Intoxication par le plomb : Symptômes

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Symptômes 

Symptômes d'une intoxication par le plomb

  • irritabilité
  • léthargie (ralentissement de l'activité pouvant aller jusqu'au sommeil continu)
  • douleurs abdominales : coliques de plomb
  • anorexie (perte de l'appétit)
  • anémie
  • atteinte du système nerveux central à type d'ataxie (perte de coordination des mouvements), et de troubles de l'élocution.
  • dans les cas les plus graves, on constate parfois la survenue de convulsions, de coma et quelquefois la mort causée par l'insuffisance de fonctionnement de la filtration rénale et par la présence d'un oedème au cerveau.
     
  • Chez l'enfant, quand le taux de plomb dans le sang est supérieur à 4 micromoles par litre, on constate quelquefois :
    • une encéphalopathie saturnine :
      • maux de tête
      • ataxie (incoordination des mouvements sans atteinte de la force musculaire, due à une atteinte du système nerveux central)
      • confusion
      • toubles de la mémoire
      • convulsions
      • crises oculogyres (plafonnement des yeux)
      • retard mental
      • retard de développement cognitif (développement intellectuel)
      • troubles du comportement
      • troubles de l'équilibre
      • surdité
      • aphasie : perte partielle ou totale de la faculté de s'exprimer et de comprendre le langage, qu'il soit parlé ou écrit. L'aphasie est également le décalage entre l'idée que le malade veut exprimer, et celle qu'il exprime vraiment.
         
    • un syndrome de Fanconi : déficit de fonctionnement de la moelle osseuse (aplasie médullaire) à l'origine d'une diminution du nombre des leucocytes (globules blancs), et des plaquettes. Cette maladie se manifeste aux alentours de 6 ans, et s'associe à des malformations diverses (pigmentation de la peau, retard de croissance, anomalie des os de la main, malformation cardiaque parfois, malformations oculaires et rénales, retard de la puberté). Son évolution est fatale aux alentours de 20 ans, suite à des infections ou à des hémorragies par transformation en leucémie aiguë. Ceci est d'autant plus vrai que l'exposition au plomb a lieu aux environs de l'âge de 2 ans, et qu'elle est prolongée.

 

Symptômes du saturnisme aigu de l'adulte 

  • gastro-entérite aiguë et violente
  • ptyalisme : salivation excessive
  • douleurs abdominales appelées coliques de plomb (douleurs intenses)
  • constipation
  • vomissements (plus rarement)
  • hypothermie (diminution de la température corporelle)
  • atteinte de l'appareil urinaire à type de tubulonéphrite aiguë s'accompagnant d'anurie (absence d'urine).

L'évolution peut se faire vers un état de choc au cours duquel certains organes ne sont plus aptes à assurer leur fonction essentielle.

 

Symptômes du saturnisme chronique ou subaigu (ayant les caractéristiques du saturnisme aigu sans en avoir la gravité) de l'adulte

Le patient présente d'abord ce que l'on appelle des prodromes, c'est-à-dire des signes précédant l'apparition de la maladie :

  • fatigue intense associée à une pâleur importante
  • céphalées (maux de tête)
  • troubles digestifs avec essentiellement une constipation tenace
  • troubles génitaux à type d'impuissance chez l'homme, et d'avortements spontanés chez la femme

Puis s'installent des symptômes atteignant différents organes en relation directe avec l'absorption excessive de plomb par l'organisme :

  • Appareil digestif et bouche :
    • présence du liseré de Burton, qui apparaît au niveau des gencives : de coloration violacée ou noirâtre, il se situe au niveau du collet des dents (insertion des dents), sur les canines essentiellement
    • pyorrhée dentaire (écoulement de pus)
    • glandes salivaires gonflées et douloureuses
    • ulcères de l'estomac et du duodénum
    • coliques de plomb : douleurs abdominales violentes ressenties essentiellement au niveau du nombril. Elles durent généralement quelques heures mais parfois plus (quelques jours). Elles s'accompagnent d'autre part d'une constipation opiniâtre. Il est parfois difficile de faire la différence avec une subocclusion (état proche de l'occlusion, c'est-à-dire de l'arrêt du passage des gaz et des matières)
       
  • Système nerveux central :
    • neuropathies périphériques (atteintes des nerfs périphériques) : elles sont indolores et concernent la motricité. Ce sont les nerfs extenseurs des doigts qui sont atteints. On dit que le malade fait les cornes. Quelques patients présentent une atteinte généralisée beaucoup plus rare
       
  • Appareil urinaire :
    • Néphropathie chronique hypertensive
       
  • Appareil cardio-vasculaire :
    • Elévation de la pression artérielle
       
  • Muscles et articulations :
    • Douleurs

 

Physiopathologie 

L'absorption du plomb par le système digestif est d'autant plus importante que le sujet est à jeun. Elle est également importante chez les personnes qui présentent une carence en aliments, en calcium, en zinc ou en fer
​Quand le plomb se trouve sous forme de sulfure (composant que l'on retrouve essentiellement dans les déchets des mines de plomb), l'absorption est moins importante.

Une fois le plomb absorbé, il passe par la circulation sanguine puis traverse certaines membranes comme la barrière hémato-encéphalique (protection se situant entre le sang et le système nerveux central), et le placenta. Puis il s'accumule dans les tissus durs (os) et dans les tissus mous (muscles, peaux, viscères).
La plus grande partie du plomb est absorbée et captée par les globules rouges, où il se lie à l'hémoglobine (constituant interne du globule rouge permettant le transport de l'oxygène) ainsi qu'à d'autres composants du sang. C'est la raison pour laquelle le plomb est mesuré dans le sang total, et non pas uniquement dans le sérum, qui est la partie liquidienne du sang de laquelle on a retiré les éléments figurés (globules rouges, globules blancs, plaquettes). 

Le plomb est également absorbé par le squelette, qui contient environ 90 % de la quantité totale du plomb de l'organisme. 

L'élimination du plomb se fait essentiellement à travers les urines et dans les selles.

Le plomb est susceptible de rester (demi-vie) plus ou moins longtemps dans certains organes, selon le type de tissu : il persiste plus de 25 ans dans l'os, 40 jours dans les tissus mous, 25 jours dans le sang

Chez l'enfant, qui absorbe jusqu'à 50 % de la quantité de plomb ingérée (alors que l'adulte n'en absorbe que 10 à 20 %), le dosage de la plombémie va permettre de déterminer s'il s'agit d'un sujet à risque.
On admet qu'à partir de 100 microgrammes par litre (soit 0,48 micromole par litre), l'enfant doit être surveillé et éventuellement soustrait à l'intoxication quand on en a déterminé la source.  A partir de 700 microgrammes par litre (soit 3,4 micromoles par litre), il est nécessaire d'effectuer un traitement dans un service hospitalier spécialisé.

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