Spondylarthrite ankylosante : Symptômes

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Symptômes 

Les symptômes qui caractérisent spécifiquement la spondylarthrite ankylosante apparaissent généralement vers la fin de l'adolescence ou bien au début de l'âge adulte (ils ne se retrouvent pas toujours chez les patients atteints tardivement par la spondylarthrite ankylosante) :

  • Douleur initiale sourde, insidieuse au début, et ressentie comme profonde dans la région lombaire et dans les fesses.
  • Raideur matinale dans la région lombaire susceptible de durer plusieurs heures et qui ne s'améliore qu'avec le début de l'activité. Quand l'individu atteint de spondylarthrite ankylosante reste inactif quelque temps, les douleurs réapparaissent. Après quelques mois, les douleurs finissent par devenir persistantes. Au cours de l'évolution elles se situent des deux côtés et obligent le patient à se lever pendant la nuit et à bouger.
  • Douleurs quand le médecin palpe les os pendant l'examen du malade. Elle se situe sur le rachis, les articulations entre les côtes et le sternum (costosternales), les apophyses épineuses c'est-à-dire les pointes que l'on voit saillir (ressortir) sous la peau au niveau des vertèbres, les crêtes iliaques c'est-à-dire les extrémités droites et gauches du bassin au-dessus des hanches, les grands trochanters c'est-à-dire des deux côtés des cuisses sur les bords externes du bassin, au niveau du tibia et des talons.
  • Inflammation des articulations, des épaules et des hanches proprement dites chez 30 % des patients.
  • Douleurs des cervicales accompagnées d'une raideur indiquant l'atteinte de ce segment vertébral.
  • Fatigue.
  • Anorexie (perte de l'appétit).
  • Fièvre parfois.
  • Perte de poids.
  • Sueurs nocturnes.
  • Uvéite (précédent parfois la spondylarthrite) : inflammation de la tunique des vaisseaux de l'œil, située entre la sclérotique (blanc de l'œil) et la rétine. L'uvéite se traduit par des douleurs et une photophobie (crainte pathologique de la lumière). Ces épisodes d'uvéite tendent à récidiver et accentuent le tableau douloureux.
  • Doigts et orteils " en saucisse ".
  • Enthésopathies (douleurs aux points d'insertion des tendons et des ligaments sur les os), entraînant des talalgies (douleur des talons) entre autres.
  • Plus rarement, insuffisance aortique pouvant parfois entraîner une insuffisance cardiaque, c'est-à-dire un mauvais fonctionnement de la pompe cardiaque.
  • Inflammation du côlon et de l'iléon (troisième partie de l'intestin, s'abouchant au cæcum. Le cæcum est le segment initial du gros intestin, formant un cylindre creux fermé à sa partie inférieure, prolongé à sa partie supérieure par le côlon, et communiquant par sa face interne avec l'intestin grêle au niveau de la valvule de Bauhin). Toutefois cette pathologie ne se traduit pas par des symptômes.
  • Perte de mobilité du rachis se traduisant par une limitation de la flexion antérieure (se pencher en avant). Quand le patient essaie de se pencher sur les côtés (latéralement) ou bien de se pencher en arrière (extension du rachis lombaire), ceci lui est impossible. Cette limitation des mouvements s'accompagne d'autre part d'une ankylose musculaire traduisant les contractures secondaires à la douleur et à l'inflammation. Cette douleur peut être déclenchée par la palpation directement sur le malade, soit indirectement par des manœuvres mettant en tension ces articulations. A la palpation, il existe également un durcissement des muscles situés de chaque côté de la colonne vertébrale (paravertébraux).

Il existe un test appelé le test de Schober qui mesure la flexion antérieure (se pencher en avant) de la portion de la colonne vertébrale située au niveau des vertèbres lombaires (région habituellement appelée : les reins. Les reins en tant qu'organe de filtration, à proprement parler, quant à eux, sont rarement touchés par la spondylarthrite ankylosante. Quand c'est le cas, cela peut entraîner une insuffisance rénale chronique). Pour effectuer le test de Schober, on demande au patient de se tenir debout les talons joints. On effectue ensuite des marques sur le dos de l'individu à 5 cm et à 10 cm au-dessus d'une zone que l'on appelle la jonction lombosacrée. Le médecin trace une ligne horizontale entre deux zones anatomiques osseuses appelées les épines iliaques postérosupérieures. Cette zone se situe à environ un plat de main au-dessus de la raie fessière au niveau du sacrum. On demande alors au patient de se pencher en avant au maximum. On mesure à ce moment-là la distance qui sépare les deux marques. La distance entre les deux marques augmente de 5 cm ou plus quand il y a une mobilité lombaire normale, et de moins de 4 cm dans le cas d'une diminution de la mobilité lombaire. On peut également mesurer ce que l'on appelle l'expansion thoracique c'est-à-dire la différence de volume quand le patient remplit sa cage thoracique et quand il la vide. Autrement dit, la différence entre une inspiration maximale et une expiration maximale forcées. Cet examen se fait après avoir individualisé le quatrième espace situé entre la quatrième et la cinquième côtes qui se situent généralement chez la femme en dessous des seins. Cette expansion thoracique doit normalement être de 5 cm, voire plus.
Parfois, limitation des mouvements ou douleur des hanches et des épaules.

La diminution de l'ampliation thoracique survient quelquefois chez les patients présentant une spondylarthrite ankylosante. Le terme ampliation, issu de ampliare : augmenter, en anglais ampliation désigne, d'après Littré, l'«augmentation de dimensions dans tous les sens de la cavité thoracique pendant l'inspiration, de l'abdomen pendant la grossesse ou par l'accumulation de liquide dans le péritoine».

Physiopathologie 

La spondylarthrite ankylosante est souvent associée avec les maladies suivantes :

  • Le psoriasis (dermatose squameuse, c'est-à-dire recouverte de petites écailles minuscules, dont l'évolution est chronique, et qui affecte principalement les articulations comme les genoux, les coudes et le cuir chevelu).
  • Le syndrome de Reiter (appelé également Fiessinger-Leroy-Reiter ou encore syndrome de Noël). Il s'agit d'une affection qui débute par une atteinte des intestins de manière fugace, avec des douleurs, une diarrhée. Elle est suivie au bout de deux ou trois semaines par une inflammation de l'urètre - qui est le conduit amenant l'urine de la vessie à l'extérieur. Cette maladie associe une conjonctivite (inflammation de la conjonctive) plus ou moins légère mais surtout une polyarthrite douloureuse accompagnée de fièvre, et une amyotrophie - c'est-à-dire l'apparition d'une fonte musculaire qui immobilise d'abord les grosses articulations comme les genoux. Quelquefois il s'associe à la maladie de Fiessinger-Leroy-Reiter des problèmes cutanés que l'on appelle le syndrome de Vidal Jacquet. Après quelques poussées, la guérison survient au bout de trois à quatre mois. Le diagnostic est obtenu en analysant des prélèvements effectués au niveau des tissus conjonctifs mais également au niveau de l'urètre et de la peau. Les analyses révèlent des virus (appartenant au genre chlamydia) dont la contamination se fait par voie vénérienne. Ce micro-organisme surviendrait chez des malades porteurs de l'antigène HLA-B27 d'où l'association avec la spondylarthrite ankylosante qui peut d'ailleurs lui succéder.
  • L'entéropathie chronique (recto-colite hémorragique, maladie de Crohn, Whipple) : maladies touchant les intestins.
  • L'arthrite réactionnelle causée par une infection qui a lieu loin de l'articulation. Elle survient généralement quelques semaines après une infection du pharynx, de l'intestin ou encore du système génital ou urinaire. Suivant les capacités de défense immunologiques de l'individu, cette infection peut déclencher une inflammation articulaire plus ou moins importante. Une fois encore les porteurs de l'antigène d'histocompatibilité HLA B27 seraient prédisposés aux arthrites réactionnelles essentiellement après une infection survenant dans l'intestin ou dans les urines. Il est possible d'identifier le germe en cause grâce à une analyse de laboratoire.
  • La spondylarthropathie à début juvénile, maladie des articulations débutant chez un enfant.
  • La spondylarthropathies indifférenciées dont la définition n'est pas très claire, et qui semble rejoindre les autres pathologies articulaires que nous venons de citer, en particulier celles de Fiessinger-Leroy-Reiter.

La pathogénie de cette maladie (c'est-à-dire en quelque sorte son mécanisme, mais également son mode de survenue) n'est pas connue et pour l'instant très mal comprise. On pense qu'il s'agit d'un problème immunologique, car on a retrouvé dans le sang des malades atteints par cette maladie un taux élevé d'immunoglobulines de type IgA. Cette maladie est étroitement liée avec la présence du gène d'histocompatibilité HLA B 27 qui oriente sa pathogénie vers un processus immunitaire. D'autre part, le fait que l'on trouve en même temps des symptômes à la fois au niveau des articulations et du tube digestif suggère qu'il existe peut-être une bactérie susceptible de jouer un rôle. En attendant, il a été prouvé qu'il existe une relation immunitaire entre l'antigène d'histocompatibilité HLA B27 et certaines bactéries présentes dans la maladie des intestins que l'on retrouve souvent associée à la spondylarthrite ankylosante. Néanmoins, il n'existe pas de preuve directe de cette relation entre les 2 atteintes. Enfin, il a été effectué des expériences chez des rats possédant l'antigène d'histocompatibilité B. 27 qui ont développé spontanément une maladie exactement similaire à la spondylarthrite ankylosante.

Diagnostic différentiel 

Il nécessaire de ne pas confondre la spondylarthrite ankylosante avec les affections rhumatologiques suivantes :

  • La pathologie la plus fréquemment confondue avec la spondylarthrite ankylosante est la fibromyalgie. En effet, au cours de cette dernière, la fibromyalgie, on constate de nombreux symptômes communs. Par exemple les douleurs axiales c'est-à-dire concernant la colonne vertébrale et plus précisément celles du rachis cervical (le cou) qui irradient dans l'épaule et dont le dos, la fatigue, et l'ankylose entre autres. Néanmoins au cours de la fibromyalgie il n'existe pas de syndrome inflammatoire (élévation de la vitesse de sédimentation et de la protéine C réactive entre autres). C'est la raison pour laquelle les examens de laboratoire sont quelquefois les seuls éléments capables de faire la différence entre ces deux affections. Éventuellement l'I.R.M. de l'articulation sacroiliaque montre, au cours de la spondylarthrite ankylosante, des lésions de type érosion qui signent le diagnostic le plus souvent.
  • La polyarthrite rhumatoïde, au cours de laquelle l'atteinte de la colonne vertébrale, quand elle est présente, ne concerne uniquement que le rachis cervical c'est-à-dire le cou. Au cours de la polyarthrite rhumatoïde, également, des articulations entre le sacrum et l'ilium ne sont pas concernées. Les petites articulations des mains et des pieds non plus ou rarement. Enfin, on ne trouve pas de nodules sous-cutanés au cours de la spondylarthrite ankylosante.
  • L'hyperostose vertébrale ankylosante est très proche de la spondylarthrite ankylosante mais les articulations du bassin sont rarement concernées et il l'existe pas de relations avec l'antigène HLAB 27.
  • La hernie discale peut éventuellement être confondue avec la spondylarthrite ankylosante. Néanmoins, au cours de cette affection, on ne constate pas de symptômes généraux et la vitesse sédimentation est normale.
  • L'ostéite condensante des ilions qui correspond à la sclérose c'est-à-dire à la perte d'élasticité des berges de l'os iliaque et au cours de laquelle il n'y a pas d'érosions osseuses s'observe essentiellement dans le sexe féminin.
  • La lombalgie post-traumatique et la maladie de Still-Chauffard est parfois confondue avec la spondylarthrite ankylosante.
  • La spondylite tuberculeuse est difficilement confondue avec la spondylarthrite dans la mesure où au cours de cette maladie rhumatismale de nature infectieuse on ne constate l'atteinte que d'une articulation sacroiliaque.
  • Les autres rhumatismes concernant la colonne vertébrale peuvent éventuellement être confondues avec le spondylarthrite ankylosante. Il peut s'agir du rhumatisme psoriasique, du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, des arthrites des entéropathies, de la polyarthrite chronique juvénile et du syndrome de Behçet.

Forum : discussions concernant "Spondylarthrite ankylosante"

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4 commentaires pour "Spondylarthrite ankylosante"

Portrait de Chrisco
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Bonjour à tous,
Je souffre de la Spondylartrhite Ankylosante également, je tiens un blog avec lequel j'écris mon quotidien avec cette maladie, j'ai des douleurs cervicales, une protrusion,, un contact médullaire, une opération est envisagée prochainement.
voici le lien si vous désirez me suivre:
http://sponylarthrite-ankylosante-au-jour-le-jour.over-blog.com/
Courage à tous

Portrait de spond
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Blog inexistant a la place j' ai un message Virus

Portrait de domtak
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Bonjour, je suis algérien , j'ai 23ans , et je souffre d'une SPA depuis 5ans, le diagnostic n'est était fait que depuis 2ans, je ne peut pas vous raconter mes souffrances , et surtout avec les études médicales , je voulais dire à tout les vrais héros qui souffrent de cette maladie: courage,courage,courage!!!

Portrait de damane
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Bonjour, je suis algerien et je souffre de SPA. La prise en charge medical en algerie est catastrophique. Les medecins, specialistes et professeur salgeriens sont souvent des voyous sans aucun interet dans la medecine.Ils courent derrriere l'argent et le prestige.

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