Portrait de varico

J'ai un don exceptionnel. En fait, c'est un vrai handicap. Mais un psychiatre que je consultais l'a tout se suite minimisé en disant:"C'est votre symptôme".
Bref, j'ai le don de me suicider à volonté et, cela, à peu près un jour sur deux. La plupart du temps, c'est un regard que je croise et qui me tue. En fait, j'utilise ce regard pour me tuer moi-même. Et cette mort, c'est une mort intellectuelle, c'est à dire que mon corps continue à vivre, je reste conscient de mon environnement, et les gens qui sont avec moi ne remarquent sans doute rien, mais moi je suis mort, je suis désormais devenu incapable de réfléchir. Et cette paralysie intellectuelle peut durer jusqu'à trois semaines (cette durée a diminué avec le temps).
J'ai essayé d'analyser le problème. Je pense que je m'évite de cette manière, sans le savoir, de vraies dépressions. Car, puisque je déclenche ces phénomènes quand la vie m'emmerde, quand le futur est peu réjouissant ou qu'une situation me dépasse, je pense que, sinon, j'exploserais (de quelle manière?...). Il me semble que je refuse d'être adulte (j'ai pourtant 40 ans). J'aimerais être invisible comme un enfant qui se cache sous la table et je me leurre donc moi-même en pensant que tout d'un coup on ne me voit plus. Je suis simplement diminué et incapable d'être un être à part entière. Imaginez ce que ça donne quand on est en pleine réunion et que tout à coup y'a plus personne!!!
Quelqu'un à ce même don ... finalement peu exceptionnel, plutôt très chiant?
Ou cela vous inspire une réflexion?

Merci

Portrait de nikita48
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Bizarre, ton histoire ... Et en même temps, tu sembles très lucide, tout-à-fait capable de t'analyser. As-tu trouvé la (ou les) cause(s) de ce besoin de fuite ?

Portrait de varico
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Tous les psys que j'ai vus m'ont effectivement dit que j'étais très lucide et que je m'en sortirais tout seul. Mais ça dure! Je pense que la conviction de ma mère qui est de dire "pas nous", les autres ont le droit de s'affirmer comme êtres à part entière, comme "adultes" et d'occuper toute leur place, nous non, y est pour quelque chose. Dès que j'occupe moi aussi ma place, que je suis véritablement moi, une petite voix (sans doute la sienne) me dit stop, tu vas trop loin. Et alors je regarde quelqu'un et son regard se transforme en balle de revolver. Mais il me semble que je ne suis pas loin d'aboutir!!!...???

Portrait de Nathan Echrin
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J'ai l'impression de vivre la même chose par moment. Parfois je me demande si ce n'est pas une réaction à des échecs répétés, et que je n'ose donc plu agir, de peur de retomber.

Portrait de varico
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Peut-être aussi le désir d'échec, puisque nous ne concevons sans doute pas le succès. Les autres ont le succès ou le droit d'en avoir, pas nous!...?

Portrait de Coug@r
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varico wrote:
Peut-être aussi le désir d'échec, puisque nous ne concevons sans doute pas le succès. Les autres ont le succès ou le droit d'en avoir, pas nous!...?

Voici le plus intéressant :
veux-tu te séparer de ce que tu appelles un "don" ou veux-tu rester comme cela avec tous les problèmes que cela te crée?

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