Portrait de JFX

SYNTHESE RUPTURE LIGAMENT CROISE POSTERIEUR (LCP) + 2 ANS

(cet article est mis à jour sur jefx.over-blog.fr )

Entorse du genou droit en 02/2008 :

Croisement des skis dans un virage lors du transfert de poids d'une jambe sur l'autre, chute debout pieds bloqués au sol, sensation d'être écartelé, envie de vomir, absence de craquement, glaçage immédiat (neige).

Diagnostic : entorse LLI et LCP sur le genou droit

Traitement : attelle longue pendant 6 semaines, puis 4 semaines avec une attelle articulée + 15 séances de kiné (en M+2, M+3)

La consultation médicale après l'accident :

M+0 (mois) : médecin de montagne, radiographie, diagnostic ciblé (entorse LLI avec suspicion atteinte grave du LCP) ;

Le premier IRM réalisé dans les jours qui ont suivi l’accident indique une laxité postérieure de 9 mm, "rupture partielle vraisemblablement complète du LCP???" ; démarrage de la convalescence dans l'incertitude sur le niveau de rupture du LCP ;

M+1 : consultation d'un chirurgien orthopédiste, proposition réparation du LCP en utilisant un ligament synthétique + renforcement du LLI ; lors du retrait de l’attelle longue, impossibilité totale de plier la jambe ; la fonte musculaire est impressionnante ; la première mobilisation et le « testing » du genou sont organisés sous anesthésie générale, orientation vers la rééducation fonctionnelle.

De M+2 à M+19

La récupération de la flexion est régulière dans un premier temps.

Les progrès ultérieurs sont beaucoup plus irréguliers et imprévisibles. Dès que je ralentis la rééducation journalière, je ...régresse.

A partir de M+5, je commence à trotter doucement, péniblement, je ne sais plus courir, je dois réapprendre. Les muscles de la jambe ne reviennent pas. J'ai abandonné tous les sports. Mon genou bouge, avec en prime un « ressaut » de rotule.

En M+6, je marche avec une canne, la rééducation est insuffisante. J'intensifie ma rééducation de façon raisonnable en écoutant mes sensations et avec la peur que mon genou lâche.

Chaque semaine, j'invente de nouveaux exercices, et élimine ceux qui paraissent inadaptés.

Chaque mois écoulé apporte un petit « plus » en termes de rééducation jusqu’au 18 ou 19ème mois.

.../...

M+19

Je marche, fait un peu de vélo. J'ai l'impression de ne plus progresser. Impossible d'oublier mon genou, chaque pas que j'effectue constitue un incessant rappel à l'ordre d'un genou blessé, infirme et différent. Je repense au résultat du premier IRM "rupture partielle vraisemblablement complète du LCP???" , cette expression signifie rupture physique et/ou fonctionnelle.

Si je continue ainsi, je vais m'user les cartilages. Je pense à me faire opérer.

Nouvelle radiographie et second IRM.

L'arthrose ne s'est pas installée, le signal du LCP est revenu.

Consultation d'un second chirurgien : le LLI semble dans l’apparence s'être rétabli de façon à peu près satisfaisante, la laxité latérale n'est pas excessive; le LCP a cicatrisé mais a perdu une partie de sa fonctionnalité (visco-élasticité, proprioception) . La lésion du LCP est assimilée à une lésion "isolée", proposition de reconstruction à un faisceau à l'aide d'une greffe prélevé sur les "ischios-jambiers". Le processus complet de reconstruction du LCP via la greffe s'échelonne sur deux à trois années. Au final, l'incertitude concernant le risque d'arthrose ne sera pas levée, le jogging restera déconseillé voire interdit , ainsi que les sports "pivot". Le recul médical actuel ne permet pas d'affirmer le bienfait d'une opération, en termes de réduction de mon incapacité ou d'augmentation de ma capacité actuelle.

M+24, soit deux ans plus tard :

J'ai pour l'instant repoussé la décision de l'opération. Je continue sur la voie de la rééducation fonctionnelle qui est devenu de l'entretien. Je suis debout, c'est déjà beaucoup. La laxité postérieure est installée (de l'ordre de 9 mm), elle est désormais qualifiée de « chronique ». Les fonctions d'amortisseur, d'extenseur et d’endurance du genou sont dégradées. L'appareil musculaire est déséquilibré (insuffisance musculaire, notamment du quadriceps) et génère suivant les jours des maux de cheville, de genou ou de hanche (cartilage et sciatique).

Je parviens à alléger la cheville en réhaussant les semelles dans les chaussures. J'estime le déséquilibre entre le côté gauche et droit de l'ordre de 40 à 50%. La capacité est entamée, et la capacité conditionne certains jours l'envie.

Point positif depuis le second IRM, j'ai acquis une confiance prudente dans mon ligament cicatrisé, déficient fonctionnellement mais présent.
Je ne pratique plus les sports d'avant l'accident. Mes activités "sportives" d'hier ont été remplacées par des activités d'entretien : vélo, marche nordique (avec bâtons), exercices sur planche inclinée à roulettes, "trotting" léger (exceptionnel) sur parcours naturel, "tapis de marche ", gym, assouplissement.

Une question reste sans réponse. Mon incapacité à reconstituer la masse musculaire de la jambe provient-elle uniquement du fait que le LCP est abîmé, ou l'écartèlement auquel j'ai été soumis a-t-il détérioré irrémédiablement d'autres fibres, notamment au niveau des tendons et des muscles ?

M + 25 :

Je m’oriente vers une nouvelle dynamique de rééducation, l’aviron...A bientôt.

J’ai rédigé également un second article que je vous laisse découvrir :

« Pratiquer une activité physique après une rupture de LCP non opérée »

Chaque jour je cherche à retrouver des bribes de sensations nouvelles : un signal si fugace soit-il, une impression, tout est bon à prendre.
Puisse ce témoignage vous aider dans votre progression, ne vous arrêtez pas, continuez, parce que demain le progrès sera au rendez-vous. Ecrivez-moi si vous le souhaitez. Bien cordialement, JF

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