Liquide céphalo-rachidien : Examen médical

Examen médical 

Le liquide céphalo-rachidien correspond au troisième milieu intérieur de l'organisme. Appartenant au système nerveux, il s'agit d'un liquide qui est sécrété puis résorbé (récupéré) de manière continue, c'est-à-dire sans interruption. Son renouvellement a lieu trois fois en 24 heures. Le liquide céphalo-rachidien provient, pour 80 %, du flux sanguin, et pour 20 %, du liquide cérébral, plus précisément du liquide interstitiel cérébral.

Etant donné la similitude de composition entre le liquide céphalo-rachidien, et le sang du malade, le premier ne peut être étudié séparément du second chez un même patient.

On vérifie tout d'abord la pression du liquide céphalo-rachidien, qui est de 6 à 18 cm d'eau chez un patient sain. Il est récupéré entre 10 et 15 millilitres de liquide céphalo-rachidien (par ponction lombaire), qui est normalement limpide, transparent et incolore. Le volume complet du liquide céphalo-rachidien varie de 100 à 150 ml, ce qui correspond à environ un 60ème du poids total de l'individu examiné.

On recherche tout d'abord, la présence de colorants que les spécialistes médicaux appellent des pigments, en utilisant un examen : le spectrophotomètre (examen spectrophotométrique à 450 nm). Au cours de cet examen le liquide céphalo-rachidien apparaît normal en cuve de 1 cm, et présente une légère absorption de la densité optique qui est inférieure à 0,025.

On procède ensuite une étude cytologique, c'est-à-dire des cellules contenues dans le liquide céphalo-rachidien. Ceci est obtenu grâce à l'examen de la cellule de Nageotte. Les cellules anormales, sont toujours recherchées après avoir concentré de liquide céphalo-rachidien, en pratiquant ce que les spécialistes en neurologie nomment, une sédimentation, ou centrifugation. La mise en évidence des cellules, se fait au microscope optique ou électronique. Habituellement, dans le liquide céphalo-rachidien, il est retrouvé moins de deux leucocytes (variété de globules blancs), par millimètre cube de liquide. La composition de ces globules blancs est la suivante :​

  • Monocytes : 16 %.
  • Lymphocytes : 17 %.
  • Grands lymphocytes : 63 %.
  • Cellules mal identifiées : 4 %.
  • Hématie (globules rouges) moins de 100 par millilitre.

L'électrophorèse du liquide céphalo-rachidien, est une technique, comparable à l'électrophorèse des protéines du sang. Son but est d'identifier les différentes protéines contenues dans le liquide céphalo-rachidien. Pour les spécialistes, il est nécessaire de concentrer sur l'ultrafiltre (de type Minicon), un volume de liquide céphalo-rachidien qui correspond environ à 400 mg de protéines, ce qui correspond à 1 ml de liquide céphalo-rachidien normal.

Le terme protéinorachie désigne les protéines contenues dans un liquide céphalo-rachidien anormal. L'électrophorèse du liquide céphalo-rachidien, se fait sur la cassette de cellulose en deux heures. Il est procédé à une coloration, ce qui permet d'évaluer la densitométrie, et le pourcentage.

On obtient ces fractions principales que sont :

  • Les préalbumine : 6.
  • Les albumines : 58,5.
  • Les alpha-1-globuline 4,5.
  • Les alpha-chiffre de-globuline : 4,5.
  • Les  béta-1-globuline : 10.
  • Les  béta-chiffre de-globuline : 6.
  • Les gammaglobulines : 9,5.

De plus en plus, en neurologie, il est pratiqué ce que l'on appelle l'électrofocalisation qui représente une exploration plus fine des protéines du liquide céphalo-rachidien. Cette technique est utilisée pour étudier plus précisément la zone gamma, correspondant aux gammaglobulines, en particulier l'aspect oligoclonal (du grec oligos  : peu). Il s'agit d'une technique, qui n'est pas utilisée de manière courante et qui, d'autre part, est relativement longue et coûteuse.

Dans certains cas, il est également pratiqué le dosage immuno-chimique spécifique. Il s'agit de méthodes qui utilisent soit une immuno-diffusion radiale, soit l'electro immunodiffusion qui est beaucoup plus sensible et plus rapide, voire plus économique.

La glycorachie est normalement de 0,60 g par litre ce qui correspond à 3,3 millimoles. Ces variations dépendent du taux de sucre dans le sang (glycémie). Habituellement la glycorachie est égale à 60 % de la glycémie.

L'hypoglycorachie est la diminution du taux de sucre dans le liquide céphalo-rachidien. Elle se définit par un chiffre inférieur à 0,40 g par litre.

Elle se rencontre au cours des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :

  • La méningite tuberculeuse.
  • Certaines méningites liées à une infection par une bactérie, telle qu'un méningocoque ou un pneumocoque.
  • Les mycoses (levure).
  • La sarcoïdose méningée qui est quelquefois confondue avec la méningite tuberculeuse.
  • Les tumeurs malignes.
  • L'excès de sécrétion, ou d'utilisation de l'insuline (hyperinsulinisme), qui aboutit à l'hypoglycémie organique.

L'hyperglycorachie, est presque toujours liée à une hyperglycémie (élévation du taux de sucre dans le sang). Les électrolytes sont dosés de la même manière que pour le sang, c'est-à-dire par photométrie de flamme, colorimétrie, complexométrie. C'est ainsi que l'on détermine le taux de chlore, dans le liquide céphalo-rachidien qui est de 125 millimoles par litre.

Consultation médecin 

L'examen du liquide céphalo-rachidien est possible, grâce à un prélèvement qui se pratique par ponction lombaire.

Analyses médicales 

  • Les globulines alpha 1 se situent entre eux 1 à 3 %.
  • Les globulines alpha 2 se situent entre deux à 5 %.
  • Les globulines béta se situent entre 10 à 15 %.
  • Les globulines gamma se situent entre 5 à 10 %.

La glycorachie : le liquide céphalo-rachidien, contient également du glucose. Le chiffre normal de la glycorachie, se situe entre 45 et 80 mg par décilitre, soit 0,45 à 0,80 g par litre. Ce chiffre varie en fonction de la glycémie (taux de sucre dans le sang). Il existe un rapport entre le taux de sucre contenu dans le sang, et celui contenu dans le liquide céphalo-rachidien. Ce rapport est de 0,6 environ. La glycorachie augmente au cours de certaines encéphalites et méningites liées à une infection virale, et au cours d'un coma diabétique. Elle diminue au cours des méningites s'accompagnant de pus, et des méningites à tuberculoses aiguës.

Il contient habituellement 120 à 130 millimolles de chlorure sous forme de chlorure de sodium.

Au cours de la méningite tuberculeuse les chlorures de sodium contenus dans le liquide céphalo-rachidien diminuent. Ce taux baisse également, mais plus tardivement, dans les méningites purulentes.

Le pH (acidité et basicité) du liquide céphalo-rachidien se situe entre 7,35 et 7,40.

Le liquide céphalo-rachidien contient normalement des cellules (lymphocytes, monocytes) qui proviennent (du réticulum situé en dessous) de l'arachnoïde. Certains parasites sont recherchés à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien :

Technique médicale 

L'analyse de l'immunité intrathécale (du liquide céphalo-rachidien) comporte trois étapes successives :

  • Le calcul des synthèses intrathécales.
  • L'étude des activités spécifiques des anticorps intrathécales.
  • L'étude des variations intrathécales du complément.

Pour comprendre ce que représente le calcul des synthèses intrathécales appelé également SIT, il est nécessaire de savoir que deux processus, soit de façon isolée, soit de façon associée, modifie la composition en protéines du liquide céphalo-rachidien. La composition protéique, du liquide céphalo-rachidien, est en relation directe avec ses défenses immunitaires. 

  • Le premier mécanisme porte le nom de transsudation. Il s'agit du passage des protéines en provenance du plasma sanguin (partie liquidienne du sang), à travers les parois des vaisseaux, que ce soit à des artères, ou des veines, et ceci en direction du système nerveux central, contenu dans la colonne vertébrale et le crâne : le névraxe.
  • Le deuxième mécanisme porte le nom de synthèse intrathécal. Il s'agit de la production qui se fait localement, c'est-à-dire à l'intérieur des enveloppes, autrement dit les méninges, des protéines. Ces dernières sont les immunoglobulines (anticorps), les composants du complément, et la fibronectine. Cette dernière (latin fibra : filament  et nectere : unir, en anglais fibronectin), est une glycoprotéine (sucre associé à une protéine), de poids moléculaire élevé dont il est décrit une forme présente à l'intérieur du plasma, et possédant la capacité de se comporter en opsonine non spécifique. L'autre forme se situe à la surface de nombreuses cellules, en particulier les plaquettes, mais aussi le tissu conjonctif et les parois composant les vaisseaux. Le rôle de la fibronectine est d'intervenir en adhérant les cellules entre elles. La cicatrisation fait intervenir la fibronectine. La coagulation et la stabilisation du caillot sanguin, au moment de la coagulation, la font également intervenir.

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