Hyperuricémie : Évolution

Complications de la maladie 

Les complications de l'hyperuricémie sont :

  • C'est avant tout la survenue d'une goutte : le plus souvent le taux d'acide urique augmente dans le sang de façon asymptomatique (sans que le patient n'en ressente de symptômes) puis apparaît l'arthrite aiguë goutteuse (inflammation d'une articulation secondaire à un excès d'acide urique dans le sang).
  • Parfois on assiste à la survenue de calculs rénaux (lithiase rénale) susceptibles de survenir avant ou après le premier accès de goutte. Plus la quantité d'acide urique dans le sang est élevée, plus il est invraisemblable qu'un individu développera une goutte. C'est ainsi qu'une étude a montré qu'environ 5 % des sujets présentant une concentration d'acide urique de 540 micromoles par litre, c'est-à-dire 9 mg par dl voire plus en comparaison avec ceux qui présentaient un taux de 4 115 et 535 micromoles par litre soit 7 et 8,9 mg par litre ont fait un calcul rénal. Il faut en moyenne 20 à 40 ans d'excès d'acide urique chez un individu ayant dépassé la quarantaine chez un homme ou après la ménopause chez la femme, pour voir survenir les premiers accès de goutte.
  • La néphropathie uratique appelée également néphrose uratique est une manifestation tardive et rare de la goutte sévère. Elle se caractérise par des dépôts de cristaux d'urate entraînant des réactions inflammatoires du tissu rénal. Cette pathologie est quelquefois à l'origine d'une insuffisance rénale chronique (insuffisance de fonctionnement de la filtration rénale s'étalant dans le temps). Parfois les lésions occasionnées sont silencieuses, c'est-à-dire asymptomatiques. Chez certains patients on constate simplement :
    • Une protéinurie (présence de protéines dans les urines).
    • Une hypertension (élévation de la tension artérielle).
    • Une insuffisance rénale. Dans le passé, confronté à l'absence de médicaments destinés à faire baisser le taux d'acide urique dans le sang, ces patients avaient une évolution fatale avec 25 % de mort chez les sujets goutteux. La néphropathie urique correspond à un dépôt (précipitation) d'acide urique dans les tubules rénaux, qui constituent la deuxième partie du néphron, qui est l'unité fonctionnelle d'un rein où s'élabore l'urine définitive. Ce dernier est constitué d'un glomérule et d'un tube rénal. C'est au niveau du tubule rénal que s'effectue une réabsorption, mécanisme au cours duquel la majeure partie des constituants de l'urine brut arrivés en passant par le glomérule, est réabsorbé par le sang. Cette accumulation est à l'origine d'une obstruction du passage de l'urine. Cette maladie n'a rien à voir avec la goutte, mais est secondaire à une production brutale et trop importante d'acide urique ainsi qu'à une hyperuricurie (excès d'acide urique dans les urines). La déshydratation (perte de liquide par l'organisme) et l'acidose (augmentation de l'acidité des tissus composant l'organisme) sont à l'origine de la survenue de la néphropathie urique. Généralement cette pathologie survient au cours du traitement qui utilise des cytolytiques (médicaments destinés à détruire les cellules cancéreuses), et parfois même avant l'utilisation de ces médicaments. Elle s'observe également, au cours d'autres pathologies comme chez certains sujets atteints de cancer, à la suite de crises d'épilepsie, ou après un exercice physique important s'accompagnant d'une hyperthermie (élévation de la température corporelle). La néphropathie urique, quand elle est reconnue à temps est réversible. C'est ainsi que l'utilisation d'une thérapeutique a permis de diminuer la mortalité de moitié à 0 % pratiquement. 

Aucun commentaire pour "Hyperuricémie"

Commentez l'article "Hyperuricémie"

Les textes que vous publiez via ce formulaire sont accessible à tous, et sont susceptibles de constituer des données sensibles. Soyez en conscient lorsque vous rédigez vos messages : vous êtes responsable des informations personnelles que vous divulguez.