Postménopause et ostéoporose (stratégie thérapeutique) : Traitement

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Traitement 

La stratégie thérapeutique au cours de la posteménopause est la suivante.

1) En cas de fracture le traitement fait appel à un médicament : le biphosphonate. Pour certaines équipes spécialisées en rhumatologie et en endocrinologie ainsi qu'en médecine gérontologique il est nécessaire d'adjoindre au biphosphonate, de la calcitonine.

Les biphosphonates appelés également bisphosphonates ou diphosphonates sont des médicaments faisant partie des antiostéoclastiques c'est-à-dire des inhibiteurs de la résorption du tissu osseux. Pour les spécialistes les diphosphonates sont des analogues structuraux du pyrophosphate qui inhibent la résorption osseuse mais qui n'inhibent pas la minéralisation osseuse. Ce type de molécule (médicament) pénètre à l'intérieur des ostéoclastes qui sont les cellules qui détruisent la trame osseuse) et induisent leur mort (précisément l'apoptose) diminuant du même coup la résorption osseuse et la calcémie (taux de calcium dans le sang).

L'indication des diphosphonates est avant tout l'ostéoporose survenant après la ménopause et s'accompagnant de tassement vertébral.
L'hypercalcémie c'est-à-dire l'élévation du taux de calcium dans le sang surtout quand elle a une cause maligne est une autre indication des diphosphonates.
La maladie osseuse de Paget (lors des poussées) est également une indication des diphosphonates.

Les contre-indications majeures des diphosphonates sont (liste non exhaustive) :

  • La fragilisation du tissu osseux à type de fracture ou de fissures
  • L'orthopédie récente c'est-à-dire datant de moins de trois mois
  • La présence de zones d'ostéolyse (destruction du tissu osseux)
  • L'insuffisance rénale
  • La grossesse et l'allaitement

Les diphosphonates présentent quelques effets indésirables (liste non exhaustive) :

  • Troubles digestifs (nausées et diarrhées)
  • Exacerbation (exagération) de douleurs osseuses en cas de prises trop élevées
  • Risque de fracture spontanée due à la déminéralisation

Ce médicament ne doit pas être pris concomitamment avec les antiacides qui en diminuent la résorption (absorption par les intestins)
Le régime alimentaire doit comporter, d'autre part, suffisamment de calcium et de vitamine D.

Enfin, toujours lorsque une fracture est déjà survenue, il est nécessaire de prévenir la survenue d'autres chutes. Ceci est obtenu par des conseils de bon sens tel que (liste non exhaustive) :

  • Mise en place d'un éclairage suffisant dans les couloirs et les escaliers entre autres
  • Pose d'une rampe
  • Retrait des tapis favorisant les chutes
  • Activité physique suffisante avec par exemple un travail musculaire au lit quand il existe une immobilisation prolongée
  • Hydratation suffisante avec des eaux minérales contenant du calcium
  • Alimentation carnée de façon à favoriser l'apport protéique (collagène de la trame osseuse). Une corpulence trop mince n'est pas souhaitable. En effet l'index de masse corporelle doit être supérieur à 18,5.

2) Quand la patiente ne présente aucun antécédent de fracture il est tout d'abord nécessaire d'analyser les facteurs de risque et de connaître la densité du tissu osseux composant le squelette. Chez une patiente qui présente une ostéoporose particulièrement importante (à l'ostéodensitométrie) il est nécessaire d'envisager une prise en charge de la même manière que s'il y avait eu une ou plusieurs fractures.

3) Chez les patientes ayant, d'autre part, une ostéopénie il est le plus souvent conseillé un biphosphonate de façon à prévenir l'ostéoporose.

Certaines équipes médicales proposent également le raloxifène.

Le raloxifène est un modulateur sélectif de l'activation des récepteurs aux oestrogènes. La propriété principale du raloxifène est de prévenir la perte osseuse et les fractures vertébrales à une phase précoce de la ménopause. Ce médicament qui fait partie des modulateurs sélectifs des récepteurs des œstrogènes (SERM) possède d'autres capacités (réduction de l'incidence des cancers du sein sans théoriquement, sans augmenter le risque de cancer de l'endomètre a contrario des estrogènes et  réduction du cholestérol). Néanmoins le raloxifène accroît le risque de troubles de la circulation veineuse et la survenue d'embolie (caillot sanguin) veineuse. Ce médicament est contre-indiqué chez les femmes en âge de procréer et quand celles-ci présentent entre autres, des antécédents thrombo-emboliques.

L'ostéopénie se définit comme une densité osseuse située entre 1 et 2,5 déviations standards au-dessous de la norme.

La supplémentation (apport supplémentaire) en vitamine D doit se faire à raison de 400 unités internationales par jour.

L'utilisation éventuelle d'un corset orthopédique, de façon à maintenir en particulier la colonne vertébrale, n'est pas toujours indiquée. En effet, étant donné l'intérêt majeur de la mobilisation musculaire pour diminuer la résorption osseuse, le corset n'est pas toujours souhaitable. Néanmoins en cas de douleurs intolérables il est quelquefois incontournable.

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