Portrait de Jennifer_043

Ma soeur et moi avons pris conscience que notre Papa buvait il y a 5 / 6 ans. Lors de cette "découverte" nous n'avons pas su quoi faire... En parler avec notre Maman ? Non, elle nous avait toujours dit qu'elle ne supporterait pas d'avoir un mari alcoolique. Notre Papa ? Pourquoi pas...
Alors voilà qu'un week-end nous lui en avons parlé. Nous lui avons dit nous être rendues compte qu'il buvait dans le bar de la maison. Au début il ne se limitait qu'à boire de cette façon. Il prenait les bouteilles et buvait. Par la suite il les remplaçait par d'autres ou les remplissait. Lorsque nous lui avons donc parler de ce problème, il nous a dit qu'il ne buvait que de temps en temps. Il nous a dit avoir commencé pour se donner un petit coup de "punch". Ce jour-là il nous a fait promettre de ne rien dire à notre Maman. Il ne voulait pas qu'elle sache.
Ma soeur et moi avons porté ce lourd secret pendant des années. Nous nous rendions compte, avec le temps, qu'il buvait de plus en plus. Il épuisait les quelques bouteilles qu'il restait encore et petit à petit à commencer à s'arrêter dans les bars...
Ma soeur fut la première de nous à deux à le supprendre avec un "ballon"...
Durant tout ce temps où la maladie empirait notre Maman ne se rendait compte de rien. Elle nous disait simplement d'être calmes et indulgentes avec lui car il était "fatigué".
Puis elle a commencé à se poser et à nous poser des questions. Elle me demandait souvent si il sentait l'alcool. Je me bornais à répondre non tout en sachant que je me mentais. Mais que faire ? J'avais le sentiment de porter le mariage de mes parents sur mes p'tites épaules.
Puis un jour tout a basculé. Je venais de rentrer chez moi et j'ai entendu un énorme bruit. Je me suis précipitée dans la chambre où mon Papa se trouvait. Il était là, par terre, le visage couvert de sang. Il avait voulu se lever mais sa tête l'avait entrainé en avant (car trop saoul). J'étais paniquée. Ma soeur était injoignable, ma mère au travail et officiellement non au courant de l'alcoolisme de mon père. Finalement, après avoir remis mon père au lit je l'ai appelée au travail. Elle m'a immédiatement demandée si il avait bu... Pour la première fois j'ai dis la vérité. Elle est donc rentrée à la maison. Nous avons réussi à joindre ma soeur puis nous avons ensuite téléphoner au médecin (bien que mon Papa soit contre). Il fut amené aux urgences et y resta pendant deux jours.
Par la suite il a été dit clairement qu'il buvait mais il devait arrêter... Malheureusement il était déjà trop tard...
Mon père a continué à boire. Il passait la majorité de ses journées dans les bars (à cette époque il était en maladie). Il buvait de plus en plus et rentré à la maison dans des états d'ivresses extrêmes. Enfin c'est ce que je pensais à l'époque.
Un alcoolique peut toujours augmenté la quantité d'alcool bu.
Puis en mai dernier mon Papa est parti dans un clinique spécialisée durant trois semaines. Il est revenu transformé, avec des milliers de bonnes intentions... Nous avons cru voir le bout du tunnel mais l'alcool a été plus fort que sa volonté de s'en sortir. Il a repris ses vieilles habitudes...
Il augmentait encore les quantités bues. Il en venait même à devenir violent. Le mariage de mes parents foutait le camp, tout comme notre famille.
Personne ne savait quoi faire pour le faire réagir...
Puis son petit frère est mort. Lui aussi, alcoolique, il a décidé d'en finir en se pendant. Il est resté des semaines dans le coma avant de mourir. Je me suis dit à ce moment là que la mort de mon oncle allait le faire réagir... Quelle douce utopie !!!
Il a rebu quelques jours après sa mort. Là encore en augmentant les quantités d'alcool bues chaque jours.
Il y a quelques temps, il est retourné dans la clinique pour une semaine. Cela n'a rien donné pour le moment. Il a rebu quelques heures après être revenu. Pas beaucoup, un verre mais ce fut le verre qui entraina les autres.
Ma famille ne sait plus quoi faire. Tout ça est difficile, tant pour lui que pour nous.
C'est mon père et je l'aime... Quand je le vois mourir verre après verre je souffre beaucoup. Je ne montre pas ma peine, on compte sur moi pour être "forte". Chacun a plus ou moins son rôle !!!
Je veux qu'il s'en sorte mais je suis désarmée...
Je m'en veux de ne pas avoir dit plus tôt qu'il buvait car aujourd'hui la situation serait peut-être différente. Malheureusement on ne peut pas revenir en arrière...
J'ai espoir qu'il guérisse... Depuis quelques jours je le booste beaucoup... J'espère qu'il va enfin se sortir de cette merde que je déteste plus que tout...

Portrait de Lu
J'aime 0

je te souhaite énormément de chance.

Portrait de anonymous
J'aime 0

Jennifer,
J'ai lu et relu ton message. Je dois te dire que je suis alcoolique abstinent depuis plus de treize ans. Comme ton papa, j'ai bu pendant des années en rendant mon entourage malheureux et en me suicidant à petit feu.
Depuis 13 ans, je n'ai plus touché une seule goutte d'alcool.
Lorsque je buvais, j'ai suivi le même parcours que ton papa. Je cachais mes bouteilles et j'ai même pris de l'argent dansla tirelire de mon petit garçon pour pouvoir continuer à boire. Beaucoup de personnes ont voulu m'aider à m'en sortir mais c'était inutile car je n'étais pas décidé moi même à m'arrêter de boire. On m'a menacé, on m'a caché mes bouteilles, on me suivait partout et je parvenais à boire et à me souler tous les jours.
Un jour de 1994, j'en ai eu marre et ma cousine (la seule personne qui me parlait encore dans la famille ) m'a mis en contact avec les Alcooliques anonymes. J'ai assisté à une réunion et pour une fois dans ma vie j'ai fait confiance. J'ai accepté de leur donner la main et de suivre tout ce qu'is me suggéraient. Je ne l'ai jamais regretté car je n'ai jamais rebu et j'ai retrouvé tout ce que j'avais perdu.
Garde confiance, un jour ton papa aura peut-être ma chance mais tu ne dois pas user toute ton energie à essayer de le convaincre, tu n'y arriveras pas et tu te nuiras à-toi même car tu en arriveras à te culpabiliser et à croire que tu n'as pas tout fait pour l'aider.
Dans ta région, il y a probablement des groupes Al-anon. Les personnes qui fréquentent ces groupes sont des proches d'alcooliques. Ils connaissent les mêmes angoisses que toi et si tu les rencontres, ils pourront t'écouter sans te juger ni juger ton papa et tu pourras compter sur eux pour obtenir de l'aide.
Bon courage, Jennifer. Ce soir à 20 heures, je vais à ma réunion hebddomadaire des AA. Je penserai à ton papa et à toi pendant cette réunion. Surtout ne désespère pas.

Portrait de anonymous
J'aime 0

jennifer,
mon père est alcoolique depuis maintenant 15 ans, il est dans un état lamentable. Des taches sur la figures inimaginables. il a des difficultés a marcher. Il n'a que 60 ans et je le vois mourrir a petit feu. Il n'a pas la volonté de s'en sortir, il n'est pas assez fort, il n'a plus de permis de conduire il a été viré de la police...cela fait maintenant 5 ans. Il reste donc a la maison et boit, dort et bois. Il ne fait que ça
je n'habite plus avec mes parents j'ai ma famille, mes enfants
ma mère vit toujours avec lui, mais elle est quand meme indépendante, heureusement pour elle, elle a son boulot donc ça la fait sortir de cette prison... Depuis des années je lui dit de divorcer et de vivre sa vie mais elle ne veut pas laisser sa maison.. elle galère vraiment beacoup ils font chambre a part depuis des années et tout les soirs elle doit essuyer ses pisses entre la chambre et les wc car il n'y arrive jamais a tant.
IL n'a pas envie de faire d'effort quand on lui dit essaye de t'en sortir on va t'aider , il est serein et dit je suis très bien comme ça ...Il ne peut meme pas profiter de ses petits enfants car il tremble énorméménent meme pour faire la bise il a la tremblotte. Je suis fille unique, j'aime je crois mon mère malgré tout ce qu'il nous a fait passé mais je souhaite presque sa mort car je n'en peux plus, c'est terrible de dire ça de son père.
Je te souhaite bon courage Jenni, surtout tu n'es pas la seule dans ce cas, et ne culpabilise pas... soit forte..
Bisous
fillou

Portrait de cat30
J'aime 0

oui, filou a raison tu n'est pas la seule.
Bon courage et soit forte

Portrait de Jennifer_043
J'aime 0

En lisant vos messages j'ai eu les larmes aux yeux, cette boule à la gorge que je connais si bien...
Merci beaucoup... Je crois que je n'ai rien de plus à rajouter...
Je ne veux pas encore parler de ce que je vis car je me dis que de toute façon ça sert à rien... Je garde espoir même si en ce moment c'est dur... Mon Papa a maintenant l'hépatite et malgré cela il n'arrive pas à arrêter définitivement... Il fait cependant des efforts mais s’il ne veut pas mourir il faut qu'il arrête définitivement...
MERCI, MERCI, MERCI...

Ps : mon Papa est déjà allé aux AA mais en sortant des réunions il s'arrêtait dans les bars...

Portrait de anonymous
J'aime 0

Bonsoir Jennifer,

En lisant ton message, je me suis reconnue.
Ne surtout pas culpabiliser. C'est la vie de ton papa pas la tienne (j'espère que je ne te choque pas). Sache que ta mère a dû s'en apercevoir bien avant mais qu'elle a fait celle qui ne voulait pas voir inconsciemment surement. Ce n'est pas à toi de porter ce fardeau.
Moi j'ai commencé une thérapie, il y a quelques mois et je regrette de ne pas l'avoir fait plutôt. Aujourd'hui même si je ne peux pas sortir ma mère de là, je peux être à côté d'elle.
Elle vient de passer 4 mois à l'hôpital, on a failli la perdre et ce n'est pas fini. Pour le moment, elle ne boit plus. Le médecin nous a dit que c'était fini si elle reprenait une goutte. Je suis présente et j'espère que cela lui fait du bien mais il faut que tu te protège, consulte une psychologue qui pourra t'aider à faire la part des choses.
Bon courage
Colyne

Participez au sujet "La maladie de mon Papa"