Portrait de ange-96

Bonjour,
Mon rumathologue m'envoie consulté un neurochirurgien car j'ai unne nette discopathie c5-c6 avec inversion de courbature avec véritable " cassure" et diminution des espaces péri-médullaires de sécurité. Il se demande s'il y a pas une compression médullaire cervicale qui expliquerait les symptomes des membres inférieur et supérieur gauche. Je dois passé un myléo-scanner cervical. Pourriez-vous me donner plus d'informations. Je suis inquiète car j'ai mal et comme tout le monde ça nous facile pas le quotidien.
Merci

Portrait de Dr Martzolff Richard
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S'il s'agit d'une compression médullaire, en effet, il y a relativement urgence car il risque de se constituer ce que l'on appelle une décompensation brutale par myélomalacie dont la survenue est relativement imprévisible pouvant entraîner des problèmes plus importants au niveau des membres inférieurs. C'est la raison pour laquelle le pronostic fonctionnel d'une compression médullaire dépend directement de la précocité du diagnostic.
La rapidité d'évolution est le terrain sur lequel intervient la compression médullaire fait différencier différentes évolution.
Pour le savoir les symptômes relevés par le neurologue sont très importants. S'il s'agit d'une compression centro médullaire vous allez ressentir des difficultés à la sensation de la douleur, du froid et du chaud. Ceci survient à l'instar du syndrome syringomyélique (voir syringomyelic dans l'encyclopédie Vulgaris). Il survient ce qu'on appelle une dissociation thermoalgesique qui s'accompagne d'un trouble des réflexes et d'un problème moteur à type de déficit des mouvements.
Quand il s'agit d'une compression latérale ceci entraîne le syndrome de BrownSéquard c'est-à-dire qu'il y a des troubles sensitifs profonds également des perturbations de la sensation de la température et de la douleur. Si vous avez par exemple une hernie discale molle.

Si vous avez une compression postérieure c'est un syndrome ataxique qui peut survenir, lire le texte ataxie dans vulgaris.
Si vous avez une compression antérieure se sont surtout des troubles moteurs qui surviennent au début avec une diminution des masses musculaires que l'on confond quelquefois avec une sclérose en plaques de type amyotrophique.
Si vous avez compression entre la première vertèbre cervicale et la quatrième vertèbre cervicale il faut vérifier si vous n'avez pas de troubles respiratoires et des douleurs au niveau du cou et en arrière du crâne (douleurs cervico-occipitales).
S'il s'agit d'une compression on de la moelle épinière située entre la cinquième vertèbre cervicale et la première vertèbre dorsale vous risquez de ressentir presque uniquement ce que l'on appelle des signes radiculaires au niveau des membres supérieurs c'est-à-dire une atteinte des membres supérieurs se traduisant par des fourmillements voir quelquefois des petits douleur ou des gènes pour effectuer certains mouvements entre autres à cause de l'irritation des racines nerveuses sortant à ce niveau-là des vertèbres cervicales.
L'atteinte de la partie de la moelle épinière située au niveau des vertèbres dorsales entraîne l'apparition de gènes bizarrement au niveau du côlon, des reins (les organes),de la vésicule biliaire, une fausse appendicite etc. Le neurologue dans ce terme met en évidence une perturbation des réflexes cutanés abdominaux et éventuellement une petite éventration localisée (lire les textes sur les réflexes dans l'encyclopédie médicale Vulgaris).
S'il s'agit d'une compression de la moelle lombo-sacrée c'est-à-dire des vertèbres situées entre la 12e vertèbre dorsale et la cinquième vertèbre lombaire ceci peut entraîner en plus de douleur ou une gêne irradiant dans la jambe, des troubles des appareils génitaux et des sphincters urinaires entre autres.

L'intérêt de l'I.R.M. est alors multiple. Il doit tout d'abord se pratiquer avec injection de gadolinium sinon il n'est pas intéressant ou insuffisant. Il ne permet d'obtenir des coupes dans les trois plans de l'espace c'est-à-dire sagittal axial frontal (lire ces textes dans vulgaris ) et de visualiser l'état des vertèbres, des ligaments, de l'espace compris entre les méninges et les visualiser également la moelle épinière et l'espace situé entre la moelle épinière et le restant des structures dont nous venons de parler. Il permet également éventuellement de mettre en évidence des métastases ou une Maladie De Recklinghausen (voir ce texte dans le portail santé Vulgaris).
il faut également éliminer un kyste syringomyélique (voir ce texte) secondaire à une lésion compressive qui est quelquefois soucieux.
Quand l'i n'est pas possible il faut réaliser une myélographie par voie lombaire couplée au scanner au niveau de la lésion. Si l'on constate un arrêt complet du produit de contraste qui précise le niveau supérieur de la compression il est nécessaire dans ce cas de compléter l'examen en procédant une ponction sousoccipitale (en dessous du crâne). Cette ponction s'effectue dans la grande citerne avec le risque d'aggravation du déficit neurologique. C'est la raison pour laquelle cet examen doit se faire que si uniquement il est nécessaire et en prenant toutes les précautions qui sont les suivantes : ponctionner avec une aiguille dont le diamètre est faible et ne retirer que peu de liquide.

La scintigraphie osseuse, le scanner en fenêtre osseuse, la biopsie ostéomédulaire, l'angiographie médullaire ne sont pas toujours nécessaires.

Les analyses de sang doivent comporter bien entendu la recherche d'une inflammation (voir ce terme dans l'encyclopédie médicale vulgaris). En effet, il peut s'agir d'une maladie uniquement concernant le tissu osseux. C'est la raison pour laquelle il faut également faire un bilan phosphocalcique et une électrophorèse des protéines sériques qui permettront d'orienter vers notre diagnostic.

Dans votre cas il est donc nécessaire d'éliminer des métastases vertébrales, des métastases épidurales, une lésion infectieuse de type spondylodiscite bactérienne, une épidurite infectieuse, plus rarement des maladies parasitaires (ecchinococcose) et bien entendu une hernie discale ce qui est le cas le plus fréquent. La myélopathie cervicarthrose est également possible. Ensuite il existe des causes beaucoup plus rares (maladie sanguine, tumeur osseuse, angiome vertebral, grand cyphoscoliose, hématome épidural, malformations des vertèbres cervicales, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Paget, vertèbre en sablier etc.), neurinome ou Schwannome, méningiome, kyste dermoïde, kyste neurentérique, kyste épidermoïde mais ceux-ci sont situés dans le cône terminal, lipomes, arachnoïdite, épendymome, hémangioblastome, angiome médullaire, cavernome (plus fréquent et dont j'ai parlé déjà dans le forum de neurologie la semaine passée).

Le traitement consiste bien entendu à décompresser le plus rapidement possible de façon à donner toutes les chances de récupération. Ensuite le traitement est directement dépendant de la cause (radiothérapie, embolisation quand il s'agit d'une malformation vasculaire, corticoïdes etc.)

En conclusion, s'il s'avère réellement qu'il s'agit d'une compression médullaire il y a urgence tout de même pour faire le diagnostic et pour traiter. Il ne faut pas confondre cette maladie avec d'autres maladies qui lui ressemblent (diagnostic différentiel) comme par exemple la sclérose en plaques, la sclérose combinée ou myélite, etc..

Dr Martzolff Richard médecin responsable de l'encyclopédie médicale Vulgaris

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