Portrait de Claraloft

Est-ce que quelqu'un peut m'indiquer si la présence de 3500 D-Dimères, depuis 3 mois, sans explication trouvée depuis, peut être due à un problème neurologique ou absolument pas ?

Mon mari a tout vérifié depuis 3 mois : Embolie, thrombose veineuse, pancréas et reins, prostate, endoscopie, gastroscopie et rien n'explique sont taux de D-Dimères qui augmente de 250 à 500/mois !

Entre-temps on lui a trouvé des nodules à la Thyroïde, mais les médecins sont formels pour dire que même s'ils étaient cancéreux (biopsie en cours) cela n'expliquerait pas la présence de D-Dimères.

Découverte aussi d'une apnée très forte (60/H) avec 1/2 obstructive et 1/2 centrale du cerveau. Je suis étonnée que l'apnée centrale, qui semble rare, n'inquiète pas le pneumologue qui n'oriente pas mon mari vers un neurologue.

Pouvez-vous nous aider pour trouver une piste, avez vous vécu le même cas ?

Portrait de Dr Martzolff Richard
J'aime 0

Des D dimères ont un taux inférieur à 0,5 µg par millilitre c'est-à-dire 500 µg par litre si on utilise la méthode Elisa. Ceci exclut quasiment le diagnostic de thrombose veineuse profonde et où celui d'embolies pulmonaires (voir ces termes dans l'encyclopédie médicale Vulgaris).
En ce qui concerne une éventuelle coagulation intravasculaire disséminée, le taux de D. dimères plasmatique ont souvent un taux supérieur à 50 µg par millilitre par la méthode elisa (le seuil de positivité est supérieur à 0,5 µg par millilitre ou 500 µg par litre).

Au cours de l'embolie pulmonaire le dosage des Ddimères plasmatiques montre que la concentration de ces produits de dégradation de la fibrine est augmentée en cas de fibrinolyse mais aussi dans les affections infectieuses. Les affections inflammatoires et les affections tumorales peuvent également entraîner une augmentation des D dimères.

Par conséquent ce dosage ne peut pas être utilisé pour porter le diagnostic d'embolies pulmonaires. Néanmoins il est utile pour exclure ce diagnostic si la concentration des des dimères est inférieure à celle donnée, variable avec la technique utilisée.
On considère qu'un taux inférieur à 0,5 µg par millilitre soit 500 µg par litre, par la méthode Elisa toujours, permet d'exclure une embolie pulmonaire avec une valeur prédictive de 95 % une spécificité de 40 % alors qu'un taux supérieur à 0,5 µg par millilitre soient 500 µg par litre de ment des examens complémentaires avant de pouvoir exclure ce diagnostic.
Il est important de savoir que chez des individus âgés ainsi que les individus hospitalisés l'utilisation des Ddimères n'est pas trés utile car moins bonne spécifité.
Toujours pour l'embolie pulmonaire il est préférable d'effectuer un dosage des Lacticodéshydrogénase et l'on remarque un taux plasmatique de la troponine T est élevé et l'on constate également une hyperleucocytose.

De façon générale il faut savoir que le dosage des D dimères n'est pas spécifique n'a aucune utilité chez les patients hospitalisés. D'autre part les D. dimères sont élevées en cas d'infarctus du myocarde, d'affections généralisées ou d'affections localisées, dans un grand nombre, quasiment toutes les maladies systémiques.

Pour revenir à une éventuelle embolie pulmonaire il semble nécessaire d'effectuer soit de scintigraphie pulmonaire, soit un angio scanner pulmonaire et si le diagnostic n'est pas encore posé avec certitude une angiographie pulmonaire.

En ce qui concerne la dyspnée il faut tout d'abord éliminer le délai écoulé depuis l'apparition des symptômes. Donc vous devez classer votre mari dans une des trois catégories qui suivent pour mieux comprendre.

1 Les patients qui avant étaient bien portants et qui développent un essoufflement aigu c'est-à-dire sur quelques heures ou quelques jours peuvent avoir une atteinte aiguë des voies aériennes comme par exemple une crise d'asthme. Il peut s'agir également du parenchyme pulmonaire c'est-à-dire des alvéoles avec atteinte à type de œdème aigu du poumon ou infection aiguë comme une pneumonie bactérienne. Il peut s'agir également d'une atteinte de la plèvre avec pneumothorax ou encore d'une atteinte de la vascularisation pulmonaire à type d'embolies pulmonaires dont nous avons parlé.

2 Ensuite s'il s'agit d'une présentation subaiguë c'est-à-dire une pathologie qui s'étale sur plusieurs jours ou plusieurs semaines il faut évoquer une maladie préexistante des voies aériennes comme de l'asthme ou de bronchite chronique. Il peut s'agir également du natal parenchymateux infectieux ou inflammatoire qui évolue de façon relativement lente le plus souvent les affections sont dues à Pneumocystis carinii chez le patient atteint de sida par exemple la pneumonie tuberculeuse ou la pneumonie à champignon ainsi que la maladie granulomateuse de Wegener, la pneumonie à éosinophiles, la bronchiolite oblitérante avec pneumonie . Enfin une pathologie neuromusculaire comme par exemple un syndrome de Guillain-Barré, myasthénie et une pathologie pleurale avec épanchement pleural ou une pathologie cardiaque de type insuffisances cardiaque peuvent expliquer un essoufflement de plusieurs semaines.

3 Enfin, troisièmement, un essoufflement qui dure depuis plusieurs mois ou plusieurs années indiquent le plus souvent une bronchopneumopathie chronique obstructive, une pathologie interstitielle chronique, une pathologie cardiaque chronique dont les caractéristiques principales sont des épisodes de rémission et des épisodes d'aggravation.

Comme vous le comprendrez il est donc nécessaire de classer votre mari parmi ces trois types d'évolution pour mieux comprendre le problème.

De manière générale, pour répondre à votre question, l'élévation des D. dimères se rencontrent très fréquemment et n'a pas un intérêt étiologique (pour déterminer un diagnostic).

En ce qui concerne le problème neurologique, une élévation de DD de nature neurologique n'est pas très probable. Bien entendu on peut imaginer un problème de coagulation sanguine au niveau des centres neurologiques perturbant ainsi la respiration normale et expliquant l'éventuelle élévation des DD. Mais le plus souvent il s'agit d'une infection latente qui peut d'ailleurs également concerner le système nerveux central.

Pour expliquer une éventuelle apnée centrale en peut, en effet éventuellement orienter le diagnostic en demandant une I.R.M. avec injection de gadolinium en T et T2 pour éventuellement mettre en évidence des modifications au niveau médullaire, du pont, et du mésencéphale.

Voir tous ces termes dans l'encyclopédie médicale Vulgaris

Dr Martzolff Richard médecin responsable de l'encyclopédie médicale Vulgaris

Portrait de Claraloft
J'aime 0

Merci beaucoup, je suis épatée par la qualité et la rapidité de votre réponse. Vive internet et les forums de qualité.

Pour revenir à mon mari, je le classe dans le type 3 de l'apnée, car, ça fait des années que je lui dit qu'il en fait (je ne pensais pas autant), le bilan a confirmé cela.

Il est coronnarien et s'essouffle anormalement pour un rien depuis longtemps, mais il est suivit par des pneumologues qui ne sont pas inquiets et d'autre part il ne fait pratiquement aucun exercice (ni marche, ni travaux, aucun sport). Est-ce la cause ou la conséquence ?

Je retiens l'idée d'une maladie systémique à trouver car les médecins disent quand même qu'il faut trouver l'origine des D-Dimères.

Je constate par ailleurs une modification de son caractère qui ferait penser à la depression, une aggressivité, une violence verbale aggravée et des lenteurs dans la reflexion et la compréhension.
Ca serait un soulagement de mettre un nom sur tout ça !

Encore merci pour votre aide

Participez au sujet "D-Dimères et problème neurologique ?"