Pédopsychiatrie (généralités) : Symptômes

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Physiopathologie 

Principaux troubles mentaux rencontrés en pédopsychiatrie (liste non exhaustive) :

  • Les troubles de la latéralisation (choix de la main droite ou de la main gauche) qui sont difficiles à affirmer avant l’âge de 5 ou 6 ans, car ce phénomène nécessite une maturité suffisante du cervelet.
  • Le bégaiement, qui existe de façon physiologique normale aux alentours de 3 ans. Ce n'est que le développement du langage qui pourra déterminer si le bégaiement est pathologique ou pas. Une des techniques thérapeutiques qui apporte les meilleurs résultats en présence de bégaiement chez enfant est la relaxation adaptée à l'enfant.
  • La dysorthographie (trouble de l’acquisition et de la pratique de l’orthographe) et la dyslexie (difficulté à comprendre et reproduire l’écriture) sont le plus souvent associées et font généralement suite à un retard de parole et de langage.
  • Les troubles du sommeil peuvent être le témoin d'une perturbation relationnelle (dépression de la mère ou de l'enfant lui-même). Le traitement de ces troubles du sommeil ne doit pas avoir recours aux hypnotiques (médicaments pour dormir) pour plusieurs raisons, la première étant le risque de toxicomanie ultérieure à l'adolescence, la deuxième étant l’apnée du sommeil (arrêt respiratoire pendant le sommeil) qui renvoie à la question de la mort subite du nourrisson.
  • Le somnambulisme (accomplissement automatique de certains mouvements, notamment la marche, durant le sommeil) est caractéristique des troubles de l'entrée en phase de sommeil paradoxal, c'est-à-dire qu'il existe un éveil moteur (des organes du mouvement) sans éveil de la conscience.
  • L’anorexie (absence ou perte d’appétit) du nourrisson est le plus souvent bénigne et n'a rien à voir avec l’anorexie de l'adolescence.
  • Le mérycisme (rumination alimentaire) correspond le plus souvent à une carence affective (isolement) ou relationnelle chez les jeunes enfants
  • L’énurésie et l'encoprésie (impossibilité de retenir les urines et les selles), surtout la nuit, concernent davantage les garçons que les filles. Elles sont généralement peu graves et s’inscrivent le plus souvent dans un contexte socio-psycho-affectif perturbé avec un relationnel parental également perturbé.
  • L'instabilité psychomotrice se caractérise par des troubles de l'attention et de la concentration. Les anglo-Saxons utilisent généralement le terme d’enfants hyperkinétiques.
  • Les tics et la maladie de Gilles de la Tourette s'observent plus particulièrement chez le garçon
  • Le pica correspond à l’ingestion d'objets non comestibles et, comme le mérycisme, correspond le plus souvent à une carence affective (isolement) ou relationnelle chez les jeunes enfants
  • La dyscalculie (difficulté d’apprentissage du calcul) véritable est très rare. Elle ne doit pas être confondue avec les défauts d'organisation du raisonnement logique.
  • Les troubles du langage oral peuvent aller du simple retard de parole aux difficultés graves en passant par les retards de langage. Il est nécessaire de penser à faire passer à l’enfant un bilan complet de l'audition (audiogramme, potentiel évoqué auditif) , en tenant compte qu'il faut qu'il existe une hypoacousie (baisse de l'acuité auditive) des deux côtés de plus de 30 % pour que le développement du langage se trouvent altéré.
  • Le zézaiement et le chuintement sont le plus souvent bénins
  • Les troubles de la personnalité sont caractérisés par une perturbation par le biais de troubles psychoaffectifs. Ils comprennent les différents types de névrose : infantile, hystérie de conversion (lors de laquelle les troubles semblent organiques), phobique (peur irraisonnée de certains objets ou de certaines situations), obsessionnel (idée fixe entraînant une angoisse), angoisse (anxiété entraînant des troubles physiques)
  • Les psychoses aiguës (individualisées relativement récemment car longtemps « réservées» aux adultes) regroupent les épisodes psychotiques aigus chez des enfants présentant des délires hyperthermiques (dus à une élévation importante de la température) d'excellent pronostic à long terme, les psychoses traumatiques à l'occasion d'un événement individuel (accident de la circulation, tremblements de terre, guerre, catastrophe diverses), et les psychoses dues à la toxicomanie.
  • Les psychoses chroniques restent le chapitre le plus mystérieux de la psychopathologie infanto-juvénile. Il s'agit de l'autisme (repli sur soi associé à une perte de contact avec l’extérieur) infantile précoce (1 à 2 cas pour 2000 à 3000 naissances) touchant plus particulièrement le sexe masculin (3 à 4 garçons pour 1 fille) et débutant toujours avant 3 ans.
  • Les psychoses non autistiques dont le début est un peu plus tardif et qui concernent les deux sexes.
  • La psychose symbiotique, qui se déclenche vers 2 ou 3 ans à l'occasion des premières séparations (entrée à l’école maternelle par exemple) et dont les troubles peuvent s'exprimer de différentes manières (perturbation du sommeil, de l'alimentation, de l'élimination) pouvant aller jusqu'à des hallucinations.
  • La schizophrénie infanto-juvénile débute pendant ou après l’adolescence et correspondrait aux formes les plus précoces des psychoses schizophréniques ou dissociatives de la post- puberté. Le pronostic demeure relativement grave (inadaptation socioprofessionnelle, insertion précaire du sujet). Le traitement doit être proposé le plus rapidement possible.
  • Les dépressions qui touchent le bébé ont été traitées par Mélanie Klein, pour qui la dépression maternelle est la cause quasi certaine de ce type de dépression.
  • Les dépressions de l'adolescent dont les caractéristiques majeures sont le risque élevé de passage à l'acte suicidaire, la réversibilité après un traitement bien conduit, et l'installation de séquelles psychoaffectives à long terme surtout pour les dépressions du premier âge susceptibles de venir perturber en profondeur les bases psychologiques de l'enfant.
  • Le suicide concerne environ 700 filles et garçons de 4 à 24 ans chaque année en France. Entre 20 000 et 40 000 enfants font chaque année une tentative de suicide. La notion d'impulsivité propre à cet âge ainsi que la manipulation des idées de mort peuvent expliquer ce phénomène. Pour certains pédopsychiatres, le suicide et les tentatives de suicide seraient un signe de dépression sous-jacente. Pour d'autres, ils seraient le résultat de la non-réponse des proches aux appels de détresse ainsi que des perturbations relationnelles familiales ou sociales. La phrase « mourir pour changer de vie » résume l'ensemble
  • La toxicomanie et la délinquance constituent un problème psychosociologique de plus en plus fréquent.

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