devenir complètement exaspérée... Je rêve de passer des semaines sans voir personne... Rester dans un endroit tranquille avec mes livres, ma peinture, la radio.... mais personne de grâce.... J'en ai ri longtemps mais là je m'inquiète car la colère est de plus en plus présente, je deviens agressive et je dois sans cesse me contrôler...

Quels sont les critères d'une misanthropie pathologique?

Merçi pour toute réponse

Portrait de Jacques - jc1955fr
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Bonsoir, brig.

Je ne sais pas ce qu'est une misanthropie pathologique, mais je t'invite à te renseigner sur ce qu'est la (Clique ici) => dépression.

Étant bipolaire et administrateur d'un site sur le trouble bipolaire — alternance/succession de phases maniaques et de phases dépressives —, il me semble reconnaître dans ce que tu écris quelques symptômes de la dépression : retrait social, irritabilité grandissante…
Peut-être arrives-tu à un moment de ta vie où tu te poses un certain nombre de questions…

Sinon, fais un 'tit détour du côté de la (Clique ici) => personnalité schizoïde

De toute façon, même si cela ne nous concerne pas directement, ce n'est pas inintéressant de savoir ce qu'il peut arriver à d'autres !

Bonne soirée. Bises. Jacques

Je suis bipolaire (maniaco-dépressif) de type 1, en invalidité et ex "stabilisé", cowebmestre du site mentionné dans mon profil.

Portrait de Brig
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Merci pour le temps pris à me répondre.Je ne suis pas dépressive je le sais car l'ayant déjà été et ayant suivi plusieurs années de thérapie à la suite du décès de mon mari je me connais suffisamment pour le savoir. De plus je trouve la vie belle, beaucoup de choses sont sujettes à émerveillement. J'ai le goût de peindre, d'essayer de nouvelles recettes... je m'intéresse à ce qui se passe dans le monde, etc... Par contre après lecture des données sur les personnalités schyzoïdes je trouve que ça me ressemble beaucoup plus: désintérêt pour les relations et les sentiments des autres, isolement voulu, aucun intérêt à me trouver un conjoint ou ami/amant, intellectualisation excessive... En revanche je ressens profondément ma joie à créer, à marcher au soleil, à voir la neige tomber, à manger quelque chose de bon, à lire un texte de poésie... Je prends alors le temps de ressentir profondément... J'ai une excellente amie à qui je puis tout dire et ça me suffit... Si je juge que j'ai besoin de voir quelqu'un il y a beaucoup de monde que je peux appeler. Mais je voudrais avoir le temps d'avoir besoin. Mon besoin des autres ne semble jamais aussi grand que leur besoin de moi. J'appelle mes amis parce que je me dis que le jour où j'en aurai besoin si je n'ai pas entretenu les liens je serai seule... et là je me trouve très profiteuse....

Ceci dit je me demande quoi faire pour assouplir ma position??? Exiger de moi de contrecarrer ma tendance schyzoïde en m'obligeant à des activités sociales me semble impensable, je serai malheureuse et alors je risque de faire une dépression. Mes besoins me semblent légitimes mais je n'en suis pas convaincue il est là le problème. Je ne me fais pas confiance.... Que faire?

Portrait de Jacques - jc1955fr
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Bonjour, Brig.

Je suis passé par la case personnalité schizoïde, et d'ailleurs, je n'en suis pas complètement sorti…
Cela a des avantages et des inconvénients.

L'avantage est d'être en quelque sorte «habitué» à quelques symptômes de la dépression ce qui permet de mieux la voir venir, la contourner, la supporter… La personnalité schizoïde comme habituation à la dépression…

L'inconvénient demeure la solitude, dans la mesure où elle peut gêner. Dans notre monde, tant que l'on arrive à subvenir financièrement à ses besoins, une partie du chemin est fait.

Pour ses humanités, la question est d'un autre ordre. Pour ma part, j'ai été déçu par l'Autre. Cela a été à l'origine de mon désenchantement.
Aujourd'hui — j'aurai 52 ans le 10 décembre — j'accepte de «souffrir» l'altérité : cela a commencé par internet en 2001 et se poursuit cette année par l'entrée dans un 'tit groupe de théâtre et mon adhésion à une association de personnes souffrant de trouble bipolaire.

J'y vais par petites touches. L'Autre : je veux bien comprendre, tout comprendre, car force m'est de constater que c'est un peu toujours aux mêmes de le faire, comprendre, mais je n'en suis pas encore — et crois dès maintenant que je n'y serai jamais — au point de tout admettre. Je suis sauvage, pas un sauvage, mais sauvage…

J'en suis là, avec l'Autre, et si j'en crois mon 'tit yin-yang façon roue qui tourne, au bout de la misanthropie, il y a l'amour… mais là encore, connaissons le monde qui m'entoure, je ne tiens pas à ce que l'Autre profite de mon «grand cœur» car je passe par là aussi…

Tout cela pour te dire, qu'à force d'avoir moi aussi intellectualisé parfois à outrance, j'ai dû accepter de descendre quelques marches de mon piédestal pour monter vers l'Autre.

Concernant la personnalité schizoïde, tu peux trouver à becter dans ce livre : (Clique ici) => Pr Quentin Debray - Protocoles de traitement des personnalités pathologiques. Il est plutôt orientation professionnels, mais existe peut-être en bibliothèque…

Bon week-end ! Bises. Jacques

Je suis bipolaire (maniaco-dépressif) de type 1, en invalidité et ex "stabilisé", cowebmestre du site mentionné dans mon profil.

Portrait de Brig
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Encore merçi!

J'ai souri à plusieures reprises en lisant ton texte... Je me reconnais beaucoup!
La personnalité schysoïde comme habituation à la dépression... Je suis en effet une personnalité à tendance dépressive mais je me surveille et me vois aller quand je vais trop loin...
"Souffrir l'autre"... Il y a des jours où ce n'est pas trop pénible et d'autres où le quota est vite atteint... Mais en effet je crois malgré tout important de maintenir la porte ouverte ou du moins entrouverte ou de la faire bouger de temps en temps histoire de s'assurer qu'il y a toujours possibilité de passer... dans les deux sens mais en évitant les courrants d'air incessants qui boulversent tout...
"Je suis sauvage mais pas un sauvage"... J'aime bien l'expression!
Mais ce qui est le plus significatif et me ramène aux raisons que j'avais l'autre jour de m'inquiéter de ma "misanthropie" est lorsque tu propose de "descendre de quelques marches de son piedestal pour monter vers l'Autre"... Il y a là matière à réfléchir longtemps pour moi.
Tu m'as beaucoup aidée à sortir de ma bulle et à mettre en perspective mon comportement.
Pour moi aussi internet est un moyen d'aller vers l'autre mais à petite dose et au moment où ça me convient.
Encore merçi!

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