Portrait de Invité

Bonjour à vous tous,
Voilà, je suis en incapacité de travail depuis trois ans suite à une très grave dépression due au stress professionnel accumulé durant vingt ans de travail.
La maladie se manifeste par des douleurs intenses de céphalées qui me laisse sans force.
Je suis suivie par un neuropsychiatre depuis le début de la maladie et déjà hospitalisée par deux fois avec comme traitement des electros chocs. Je prends plusieurs médicaments tout au long de la journée qui sont : prozac, xanax, solian, edronax et temesta.
Suis-je inguérissable ? y a t-il d'autres personnes qui subissent le même handicap avec peu d'espoirs à 51 ans de reprendre un jour une vie professionnelle ?
Merci de vos témoignages.

Portrait de anonymous
J'aime 0

Bonjour Sylvie,
Je réponds à votre témoignage qui a trouvé un profond écho en moi.
C'est la première fois que je témoigne de mon histoire, je ne sais pas du tout si elle a un intérêt quelconque et vous apportera de l'aide, je me lance quand même.
J'ai vécu une dépression nerveuse profonde pendant 6 ans, dont je suis sortie en novembre dernier.
Pendant toute cette période, je me sentais totalement impuissante , sans espoir, et notamment j'avais une très grande peur de ne pas pouvoir reprendre le cours normal de ma vie. Mon attention, mon énergie, ma concentration et ma clarté d'esprit étaient très affectées et j'en étais très perturbée. J'étais obsédée par l'idée de redevenir "comme avant", positive, tonique, motivée, travailleuse, une vraie petite abeille !

Intuitivement, je sentais que mon équilibre interne était rompu, et que cela avait un lien avec mon cerveau et mes pensées. j'ai choisi d'arrêter les anti-dépresseurs, et de rééquilibrer mon organisme en vitamines, minéraux, etc. pour retrouver une énergie vitale suffisante qui soutienne les grands projets que j'avais : retrouver un travail, et reconstruire entièrement ma vie. Les bras m'en tombaient devant l'ampleur de la tâche.

Au bout de 15 jours j'ai déjà vu des différences, alors j'ai continué. Au bout d'un an, je me sentais nettement mieux. Parallèllement, je suivais une psychothérapie qui m'aidait à comprendre les raisons d'un tel effondrement.

Je viens de retrouver un travail à mi-temps dans un secteur hyper-bouché, et j'ai 53 ans.

Voilà brièvement ce que j'ai compris de la situation : l'effondrement a une grande valeur quand on accepte de s'effondrer (ce qui n'est pas le plus simple, je me suis beaucoup bagarrée avec moi-même), il permet de se reconstruire sur de nouvelles bases plus saines. il n'arrive pas par hasard, et cela demande d'être aidée psychologiquement pour y voir clair, car on ne peut pas ya arriver toute seule.
Les médicaments sont une phase nécessaire au début.

On en sort guérie et différente, car c'est une grande expérience de transformation. Je ne serais jamais la Mireille d'avant, et j'apprends à faire avec.

J'y ai gagné une couche supplémentaire d'humanité. Je comprends maintenant les personnes en dépression, les victimes de pervers, les gens trahis, les désepéré(e)s, les enfants maltraités, les parents dont l' enfant se suicide, les exclu(e)s, les incompris(es), les personnes trahies, celles qui perdent tout, le sentiment de l'absurde, la perte totale d'espoir, les victimes, etc...

Je ne sais pas encore ce que j'en ferai, mais j'en ferai quelque chose, c'est sûr. J'ai traversé l'enfer et je suis restée vivante, et j'ai continé à vouloir le bien, c'est bien là ma vraie victoire et personne ne peut me l'enlever.

Tout comme personne ne peut vous enlever l'espoir , Sylvie, si vous décidez de le cultiver. Personne ne peut vous enlever la force, si vous décidez de l'entretenir. Personne ne peut vous enlever le courage, si vous décidez de le maintenir. Ces forces qui sont déjà en vous et que les épreuves ont diminuées, vous seule pouvez faire le nécessaire pour les retrouver, en vous faisant aider.
Les choses ne se passeront peut-être pas comme vous le souhaiteriez, l'essentiel est peut-être d'apprendre à être tranquille avec ça, d'accepter.
je vous envoie mes pensées les plus soutenantes et les plus affectueuses.

Mireille C.

Portrait de francine-596
J'aime 0

Bonjour Sylvie Be, moi j`ai 56 ans. Ca fait 9 ans que je suis en dépression. J`étais infirmiere et je travaillais sur un poste de jour depuis 26 ans, dans un hopital pour personnes âgées. Le centre hospitalier a changé de vocation et je me suis retrouvée de nuit. Apres 6 mois j`ai craqué et je suis tombée en dépression majeure. J`ai eu plusieurs séries d`électrochocs. J`ai pris plusieurs sortes d`antidépresseurs. Je suis suivie depuis 9 ans par le même psychiâtre. Je suis toujours sous antidépresseurs.Ca va un peu mieux mais j`ai toujours des idées suicidaires [ pas toute la journée mais a tous les jours. ] Je trouve ca tres difficile a vivre mais , bon je dois vivre avec. Je ne vois pas d`issue. Remarque, ce n`est pas pareil pour tout le monde, heureusement

Portrait de francine-596
J'aime 0

Encore moi Sylvie. Je ne travaille plus depuis 9 ans et je recoit une rente d`invalidité jusqu`a 65 ans .Rien de tres réjouissant....Je commence a peine a aller prendre des petites marches avec mon mari. J`ai développé une phobie sociale qui fait que je sors tres peu. J`écris a l`ordinateur depuis 2 semaines environ. C`est un premier pas.

Participez au sujet "Dépression grave stress professionnel"