Apraxie idéomotrice

Définition 

L'apraxie idéomotrice est une difficulté à effectuer des gestes concrets (comme la manipulation d'objets entre autres), due à une lésion du système nerveux consécutive à une atteinte des lobes pariétaux (situés à la partie supérieure du cerveau).
Plus précisément l'apraxie idéomotrice (décrite par Liepmann) concerne les gestes simples de la vie quotidienne. Les neuropsychologues, c'est-à-dire les spécialistes qui s'intéressent aux problèmes d'apraxie, d'agnosie, d'alexie, d'agraphie, etc... énoncent que l'apraxie idéomotrice réunit les gestes dits intransitifs c'est-à-dire qui n'impliquent pas la manipulation d'objets réels. Autrement dit, l'apraxie idéomotrice n'apparaît pas dans la vie quotidienne qui comporte un assez grand nombre de mouvements automatisés à la suite de leurs innombrables répétitions. Les gestes transitifs, qui miment l'usage de l'objet comme par exemple planter un clou, taper à la machine, etc... sont bien entendus des gestes sans usage d'objets.

L'apraxie idéomotrice est l'exemple typique de l'apraxie, se caractérisant par une difficulté à réaliser les gestes complexes habituels et non habituels sur commande (on demande à un individu de faire un geste) ou sur imitation (on mime le geste). L'apraxie idéomotrice est différente de l'apraxie idéatoire  qui est en quelque sorte la «véritable apraxie», se caractérisant par une impossibilité d'effectuer un mouvement convenablement et véritablement pour manipuler un objet par exemple qu'il existe en réalité (exécution d'une tâche requérant une séquence d'acte, certains patients ont des difficultés à faire ces actes dans le bon ordre). C'est la raison pour laquelle il ne faut pas pas confondre l'apraxie idéomotrice et l'apraxie idéatoire. L'apraxie idéatoire désigne l'incapacité de manipuler des objets comme par exemple prendre un stylo et enlever le capuchon puis écrire, la pointe en bas, normalement.

Pour mieux comprendre, ce qui est l'apraxie idéomotrice, prenons un exemple. On demande à un individu dont la compréhension verbale est considérée comme normal pour que la compréhension de la question soit bonne, d'exécuter certains gestes par imitation visuelle. Autrement dit on demande à ce sujet d'imiter les gestes que l'on fait soi-même. Ces gestes signifient quelque chose (ont un sens) ou au contraire ne signifient rien du tout.

Voyons tout d'abord une première variété de gestes. Les gestes sans signification c'est-à-dire qui ne signifient rien sont appelés également gestes arbitraires. Il s'agit par exemple de faire deux anneaux qui s'entrecroisent entre le pouce et l'index ou encore de mettre le pouce et l'index droit sur l'oreille gauche en même temps que l'index gauche sur les lèvres, mettre le dos de la main sur le front, de décrire un cercle en l'air avec l'index. Il existe à ce sujet un grand nombre d'exemples que l'on peut multiplier à l'infini. Il s'agit de gestes expressifs comme d'envoyer un baiser, dire au revoir avec la main, menacer quelqu'un avec son point, faire un salut militaire, faire un pied de nez, prêter serment etc.

Voyons un deuxième groupe de gestes : les gestes significatifs quant à eux présente une intentionnalité communicative ou fonctionnelle; autrement dit il s'agit de gestes dont la réalisation doit animer l'utilisation d'objets comme des jeux de minimes ou pantomimes. Parmi ces gestes certains sont dirigés vers le corps il s'agit de gestes réflexifs (boire un verre d'eau, se passer la main dans les cheveux, se brosser les dents, saisir le téléphone, se soigner les ongles etc. ) et les autres sont dits non réflexifs (planter un clou, visser, tourner une clé, ouvrir une serrure, moudre du café, peindre un mur).

Généralités 

De façon générale les troubles du geste ou apraxie, mouvement élaboré c'est-à-dire mouvement qui requiert une certaine habileté, sont appelés apraxie car ce terme signifie sans action. Le premier qui a étudié les troubles dans les détails et Liepmann en 1920. Liepmann avait observé un patient présentant des lésions du corps calleux c'est-à-dire de la substance blanche réunissant les deux hémisphères en son centre. Le patient souffrant de lésions du corps calleux ne pouvaient pas exécuter avec sa main gauche des mouvements qu'on lui demandait de faire. On aurait pu penser que ce patient «n'entendait pas» les ordres car l'hémisphère droit qui est connecté habituellement avec l'hémisphère gauche qui lui comprend le langage, en l'occurence étant déconnecté de notre hémisphère, ne pouvait pas accomplir la consigne, ne la comprenant pas. Seulement voilà, l'examinateur, pour contourner cette éventualité, a demandé au patient d'effectuer un mouvement, mais cette fois-ci, en lui montrant et non pas en lui disant de le faire. Il s'agit donc de mimétisme. L'examen a montré que les mouvements effectués par la main gauche même sur imitation n'étaient pas bons. D'autre part l'utilisation des objets par cette main n'était pas bonne non plus.
Les conclusions ont été les suivantes : l'hémisphère gauche ne contenait pas seulement les outils du langage mais aussi les structures, on appelle cela les en grammes, motrices qui contrôlent les mouvements élaborés, en l'occurrence les représentations spatio-temporelles des mouvements.

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