Poumons de fermier : Symptômes

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Symptômes 

Les symptômes survenant au cours du poumon du fermier sont :

  • Ceux des alvéolites allergiques en général.
  • Ils varient d'un patient à l'autre et sont liés à la fréquence et à l'intensité de l'exposition à l'antigène en cause.

On distingue :

  • La forme aiguë débute quelques heures après l'exposition à l'antigène, elle s'accompagne de :
    • Dyspnée (difficulté à respirer).
    • Toux sèche (ne ramenant pas de glaires).
    • Hyperthermie (élévation de la température, fièvre).
    • Dans les formes aiguës du poumon allergique aux oiseaux et de la maladie des éleveurs d'oiseaux, la fièvre, la toux et la dyspnée apparaissent 4 à 8 heures après le contact avec l'antigène (déjections, plumes d'oiseaux).
  • La forme subaiguë apparaît souvent de manière insidieuse, après plusieurs semaines pendant lesquelles il y a eu une toux et une dyspnée. Cette forme peut évoluer vers une cyanose (coloration des tissus en gris-bleu indiquant la diminution de l'oxygénation de ces tissus), associée à une dyspnée plus sévère qu'au début, et qui nécessite quelquefois une hospitalisation en service de réanimation. Chez certains patients, la forme subaiguë s'installe au surtout quand l'exposition à l'antigène continue. L'évolution de la forme aiguë et de la forme subaiguë est bonne, c'est-à-dire que les signes disparaissent au bout de quelques jours, à condition que l'agent en cause ne soit pas à nouveau inhalé (respiré).
  • La forme chronique survient chez des patients dont l'exposition à l'antigène est continue. Il n'existe pas d'enquête permettant de déterminer avec précision la fréquence de ces formes chroniques. L'auscultation par le médecin, permet d'entendre des râles humides. Les signes ressemblant à ceux de l'asthme ne sont pas toujours audibles.

Physiopathologie 

Des antigènes (corps étrangers à l'organisme) de diverses origines, pénètrent dans les voies respiratoires et déclenchent une réaction antigène-anticorps. Il semble que ces antigènes doivent être inhalés pendant une longue période (plusieurs années) par des sujets déjà sensibilisés (prédisposés). Ceci aboutit à une inflammation de l'alvéole, puis on assiste à un envahissement de trois variétés de globules blancs, successivement :

A la suite de cette infiltration, s'opère une désorganisation des structures situées entre les alvéoles et les capillaires (micro-vaisseaux), ainsi qu'une perturbation des échanges gazeux.

Plus tardivement, le poumon n'est plus constitué que d'une masse de tissu fibreux avec des kystes (petites chambres remplies de liquide) : on parle alors d'aspect des poumons en rayons de miel. Les antigènes susceptibles d'entraîner une alvéolite allergique (autre que le poumon de fermier) sont :

  • Les plumes et les déjections desséchées d'oiseaux, qui occasionnent le poumon allergique aux oiseaux, et la maladie des éleveurs d'oiseaux.
  • Les allergènes provenant de la canne à sucre occasionnent la bagassose, qui est la maladie des ouvriers de l'industrie de la canne à sucre.
  • La poussière de liège est à l'origine de la subérose.
  • L'inhalation d'antigènes tels que les actinomyces, aspergillus, bacillus subtilis sont à l'origine de la maladie des climatiseurs (légionellose).
  • La poussière de bois exotique inhalée par certains menuisiers, ou ébénistes.
  • Les poils d'animaux.
  • Les poussières respirées par les fourreurs.
  • La poussière de café (ouvriers dans l'industrie du café).
  • Les extraits d'hormones issues de la glande hypophyse, et plus particulièrement de la partie arrière de cette glande, administrés par le nez chez les patients atteints de diabète insipide, qui est une maladie se caractérisant par une impossibilité des reins à concentrer les urines, entraînant une polyurie (émission d'une trop grande quantité de liquide dans les urines) accompagnée d'une soif intense. Ce type de diabète peut avoir plusieurs causes, mais toutes sont en relation directe avec un mauvais fonctionnement des reins, et l'absence d'une hormone, appelée antidiurétique, dont le rôle est d'empêcher une trop grande fuite de liquide dans la vessie.
  • Les détergents (enzyme du Bacillus subtilis).
  • La poussière de farine de poisson.
  • L'atmosphère des bains chauds (Cladosporium sp).
  • L'air sortant des climatiseurs, et des humidificateurs (fièvre des humidificateurs due à Aureobasidium pullulans).
  • Les maisons d'été japonaises (Tricosporon cutaneum).
  • Les spores des vesses-de-loup (champignons) vieillies (Lycoperdonose).
  • L'écorce d'érable (cryptostroma corticale) entraîne la maladie des bûcherons.
  • La fleur de blé infestée, entraîne une pneumopathie appelée poumon de meunier (Sitophilus granarius).
  • Actinomycète thermophile provoque la maladie des champignonnistes.
  • Le réactif de Paulis, peut entraîner une pneumopathie chez les laborantins.
  • L'écorce de séquoia (Aureobasidium, Graphium sp).
  • L'engrais contaminé (streptomyces albus).
  • L'herbe et les feuilles sèches (Sacchoromonospora vidridis) provoquent la maladie des chaumiers.
  • Le tabac moisi (Aspergillus sp) provoque la maladie des travailleurs du tabac.
  • Le raisin moisi (botrytis cinerea) provoque le poumon des vignerons.
  • Les copeaux de bois contaminés (Rhizopus sp, Mucor) entraînent la maladie des équarrisseurs de bois.
  • La poussière de bois en général (alternaria) provoque la maladie des ouvriers du bois.

Diagnostic différentiel 

Cette pathologie ne doit pas être confondue avec :

  • Une pneumopathie survenant à la suite d'une prise de médicaments.
  • La sarcoïdose (dans ce cas il existe des ganglions thoraciques ainsi qu'une atteinte de plusieurs viscères). Elle touche essentiellement l'adulte jeune, et atteint de nombreux organes, mais plus spécifiquement l'appareil respiratoire (poumons). Elle se caractérise par la présence dans l'organisme de granulomes épithélioïdes, qui sont des amas de cellules de type particulier. Ces cellules sont des cellules géantes, et des cellules épithélioïdes (macrophages qui se sont transformés), c'est-à-dire une variété de globules blancs destinés à l'absorption et à la digestion des corps étrangers entrant dans l'organisme (poussières, microbes). C'est souvent à la suite d'une radiographie des poumons faite pour d'autres raisons (médecine du travail, radio du thorax de surveillance) que la maladie est découverte.
  • La pneumonie à éosinophiles est souvent associée à un asthme, et se caractérise par une élévation des éosinophiles.
  • L'aspergillose broncho-pulmonaire allergique est quelquefois confondue avec cette pathologie en raison de la présence de précipitines contre Aspergillus fumigatus.
  • Le syndrome de mycotoxicose pulmonaire.

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