Abdomen : Symptômes

Symptômes 

Les symptômes des douleurs abdominales sont :

  • Les douleurs abdominales se présentent avec une intensité plus ou moins importante. Ces douleurs sont de différents types (liste non exhaustive):
    • La brûlure épigastrique est une douleur qui traduit une atteinte de la muqueuse gastrique, c'est-à-dire des cellules qui recouvrent, si l'on préfère qui tapissent, l'intérieur de l'estomac. Les brûlures épigastriques, sont caractéristiques de la présence d'un ulcère de l'estomac, ou du duodénum, ou des deux à la fois.
    • Le pyrosis, c'est-à-dire la sensation de brûlure, qui apparaît derrière le sternum, au niveau de l'oesophage, et qui va de la gorge à l'épigastre (zone située au-dessus du nombril), est une douleur qui est susceptible d'irradier vers la nuque, le visage ou le cou. Il est la traduction d'une irritation de la muqueuse de l'oesophage, surtout en présence d'une acidification trop importante de celui-ci, à cause d'un reflux gastro-oesophagien.
    • La colique correspond à une sensation de douleur, survenant sous forme d'ondes, qui vont d'une intensité de plus en plus importante, à une intensité de moins en moins importante. Ces douleurs sont tantôt fixes, tantôt elles se déplacent d'une zone de l'abdomen à l'autre. La colique est le résultat d'un spasme, ou d'une distension d'une partie du tractus digestif (tube digestif). Ce type de douleurs, s'observe essentiellement, quand le patient présente des troubles fonctionnels et des troubles organiques.
    • La sensation de faim douloureuse, correspond à une variété de brûlure, qui apparaît essentiellement quand le patient présente un ulcère.
    • La douleur en coups de poignard est décrite certaines fois par les patients au cours du tabès, et en présence d'une perforation du tube digestif, voire dans la pancréatite.
    • La douleur térébrante est une douleur qui résiste aux antidouleurs (antalgiques). Elle est le signe de l'extension en profondeur d'un ulcère ou d'un cancer.
    • Le ténesme appelé également fausse envie douloureuse, correspond à un besoin d'aller à la selle, dû à une contracture du sphincter anal, il s'agit de contractures de type spasmodique. Le patient se plaint également, de brûlure à ce niveau.
    • Les épreintes sont des douleurs survenant au niveau du rectum et du sigmoïde (partie basse du gros intestin), elles précèdent, et accompagnent l'émission des selles à partir des intestins.
  • ​Les douleurs abdominales ne surviennent pas toujours à la même heure et au même rythme :
    • Les douleurs précoces se manifestent le plus souvent rapidement après le repas, et disparaissent généralement, au début du repas suivant. Le plus souvent, elles surviennent chez les patients ayant une symptomatologie fonctionnelle.
    • Les douleurs tardives surviennent une à quatre heures après le repas, et persistent généralement jusqu'au repas suivant. Elles sont ensuite calmées par ce dernier, et traduisent, le plus souvent, des douleurs d'ulcère gastroduodénal.
    • Les douleurs survenant à la suite de prises d'aliments riches en graisse, en chocolat, comportant des oeufs, correspondent le plus souvent à une affection liée à une lithiase vésiculaire (présence de calculs dans la vésicule biliaire).
    • Les douleurs n'ayant aucun rapport avec les repas, ne sont pas spécifiques, et s'observent généralement aussi bien au cours de pathologies fonctionnelles, que de pathologies organiques du tractus digestif. Quand les douleurs sont térébrantes, et surviennent de façon continuelle, elles peuvent être résultat d'un ulcère ou d'un cancer.
  • La localisation des douleurs abdominales permet également d'orienter le diagnostic :
    • Douleurs survenant dans la région épigastrique, c'est-à-dire au-dessus du nombril, est parfois caractéristique d'un infarctus du myocarde, d'une perforation de l'oesophage, ou encore d'un ulcère gastroduodénal.
    • Douleurs survenant dans le cadran supérieur droit, c'est-à-dire en dessous de la dernière côte, à droite de l'ombilic peuvent être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
    • Douleurs survenant dans le cadran supérieur gauche, c'est-à-dire à gauche de l'ombilic, au-dessous de la dernière côte (zone de la rate) peuvent être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
      • Un ulcère de l'estomac.
      • Un anévrisme de l'aorte.
      • Une perforation du côlon.
      • Une rupture de la rate.
      • Une pyélonéphrite.
      • Une pneumonie gauche.
    • Douleurs survenant dans la région ombilicale, peuvent être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
    • Douleurs survenant dans le cadran inférieur droit (à droite de l'ombilic et au-dessus de la racine du membre inferieur droit), peuvent être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
    • Douleurs survenant dans le cadran inférieur gauche (à gauche de l'ombilic, au-dessus de la racine du membre inférieure gauche), peuvent être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
      • Une salpingite.
      • Une grossesse extra-utérine.
      • Un abcès de l'ovaire ou de la trompe de Fallope.
      • Une diverticulite du côlon sigmoïde.
  • L'atteinte d'un organe est susceptible d'entraîner une douleur dont la localisation est bien précise. Voici une liste non exhaustive, pour chaque organe, en partant de la bouche et en allant vers l'anus  :
    • Une atteinte de l'oesophage, entraîne une douleur au niveau de la gorge, et au-dessus de l'ombilic.
    • Une atteinte du cardia, c'est-à-dire de la partie haute de l'estomac, entraîne l'apparition de douleurs au niveau de l'appendice xiphoïde, c'est-à-dire à la partie inférieure du sternum et du dos.
    • Une atteinte du bas fond de l'estomac, entraîne une douleur dans la région épigastrique gauche, c'est-à-dire à gauche du nombril légèrement un peu plus haut.
    • Une atteinte de la petite courbureentraîne une douleur de la région épigastrique, c'est-à-dire juste au-dessus du nombril.
    • Une atteinte du duodénum entraîne apparition de douleurs au niveau de la région épigastrique (au-dessus du nombril), et de l'hypochondre droit (à droite du nombril en dessous de la dernière côte).
    • Une atteinte du jéjunum, entraîne une atteinte de la région ombilicale gauche.
    • Une atteinte du pancréasentraîne une douleur apparaissant dans la région épigastrique, et qui irradie vers l'arrière du dos, comme une douleur transfixiante.
    • Une atteinte des voies biliaires entraîne l'apparition de douleurs dans la région épigastrique, de l'hypochondre droit, dans la région lombaire, et qui irradie parfois, vers l'omoplate.
    • Une atteinte de la rate, entraîne apparition de douleurs au niveau de l'hypochondre gauche.
    • Une atteinte de l'appendice, entraîne une douleur dans la zone située au-dessus de la racine du membre inferieur droit.
    • Une atteinte de l'intestin grêle, entraîne des douleurs dans la région ombilicale.
    • Une atteinte du côlon ascendant, c'est-à-dire du côlon droit, entraîne des douleurs dans la fosse iliaque droite (légèrement au-dessus de la zone où se trouve l'appendice).
    • Une atteinte du côlon transverse, entraîne des douleurs dans la région ombilicale.
    • Une atteinte du côlon descendant (côlon gauche), entraîne des douleurs dans la région ombilicale, et dans la fosse iliaque gauche (nettement au-dessus de la racine du membre inférieur gauche).
    • Une atteinte du foie et de la vésicule biliaire entraîne des douleurs au niveau de l'hypochondre droit, c'est-à-dire en dessous de la dernière côte à droite.
    • Une atteinte du côlon, dans sa partie recto-sigmoïde (partie basse), entraîne l'apparition de douleurs dans la fosse iliaque gauche (au-dessus de la racine du membre inferieur gauche), et dans la région suspubienne, c'est-à-dire au-dessus du pubis.
    • Une atteinte du bassinet (des reins), entraîne l'apparition de douleurs au niveau de l'angle costo-vertébral, c'est-à-dire dans le dos, entre la dernière côte, et la colonne vertébrale.
    • Une atteinte de la vessie, entraîne des douleurs dans la région suspubienne.
  • ​​Les douleurs abdominales aiguës peuvent être le résultat de nombreuses pathologies (liste non exhaustive) :
    • La gastro-entérite aiguë.
    • La lithiase biliaire.
    • L'appendicite aiguë.
    • L'ulcère perforé.
    • L'occlusion intestinale.
    • La péritonite aiguë.
    • La pancréatite aiguë.
    • La périhépatite gonococcique.
    • La rupture splénique (de la rate).
    • La torsion des ovaires
    • La cholécystite aiguë.
    • L'infarctus du myocarde.
    • L'infarctus mésentérique.
    • L'angiocholite.
    • Le fécalome.
    • La stase stercorale.
    • La colique néphrétique.
    • L'anévrisme de l'aorte abdominale en voie de rupture.
    • Le cancer du côlon avec ulcérations.
  • Les douleurs abdominales chroniques peuvent être le résultat de nombreuses affections (liste non exhaustive) :
    • Le côlon irritable.
    • L'intoxication par le plomb, appelé également colique de plomb.
    • L'angiœdème paroxystique familial.
    • L'intolérance au disaccharide.

Physiopathologie 

  • Le syndrome abdominal aigu désigne un ensemble de symptômes (signes cliniques), et de signes de façon générale, susceptibles de révéler une affection aiguë, d'un des viscères contenus dans l'abdomen. Ce type de syndrome doit être surveillé attentivement, afin de trouver la cause, qui doit être traitée parfois en urgence. La douleur du syndrome abdominal est le principal symptôme. Elle possède divers critères :
    • Tout d'abord, son siège se situe quelquefois au niveau de l'épigastre, c'est-à-dire juste au-dessus de l'ombilic. Elle peut également être située, au niveau des hypochondres droits et gauches, c'est-à-dire, de part et d'autre au dessus de l'ombilic sur les côtés, de l'hypogastre (cette fois-ci sous l'ombilic) ou des fosses iliaques droites et gauches, c'est-à-dire les zones situées juste au-dessus de la racine de chaque membre.
    • Le type de douleur du syndrome abdominal aigu, est également très important à considérer. Il peut s'agir d'une crampe, d'une brûlure, d'une tension, d'un broiement.
    • L'irradiation de la douleur en arrière vers les bourses, vers le dos, ainsi que son horaire par rapport au repas, sont les autres critères importants à considérer. La durée et la date d'apparition du syndrome abdominal aigu, sa périodicité, c'est-à-dire si elle revient tous les mois, deux fois par an etc.
    • Les facteurs susceptibles de déclencher la douleur, et les signes d'accompagnement, tels que des nausées, des vomissements, des diarrhées ou encore une constipation, sont des symptômes dont il faut tenir compte.
    • Enfin le médecin procédera à l'interrogatoire du patient, et bien entendu la palpation de l'abdomen, qui recherche une grosseur pouvant témoigner d'une tumeur, ou d'un abcès, la contraction d'un muscle de la paroi abdominale. La percussion de l'abdomen est un moment important de la consultation, devant un syndrome abdominal aigu. Celle-ci met en évidence une augmentation de la sonorité, par excès de gaz, c'est ce que l'on appelle météorisme, ou au contraire une diminution de la sonorité, c'est ce que l'on appelle une matité susceptible d'être le témoin d'une ascite (accumulation de liquide intra abdominale).
    • La mesure de la tension artérielle, permet éventuellement d'évaluer le retentissement de cette affection sur l'état général du patient, et peut éventuellement orienter vers une hémorragie intra-abdominale faisant suite à un saignement d'un ulcère de l'estomac ou encore d'une rupture d'un organe, survenant après un traumatisme plus ou moins violent.
    • Les examens complémentaires comprennent :
      • Les analyses de sang.
      • La radiographie de l'abdomen sans préparation.
      • L'échographie abdominale.
      • Un scanner thoraco-abdomino-pelvien (ou autre si le diagnostic est à peu près posé)
    • La surveillance du patient suspecté de syndrome abdominal aigu, doit être étroite, et doit se faire dans un service hospitalier de chirurgie, où il faudra peut-être envisager des explorations complémentaires plus avancées, comme par exemple un lavage péritonéal.
  • Le syndrome de la pression intra-abdominale, appelé également syndrome du compartiment abdominal, est le résultat d'une compression directe des viscères, dont le volume dépasse le volume intra-abdominal. Au cours de ce type de syndrome, on constate une compression directe du diaphragme également. Le mécanisme de survenue de ce type de syndrome s'explique de la manière suivante :
  •  La pression qui s'exerce à l'intérieur de l'abdomen est physiologique, c'est-à-dire normalement égale, ou légèrement plus élevée, que la pression à l'extérieur, c'est-à-dire la pression atmosphérique. C'est l'augmentation, survenant sur un mode aigu (rapidement), à cause du trop grand volume des viscères à l'intérieur de l'abdomen, qui entraîne l'apparition de ce syndrome. En effet, l'expansion des viscères abdominaux, dépasse le volume intra-abdominal, ce qui a pour cause une compression directe des viscères eux-mêmes, et du diaphragme.
  • Ce syndrome se définit par une pression intra abdominale, qui dépasse 25 cm cube d'eau. Les patients souffrant de ce type de syndrome, se plaignent de perturbations fonctionnelles importantes de certains organes comme le foie, les intestins et les reins. Le cerveau et le système circulatoire composés par les vaisseaux et le coeur, ainsi que les poumons sont également concernés par ce syndrome. 
  • Ce sont essentiellement les patients ayant subi un polytraumatisme sévère, qui sont concernés par le syndrome du compartiment abdominal.
  • Ce syndrome survient également, chez les patients présentant des hémorragies massives, ou au cours des interventions chirurgicales majeures, qui nécessitent une réanimation liquidienne intensive (nécessité de perfusion de liquide en grande quantité).
  • L'évolution du syndrome du compartiment abdominal, peut se faire, chez certains patients, vers un syndrome de détresse respiratoire de l'adulte, au cours duquel le patient ne peut plus assurer une respiration suffisante pour que l'ensemble de ses organes fonctionne normalement. A la suite de cette défaillance circulatoire et respiratoire, apparaît une défaillance de nombreux viscères (les spécialistes en gastro-entérologie parlent de défaillance multiviscérale), dont l'évolution est péjorative.
  • L'insuffisance de fonctionnement de la filtration rénale sur un mode aigu, survient relativement tardivement quand la pression à l'intérieur de l'abdomen atteint, ou dépasse 20 mm de mercure. En dessous de ces chiffres, c'est-à-dire quand la pression se situe entre le 15 et 20 mm de mercure, les patients présentent une oligurie, c'est-à-dire une diminution de la quantité d'urine qui est émise en un temps donné. Ce phénomène est réversible, par un simple remplissage, et l'administration de dopamine et de diurétique (médicament destiné à augmenter la diurèse c'est-à-dire la production d'urine).
  • Une surveillance étroite, et la mesure de la pression à l'intérieur de la vessie, sont nécessaires. En effet, la pression intravésicale, est la traduction de la pression qui règne à l'intérieur de l'abdomen. Cette surveillance, permet le plus souvent d'orienter le diagnostic rapidement, et de manière précoce. Le traitement n'est d'autant plus efficace que la compression chirurgicale, intervient rapidement, et donc que le diagnostic est obtenu également promptement.

Diagnostic différentiel 

Chez certains patients une douleur abdominale est confondue avec une autre affection. Il peut s'agir (non exhaustive) :

  • D'une pneumonie.
  • D'un infarctus du poumon (concernant les lobes inférieurs).
  • D'un infarctus du myocarde.
  • D'une péricardite.
  • Une embolie pulmonaire.
  • D'une lésion vertébrale.
  • D'une radiculalgie (lésion des racines nerveuses dorsales inférieures lombaires).
  • D'une porphyrie.
  • D'un saturnisme (intoxication par le plomb).
  • D'une intoxication par le mercure ou l'arsenic.
  • Du purpura de Schönlein-Hénoch.
  • Du tabès.
  • De la drépanocytose.
  • D'une épilepsie abdominale.

1 commentaire pour "Abdomen"

Portrait de Le traducteur égaré
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Le "cadran", c'est celui que l'on trouve dans une montre. Ici, il fallait écrire "quadrant".

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