Placenta : Symptômes

Physiologie 

Il n'existe pas de communication directe, entre la mère et le fœtus. Les échanges se font par l'intermédiaire des parois des vaisseaux, ainsi que celles des villosités. Il y a donc pas de mélange entre le sang de la mère, et le sang du fœtus. De cette façon, les échanges d'oxygène (apporté par la mère), de gaz carbonique (émis par le fœtus), et des nutriments (éléments de base constituant la nourriture), peuvent s'effectuer convenablement, à condition qu'il n'existe pas d'anomalies circulatoires au niveau du cordon.

Les differents types d'échanges sont :

  • Echanges endocriniens (hormonaux).
  • Echanges gazeux (absorption d'oxygène, et rejet de gaz carbonique, par le sang du fœtus).
  • Echanges de minéraux.
  • Echanges de vitamines.

Les différents types de passages sont :

  • De nutriments (éléments de base constituant la nourriture).
  • D'anticorps de la variété des immunoglobulines G.
  • De certains médicaments.
  • De certains toxiques (alcool drogue).
  • Des micro-organismes (et en particulier le virus de la rubéole).

Les différents types d'hormones sécrétées sont :

  • Dès le début de la grossesse, le trophoblaste (couche externe de l'œuf fécondé) sécrète l'hormone gonadotrophine chorionique (h. C. G.). Celle-ci, permet une bonne évolution de la grossesse. Le dosage de cette hormone dans le sang, met en évidence le diagnostic précoce de grossesse.
  • L'hormone chorionique somatotrophique, appelée également hormone placentaire lactogène, joue un rôle de premier plan, dans la nutrition du fœtus, et permettra la lactation future.
  • La troisième variété d'hormones sécrétées par le placenta, correspond aux oestrogènes, et à la progestérone qui, à partir du troisième mois, prennent le relais de l'ovaire.

Le foetus est protégé par :

  • Il commence à fabriquer ses anticorps, à partir du cinquième mois de grossesse. Ceci lui permet de se défendre. En effet, jusqu'à cette date, le placenta ne peut pas arrêter les virus. Le placenta joue en quelque sorte un rôle de filtre, vis-à-vis des bactéries, mais laisse passer certains anticorps provenant de la mère, et permet ainsi, une protection supplémentaire du fœtus contre certaines pathologies. Cette protection persiste chez l'enfant six mois après l'accouchement.
  • Le placenta s'érige également en barrière, contre le passage de certains médicaments. Malheureusement, d'autres molécules (parfois à l'origine de malformations fœtales), arrivent à forcer ce barrage, et à pénétrer dans le sang du fœtus.

Physiopathologie 

Les différentes pathologies du placenta sont :

  • Le placenta praevia, c'est quand l'insertion du placenta est trop basse, entre le fœtus et le col de l'utérus, et entraîne de ce fait, des saignements, interdisant un accouchement par voies naturelles, et impose donc une césarienne.
  • Le décollement du placenta pendant la grossesse (hématome rétroplacentaire), constitue une urgence en obstétrique, et nécessite une intervention par césarienne.
  • Le syndrome de Couvelaire, décrit en 1911, est un ensemble de symptômes, qui surviennent brutalement chez une femme enceinte au cours des derniers mois de la grossesse, ou durant le travail (dès les premières contractions de l'utérus jusqu'à l'accouchement). Ce syndrome, appelé également apoplexie utéro-placentaire, se caractérise par l'apparition d'un hématome (collection de sang), qui décolle le placenta de la paroi de l'utérus. Il se crée donc, un hématome rétroplacentaire qui est progressivement envahi par le sang. L'apoplexie est susceptible de s'étendre aux annexes, et quelquefois au foie et aux reins. Ceci s'accompagne d'une dysrégulation (mauvais fonctionnement) des mécanismes normaux (physiologiques) de coagulation sanguine (qui se mettent en place habituellement durant une grossesse normale), en matière d'hypercoagulabilité (excès de coagulation sanguine), ou d'hypocoagulabilité c'est-à-dire le contraire. Les symptômes de ce syndrome sont les suivants :
  • Apparition d'une douleur dans l'abdomen.
  • Métrorragies (saignements).
  • Albuminurie massive, c'est-à-dire présence d'albumine en quantité importante dans les urines.
  • Le pronostic de cette affection est particulièrement péjoratif pour le foetus, et également menaçant pour la mère, à cause des hémorragies, et des problèmes de coagulation liés à l'afibrinogénémie (absence de fibrinogène : élément indispensable à une bonne coagulation, et à une bonne fluidité du sang). Le pronostic est également réservé, en raison de la nécrose corticale des reins, c'est-à-dire de la destruction de la partie périphérique des reins.
  • L'amnio-Nodosum est une maladie décrite en 1897, par un chercheur allemand du nom de von Franque (amnion knotchen). Ce terme vient du grec amnion : amnios, en anglais amnion nodosum. Il s'agit d'une affection, rencontrée en obstétrique (spécialité médicale consacrée à la grossesse), se caractérisant par la présence d'une anomalie de la plaque choriale placentaire qui est recouverte de très nombreuses petites nodosités (petites grosseurs), et qui s'accompagne dans tous les cas d'oligo-amnios (insuffisance de la quantité de liquide amniotique), et généralement de malformations du foetus, essentiellement des reins. L'amnios, est la membrane délimitant la cavité contenant le liquide amniotique (cavité amniotique) de l'embryon. L'amnios tapisse la paroi interne du placenta et du chorion. De façon générale, le chorion est la couche profonde d'une muqueuse (couche de cellules en contact avec l'air, et recouvrant l'intérieur d'un organe creux), ou encore d'un tissu séreux (ensemble de cellules fabriquant un liquide), situé en dessous d'un épithélium (juxtaposition de cellules constituant habituellement un tissu dont le plus connu est la peau). Dans ce contexte le chorion, est constitué de fibres de collagène (variété de protéines), et de fibres élastiques associées à des vaisseaux et des nerfs, dont le but est d'assurer la nutrition de cet épithélium.
  • Le syndrome de Ballantyne-Runge est un ensemble de symptômes, découverts par le britannique John Ballantyne en 1902, et par Runge en 1962. Cette maladie appelée également syndrome de Clifford, syndrome de dysfonction placentaire, syndrome de postmaturité, apparaît durant les grossesses qui se prolongent, mais pas chez les mères diabétiques (présentant un excès de sucre dans le sang : hyperglycémie). Cette affection aboutit à la naissance d'un enfant, dont le poids est supérieur à la normale. On constate d'autre part, que le bébé présente une peau sèche, et un aspect hypotrophique (insuffisance de développement), associé quelquefois, à une atteinte de l'appareil respiratoire à type de pneumopathie. Il semble que le syndrome de Ballantyne-Runge, soit le résultat d'un dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) du placenta.
  • L'ectoplacenta (terme issu du grec ektos : en dehors du placenta, en anglais ectoplacenta) désigne le revêtement endothélial qui n'est pas complet, ainsi que des lacunes placentaires.
  • L'hémorragie de la délivrance (en anglais postpartum haemorrhage), correspond à une hémorragie dépassant 500 ml de sang, et provenant de la zone d'insertion du placenta à l'intérieur de l'utérus. L'hémorragie de la délivrance, survient dans les 24 heures qui suivent l'accouchement. Cette affection est le résultat, généralement, d'une rétention du placenta (une partie du placenta est restée fixée à l'intérieur de l'utérus), ou encore d'une inertie, c'est-à-dire d'une insuffisance de contraction de l'utérus qui devrait physiologiquement, c'est-à-dire normalement, permettre à cet organe de reprendre son volume habituel (ce que l'on appelle le globe de sécurité). Dans les deux cas, il est nécessaire de réviser l'utérus sous anesthésie. Pour ceci, le médecin cherche, et retire à la main, le fragment de placenta qui est resté à l'intérieur de l'utérus. Quand il s'agit d'une inertie utérine, si la révision de l'utérus n'est pas suffisante, il faut alors pratiquer à des injections d'ocytocique (hormone contenant de l'ocytocine) qui permettent en théorie, de rétablir la contractilité du muscle utérin, et d'arrêter l'hémorragie. Quand la tonicité du muscle de l'utérus ne peut pas être rétablie, il faut procéder à ce que l'on appelle une embolisation des artères utérines sous contrôle radiologique, c'est-à-dire en faisant une radiographie. Il est possible également, de pratiquer une ligature des artères hypogastriques en faisant une ouverture de la paroi de l'abdomen. Si, dans tous les cas, l'hémorragie est incontrôlable, il faut alors, au final, pratiquer une hystérectomie, c'est-à-dire une ablation de l'utérus qu'on appelle hystérectomie d'hémostase.
  • Le globe de sûreté, est une masse dure, de forme globuleuse, que l'on palpe et au niveau de l'abdomen. Il est constitué par le corps de l'utérus, qui est contracté et revenu sur lui-même, ceci après l'expulsion du placenta et des annexes. La femme qui vient d'accoucher est considéré à l'abri d'hémorragie susceptible de survenir au cours du post-partum (après l'accouchement), à cause de l'inertie de l'utérus, à condition que l'on ait constaté la présence de ce globe de sécurité (d'où son nom).
  • Le placenta anterieur lateral droit, ou gauche bifolié, est un placenta fragilisé, susceptible de poser quelques problèmes en matière de vascularisation, et pour les raisons anatomiques décrites précédemment, au cours de la grossesse. Ce placenta devra donc être suivi par l'équipe gynécologique et obstétricale, de façon à ce que la grossesse se déroule le mieux possible. Il fait quelquefois suite à des antécédents de décollement du placenta, ou apparaît spontanément.

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Portrait de Ines Hss
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