Portrait de colettepatate

bonjour je suis une jeune femme de 24 ans et je ne sais plus vers qui me tourner pour trouver des solutions . je souhaiterai pouvoir discuter avec un neurologue de ce qui ne va pas . j'ai été admise il y à 5 ans dans un hopital psychiatrique et je n'avais rien à faire dans ce genre d'établissement car je considère qu'il y a d'autres moyens pour une personne dépressive que de la bourrer de médicaments à longueur de journée . si vous passez par là , répondez moi merci d'avance

Portrait de korrigane
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Bonsoir Colette
J'ai 35 ans et je suis dépressive depuis des années. Depuis bien plus longtemps que ne date le début de mon traitement.
J'ai toujours pensé que j'étais une ratée, nulle, sans intérêt. Pourtant, niveau études et boulot, j'ai toujours tout réussi. Par contre, chaque échec amoureux était un désastre. Pareil pour chaque dispute avec mes parents, notamment mon père. Beaucoup d'incompréhension, de manque d'écoute, de clichés et de principes ridicules de sa part.
J'ai même fait une tentative de suiscide. Je n'ai par contre jamais été hospitalisée. J'ai rencontré psy -chiatre, -chotérapeuthe, -chologue, hypnotiseuse... Peut-être est-ce moi, mais ces psys ne m'ont jamais vraiment aidé. Parfois je me suis demandée si c'était bien moi qui était malade.
Ma solution, je l'ai en partie trouvée moi-même. J'ai fait un point sur ma vie. Toute seule comme une grande que je ne pensais pas être, à 30 ans :
J'ai listé ce que je n'aimais pas dans ma vie (la liste était longue). Ce que j'aimais dans cette vie (liste très, très courte), et ce qui manquait pour que je sois vraiment heureuse. J'ai décidé de tout changer, d'aller vers d'autres objectifs : autre métier, autre milieu, autre région. Ca m'a pris du temps, les choses ne se font pas du jour au lendemain. Bien sûr, la dépression est toujours là, je la soigne, mais je suis au stade du sevrage. Tout ca pour t'expliquer que parfois, il suffit (pas toujours, mais pourquoi pas tenter si tu le peux) de trouver l'endroit où nous rêvons de vivre, avec un boulot qui nous plaît ou au moins qui nous permet à côté de nous épanouir, soit par le salaire, soit par les gens qu'il nous fait rencontrer, etc. Et là, quelquechose se débloque et tout le positif qu'on attendait depuis des années arrive comme par magie. Pour ma part, c'est le cas : boulot, mec, bébé, bref, le bonheur. Les médocs sont toujours une béquille, mais une béquille dont j'ai aujourd'hui de moins en moins besoin. Je ne suis pas médecin, je ne suis spécialiste en rien à part dans les crêpes que je sers à mes clients (je suis devenue crêpière après avoir travaillé sur ordinateur pendant 10 ans, tu vois le changement radical !). J'habite un coin de rêve pour qui aime la nature, le silence et l'isolement, je me suis déparasitée de la télé et de ses images morbides et du tél portable, et je me nourris de l'amour et de la compréhension de mon homme (il en a bavé au début, avec mes épisodes dépressifs). Je dévore mon enfant d'amour, je savoure tout cela au cas où la dépression resurgisse un jour. Au moins, elle ne me prendra pas tous ces moments précieux.

Je ne sais pas trop comment t'aider, mais j'essaie de te dire que la dépression, même si elle est complexe et qu'elle n'est pas toujours causée par un événement concret, on peut parfois trouver les ressources pour la secouer un peu. Les médocs aident à cela. Pour te rassurer, je n'ai jamais eu à prendre plus d'un médicament par jour. Aujourd'hui, j'en suis à un demi tous les 2 jours. Ca m'a pris des années de traitement pour en arriver là, mais chaque fois que j'ai arrêté sans suivi médical, j'ai chuté de plus haut. Il y aura toujours des gens pour te dire que tu te drogues, que tu est dépendante de tes médocs pour être heureuse. OUI , ET ALORS § Que connaissent ils de la dépression ? Le tout, c'est d'être suivie comme il faut. Moi, c'est mon généraliste qui s'occupe de moi. Il est très à l'écoute et ne me juge pas. Surtout, NE CULPABILISE PAS DE NE PAS ETRE HEUREUSE. N'écoute pas le discours de ces gens qui te diront : mais tu as tout pour être heureuse, d'autres auraient davantage de raisons d'être dépressifs. Cela n'a rien à voir.
Je reviendrai te parler si tu veux, car j'ai plein à te dire pour te remonter le moral.
Bon courage

Portrait de colettepatate
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bonjour Korrigane je tiens à te remercier pour m'avoir répondue ça me donne plus de courrage pour l'avenir . J'ai une décision importante à prendre car mon médecin généraliste pense que je nécessite une hospitalisation et je ne veux plus y retourner et comme je refusais tout les traitements , je vais réviser mon jugement à l'égard de ces petites pilulles . Je veux être heureuse et comme tu dis si le fait de les prendre me permet d'aller mieux alors je ne dois pas passer à coté . Je te remercie encore et si tu me le permet de te tenir au courant .

Portrait de korrigane
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Bonsoir, Colette !
Désolée de ne pas t'avoir donné de nouvelles plus tôt, je ne retrouvais plus le chemin de ton annonce...
Bref, je suis contente de t'avoir retrouvée et j'espère que tu es sur le chemin d'aller mieux.
Entretemps, je ne sais pas si tu as remarqué, mais une campagne de sensibilisation sur la dépression s'est mise en place sur France Inter (peut-être à la tv et sur d'autres ondes radio). Pas trop tôt !
J'ai découpé l'autre jour (il y a un petit moment) un article dans Ouest France qui parle d'un médecin rennais qui expérimente une machine qui soigne(rait) la dépression, par champs magnétique. Il s'agit du Dr Millet. Il a traité pour l'instant une vingtaine de patients rennais. Les champs magnétiques sont supposés restimuler la partie du cerveau malade et la stabiliser.
Ils ont même reçu (je cite) : "l'autorisation de tester la stimulation cérébrale profonde par le biais d'électrodes implantées dans le cerveau". (Déjà pratiqué pour Parkinson et les TOC).
Tu dois avoir moyen de te procurer cet article sur le site internet d'Ouest France. Le journal date du mardi 9 octobre, pages nationales ou régionales. Ils incluent une adresse internet concernant plus globalement la dépression : www.francedepression.free.fr.
Je trouve que cela représente un grand espoir pour tous ceux qui n'arrivent pas à se sortir du cercle vicieux et destructeur de la dépression. Serait-ce la lumière au bout de ce long, long, long tunnel ?
Voila pour ce soir. Je serais en effet heureuse de savoir ce que tu deviens. Bon courage !

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