Radiothérapie : Évolution

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Complications de la maladie 

Les conséquences de la radiothérapie sont :

  • Au niveau de la bouche, les conséquences sont parfois sévères, surtout sur les dents qui sont les premières exposées aux effets néfastes des rayons. Elles nécessiteront parfois, quand elles sont en particulièrement mauvais état, des soins dentaires ou des extractions absolument nécessaires avant de débuter une irradiation. Certains conseillent aux patients la prise de fluor, qui s’avère souvent très efficace. La mâchoire quant à elle peut parfois subir les effets néfastes des rayons, en présentant par exemple une nécrose (c’est-à-dire une destruction d’une partie de celle-ci), avec risque de complications à type de fracture. Une inflammation des muqueuses de la bouche peut également survenir, pouvant avoir un retentissement sur l’alimentation ou l’élocution. Elle est généralement aggravée par l’utilisation concomitante de la chimiothérapie. Elle nécessite parfois l'utilisation d'une sonde alimentaire. Le patient est parfois obligé d’avoir recours à une alimentation parentérale (perfusions). Il n’est pas rare de trouver dans la cavité buccale une surinfection par des champignons, nécessitant le recours à des médicaments que l’on appelle antifongiques (contre les champignons) en gel buccal, en bains de bouche ou en comprimés. Il faut absolument proscrire les bains de bouche alcoolisés, qui sont agressifs, et préférer un mélange d’aspirine et d’eau oxygénée. Quand l’irradiation de la bouche est longue, il peut survenir ce que l’on appelle une hyposialie ou même une asialie, c’est-à-dire une perte partielle ou totale de la capacité de produire de la salive. Dans ce cas il faut avoir recours à la salive artificielle ou aux petits trucs, comme mâcher du chewing-gum.
  • Au niveau de la peau, les manifestations des irradiations sont fréquentes. Elles prennent bien entendu l’aspect de brûlures pouvant se prolonger quelques jours à quelques semaines après la fin du traitement. Elles nécessitent parfois une pause dans l’irradiation, sachant que le calendrier de radiothérapie doit être respecté pour être d’une efficacité optimale. On utilise habituellement des corps gras, comme la trolamine en pommade. On recommande le port de vêtements amples. Il est recommandé d’autre part d’éviter l’application de produits cosmétiques sur la zone à irradier, ou déjà irradiée. Au cours du sommeil, il faut effectuer un aménagement de la couche, pour éviter le frottement des draps sur les zones sensibles qui pourrait entraver le sommeil. L’utilisation d’un arceau métallique, par exemple, semble judicieuse. L’apparition de télangiectasies, qui sont de très fines dilatations des capillaires de la peau, est très fréquente. Elles sont généralement définitives, et peuvent bien entendu, poser des problèmes esthétiques. Elles nécessitent parfois le recours au laser pour atténuer leur pigmentation. Quant à la chute des poils, elle est souvent définitive et inévitable lorsque l’irradiation porte sur une zone pileuse.
  • Au niveau de l’appareil digestif et plus particulièrement au niveau de l’œsophage, les radio-lésions vont de la simple brûlure ressentie derrière le sternum jusqu’aux douleurs très importantes qui retentissent sur l’alimentation. Les tentatives endoscopiques, qui ont été effectuées pour visualiser ces lésions, montrent parfois leur sévérité, et révèlent un ulcère, nécessitant alors un traitement avec des médicaments antiacides, ou par les inhibiteurs de la pompe à protons. Il s’y associe parfois une mycose, c’est-à-dire la présence d’un champignon entraînant des douleurs importantes mais rapidement améliorées par l’utilisation d’un médicament antifongique (contre les champignons). La lésion la plus redoutée, est celle que l’on appelle la sténose œsophagienne plus ou moins importante, c’est-à-dire la fermeture du diamètre de l’œsophage. Celle-ci est responsable de dysphagie (difficultés pour avaler) qui peuvent faire croire aux patients, à une reprise de l’évolution de la tumeur. Ici aussi l’endoscopie est d’un précieux recours, elle permettra de poser le traitement de dilatation endoscopique, qui se réalise sous anesthésie générale (une hospitalisation de quelques jours est parfois nécessaire). La dilatation endoscopique, consiste à rouvrir le passage aux aliments, permettant ainsi une alimentation de meilleure qualité. L’estomac, quant à lui, est relativement résistant aux rayons, dans le cas contraire, la suspension momentanée des séances de radiothérapie associée à un traitement symptomatique, suffit généralement à cicatriser les lésions de radiothérapie. Au niveau de l’intestin grêle, qui est un organe extrêmement sensible à la radiothérapie, les risques d’adhérence sont importants. Les manifestations sont généralement des diarrhées, pouvant retentir sur le poids, et sur l’état général du patient. Pour les diarrhées qui ne cessent pas spontanément, il est parfois utile d’avoir recours à des médicaments appelés ralentisseurs du transit, comme le lopéramide (qui est une des molécules entrant dans la constitution de ces ralentisseurs). Certains médecins préconisent l’adjonction d’un régime sans résidus modéré, qui exclut les fibres, les légumes, les fruits, le pain. Pour certains, un régime plus strict, qui limite les aliments comme les biscottes, le riz, la semoule, les pâtes, le jambon maigre, le blanc de poulet et certains fromages, est utile. Ici aussi, il est parfois utile de suspendre provisoirement, ou même définitivement, les séances de radiothérapie. Dans les cas plus graves, quand il s’installe ce qu’on appelle une colite ischémique, c’est-à-dire une inflammation du côlon, avec diminution de la circulation à ce niveau, il peut être nécessaire d'avoir recours à des supplémentations en vitamines, et en micronutriments, parfois même à une alimentation par perfusions.
  • En ce qui concerne l’appareil urinaire, les lésions susceptibles de survenir sont des brûlures en urinant, et l’apparition de sang dans les urines (hématurie). Ces lésions nécessitent habituellement l’utilisation d’antibiotiques, et d’anti-inflammatoires. La surveillance du patient est nécessaire, par la répétition des analyses d’urines, et la surveillance des uretères, en utilisant l’échographie ou le scanner. La surveillance des reins est importante, car une maladie appelée hydronéphrose est susceptible de survenir, nécessitant parfois la mise en place de prothèses spéciales permettant l’évacuation de l’urine.
  • Au niveau de l’appareil génital, des inflammations du vagin associées à des difficultés sexuelles, peuvent avoir lieu, suite à un sténose (fermeture) de cet organe. C’est le cas par exemple, lors du cancer du col de l’utérus traité par radiothérapie. Il est conseillé à la patiente d’avoir une activité sexuelle maintenue, ou d’utiliser des dilatateurs vagineaux, afin de permettre un accès local suivi. En ce qui concerne les testicules et les ovaires, une stérilité est susceptible de survenir surtout quand les testicules ont été dans le champ d’irradiation. Ici aussi, l’adjonction d’une chimiothérapie ne peut qu’aggraver les lésions existantes.
  • Au niveau des poumons et du cœur, il faut insister sur le risque lié à l’association de l’alcool avec la maladie cardiaque. A long terme, le péricarde réagit à l’irradiation par un épanchement, c’est-à-dire la constitution d’un liquide qu’il est parfois nécessaire de drainer chirurgicalement.
  • Possible apparition de fractures sur des os fragilisés, comme ceux de la mâchoire et du col fémoral. Il existe également au niveau de la moelle osseuse un retentissement sur les globules rouges. La répétition des analyses de sang permet de contrôler et d’adapter les séances de radiothérapie.

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