Sommeil

Définition 

Le sommeil a longtemps été considéré comme un arrêt de l'activité physique et mentale. Les expérimentations effectuées ces dernières années ont montré que le dormeur conserve un certain contact avec son environnement, c'est-à-dire que des stimuli plus ou moins forts (comme des bruits) le réveillent pendant son sommeil.

Généralités 

Même si certains progrès ont été effectués sur la compréhension du sommeil, il n'en reste pas moins que celui-ci prend une place parfois magique dans l'esprit de l'homme.
On sait aujourd'hui que le sommeil est constitué de différentes phases.
Il semble y avoir une influence génétique sur la durée nécessaire de sommeil, qui varie d'un individu à l'autre. En moyenne, un adulte a besoin d'environ 7 heures et demie de sommeil par 24 h. Il n'existe pour ainsi dire personne dont le besoin de sommeil descend en dessous de la barre des trois heures.
Inversement, les personnes ayant besoin de 12 ou 14 heures de sommeil par nuit pour être en forme pendant toute la journée, sans somnolence ni besoin de sommeil intempestif, sont beaucoup plus nombreuses.

Une nuit de sommeil normal comprend deux phases (sommeil lent et sommeil paradoxal), d'une durée globale d'environ 110 minutes, qui se répètent en général 4 ou 5 fois au cours de la nuit.

Tout commence par le sommeil lent.
Au cours de la première demi-heure, voire des quarante-cinq minutes qui suivent l'endormissement, on distingue quatre stades de sommeil plus ou moins profond. L'enregistrement électroencéphalographique montre à ce moment-là des ondes apparaissant avec une fréquence plus basse que pendant l'état de veille, mais avec une amplitude plus élevée. Autrement dit, ces ondes sont de moins en moins fréquentes mais plus grandes. Pendant cette phase, ce que l'on appelle les signes vitaux, c'est-à-dire la température du corps, la fréquence de la respiration, le pouls, la pression artérielle, s'abaissent.
Cette phase de sommeil lent est elle-même constituée de quatre stades dont voici les caractéristiques.
Ils sont de profondeur croissante et d'une durée totale d'environ 90 minutes. L'endormissement (stade 1) correspond à une période très courte, au cours de laquelle peuvent se produire des hallucinations. Il est suivi du stade 2, puis des stades 3 et 4, qui constituent le sommeil lent profond :

  • Stade 1 les yeux sont fermés et la détente commence. Le dormeur ressent une impression de flotter : on appelle cela l'état hypnagogique. A ce moment-là, les signes sont normaux. L'électroencéphalogramme montre des ondes appelées alpha. Ces ondes sont peu à peu remplacées par des ondes appelées thêta. Si une stimulation survenait à cet instant, l'éveil serait immédiat.
  • Stade 2  l'électroencéphalogramme devient irrégulier, l'amplitude des ondes enregistrées à ce moment-là est élevée, allant de 12 à 14 Hz. Le réveil commence à devenir plus difficile.
  • Stade 3 le sommeil s'approfondit sérieusement, et une nouvelle série d'ondes apparaît : ce sont les ondes delta. Les signes vitaux commencent à s'abaisser et les muscles volontaires sont décontractés. A ce stade, qui intervient vingt minutes environ après le début du stade 1, les rêves sont fréquents.
  • Stade 4 le tracé électroencéphalographique montre des ondes delta dont la fréquence est située entre 1 et 4 Hz (c'est pour cette raison que l'on parle de sommeil lent). À cet instant, les signes vitaux atteignent leur niveau le plus bas, et la motilité du tube digestif augmente beaucoup. Les muscles volontaires (squelettiques) sont décontractés, mais le dormeur normal peut changer de position toutes les 20 minutes environ. Le réveil devient particulièrement difficile, l'énurésie (c'est-à-dire l'émission d'urine) et le somnambulisme apparaissent pendant cette phase.

Environ 90 minutes après l'endormissement, survient le sommeil paradoxal. Brutalement, l'électroencéphalogramme enregistre une modification des ondes qui deviennent très irrégulières jusqu'à l'apparition d'ondes alpha caractéristiques du stade numéro un et qui annoncent l'arrivée du sommeil paradoxal. À ce moment-là intervient une augmentation de la température du corps, le cœur se met à battre plus rapidement, la respiration augmente de fréquence, la pression artérielle s'amplifie et la motilité de l'estomac et des intestins diminue. Les ondes enregistrées à ce moment-là ressemblent à celle de l'état de veille, c'est ce qui a donné à ce sommeil le nom de sommeil paradoxal. Il faut signaler d'autre part que le cerveau consomme une grande quantité d'oxygène, sans doute plus importante que lorsque l'individu ne dort pas.

Le sommeil paradoxal a également été appelé sommeil MOR (mouvements oculaires rapides). En effet, les yeux se déplacent rapidement sous les paupières. Les muscles sont paralysés et les mouvements que nous effectuons dans les rêves remplacent ceux que nous ne pouvons pas faire pendant le sommeil paradoxal. C'est donc pendant cette phase de sommeil paradoxal que les rêves surgissent, et pour certains chercheurs, les mouvements des yeux seraient en relation directe avec le rêve lui-même. Les expériences ont montré que les cauchemars et les terreurs nocturnes surviennent pendant les stades 3 et 4 du sommeil lent. L'érection est observée également pendant le sommeil paradoxal. Enfin, le souvenir des rêves semble meilleur si le réveil a lieu pendant le sommeil paradoxal.

Chaque cycle de sommeil s'accompagne de la libération de différentes hormones dans le sang : l'hormone de croissance est surtout libérée pendant le sommeil lent profond des premiers cycles. la sécrétion de rénine augmente pendant le sommeil lent et diminue pendant le sommeil paradoxal.

Il est sans doute inutile de préciser que le besoin de sommeil est plus important chez l'enfant et l'adolescent que chez l'adulte. Chez la personne âgée, le sommeil tend à se morceler; des périodes de sommeil diurne apparaissent souvent à cet âge de la vie, avant ou après le déjeuner et vers 16 h.
Il existe au centre du cerveau une zone, appelée " noyaux suprachiasmatiques ", qui se trouve dans l'hypothalamus. Il s'agit d'une horloge à l'origine des rythmes du sommeil.
D'autre part, un deuxième mécanisme régule le sommeil de la façon suivante : plus la veille est longue, plus le sommeil qui suit est long et profond.

Pour obtenir les différents enregistrements que nous venons de voir chez un dormeur, c'est-à-dire la traduction de l'activité de ses cellules nerveuses et de ses muscles, qui nous ont permis de déterminer les phases de son sommeil, on utilise un appareil muni d'un amplificateur, appelé polygraphe. Il est constitué d'électrodes fixées sur le cuir chevelu, le pourtour des globes oculaires et les muscles du menton.

Les conseils qui sont habituellement prodigués pour obtenir ou garder un sommeil correct sont très facilement imaginables.
Il est presque inutile de dire qu'une hygiène de vie saine est préférable pour bien dormir.
Ainsi, se lever et se coucher régulièrement à la même heure, quand cela est possible, s'abstenir de boire un excitant tel que le thé ou le café, semblent aller de soi. Le tabac doit également être proscrit.
Mais on n'insiste sans doute pas suffisamment sur l'intérêt d'avoir une activité sportive. Ainsi, une marche d'une heure par jour peut s'avérer suffisante pour permettre un sommeil réparateur.
Le degré hygrométrique d'une chambre constitue également un appoint non négligeable dont il faut tenir compte, en prenant soin de déposer un récipient contenant de l'eau à proximité (mais pas au dessus) des radiateurs surtout quand ceux-ci sont électriques (dans ce cas, le dessèchement de l'air est plus important). Signalons au passage que la température idéale qui doit régner dans une chambre à coucher est de 18 degrés C.

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