Rein

Introduction

Le rein est l'organe qui permet l'élaboration et l'excrétion de l'urine. La néphrologie est la discipline médicale ou spécialité médicale qui se consacre à l'étude des reins et à celle de leur fonctionnement (physiologie) ainsi que de leur pathologie (maladie).

Généralités
L'urologie est la discipline médicochirurgicale qui se consacre à l'étude et au traitement des maladies de l'appareil urinaire et de l'appareil génital masculin. L'étude du fonctionnement de l'appareil génital masculin (stérilité, troubles de l'érection etc.) est une spécialité pratiquée par les urologues il s'agit de l'andrologie.

Le terme uropathie désigne toutes les maladies concernant l'appareil urinaire c'est-à-dire le bassinet, l'uretère, la vessie et l'urètre. Il est nécessaire de différencier les uropathies congénitales (malformation à type de rétrécissement de la jonction pyélo urétérale, méga-uretère, reflux vésico-urétéral etc.) et les uropathies acquises (tuberculose, bilharziose, maladie infectieuse en général, traumatisme, tumeur, lithiase etc.).

Chaque être humain possède une paire de reins, dont chacun pèse environ 170 g et mesure 12 cm de haut. Ils sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale, à la hauteur des vertèbres lombaires, sous les dernières côtes. Ils sont noyés dans la graisse et possèdent une forme de haricot.
Le hile est une structure située au niveau du bord interne de chaque rein, correspond à la zone d'entrée et de sortie des artères et des veines rénales, des uretères et des nerfs.
Les reins produisent de l'urine après une filtration du sang en continu. Une fois produite, l'urine est recueillie dans la partie centrale du rein que l'on appelle le bassinet. Cette structure se prolonge par un petit canal, l'uretère, allant du rein jusqu'à la vessie.
La vessie est constituée d'une poche imperméable qui peut se contracter. Elle est située à environ 30 cm en dessous des reins, en arrière du pubis (articulation la plus antérieure du bassin située en arrière du mont de Vénus chez la femme). La distension de la vessie entraîne le besoin d'uriner, mais le choix du moment de la miction (évacuation de l'urine) est sous le contrôle de la volonté. On appelle cela la continence urinaire.
L'urine (qui est un liquide jaune citrin légèrement salé et un peu acide) peut sortir de la vessie après le relâchement du sphincter (muscle ayant la capacité de fermer ou d'ouvrir un orifice naturel). Elle débouche alors chez la femme au niveau de la vulve, et chez l'homme à l'extrémité du pénis à travers le méat urinaire.

Anatomie
La structure du rein est complexe : il est constitué par la juxtaposition de millions de "petits reins" en miniature. Chacune de ces structures microscopiques posséde la fonction de filtration et constitue une unité anatomique appelée néphron.
Les néphrons, dont le nombre est supérieur au million pour un rein, comportent chacun un petit tube appelé le tube urinifère. Autour de lui s'organise un réseau de capillaires (vaisseaux de très petit diamètre), au niveau desquels les échanges entre le sang et l'urine vont se faire.
La première partie du néphron est constituée par une structure appelée le glomérule ou corpuscule de Bowman. Il s'agit d'une sorte de poche composée d'une double paroi extrêmement fine où vient se loger un enchevêtrement de toutes petites artérioles appelé le peloton capillaire du glomérule ou glomérule de Malpighi.
Ce petit amas de glandes et de vaisseaux est l'élément qui assure la filtration du sang. Les glomérules de Bowman constituent la partie externe du rein appelée également zone corticale.
La deuxième partie du néphron est constituée par le tube contourné. Il fait suite à la capsule de Bowman, et l'on distingue trois segments en forme d'épingle à cheveux : le tubule proximal.
A la suite de la capsule de Bowman se trouvent l'anse de Henle puis le tubule distal. Chaque tube débouche dans un canal commun à plusieurs néphrons, le canal collecteur, qui s'ouvre dans le bassinet au départ de l'uretère. Les tubules profonds constituent la médulla.

Physiologie
L'eau compose 95 % de la quantité totale de l'urine, les 5 % qui restent sont constitués essentiellement d'urée et de chlorure de sodium (équivalent à notre sel de table).

Eléments présents dans le sang et passant dans les urines à des concentrations plus ou moins fortes suivant les capacités de filtration des reins :

  • l'urée
  • la créatinine
  • l'acide urique
  • le sodium

Eléments présents dans le sang et absents des urines, car ils ont retenus par les reins :

  • les protéines
  • les corps gras
  • le glucose
  • les globules rouges
  • les plaquettes
  • les globules blancs

Certains éléments (notamment l'ammoniac) sont synthétisés (fabriqués) par les reins et on ne les retrouve que dans les urines.

En résumé
Les reins effectuent une filtration sélective en gardant les grosses molécules utiles à l'organisme (par exemple les protéines) et en laissant passer les petites molécules comme le sodium ou le glucose (sucre). Si l'organisme a besoin de ces éléments (dans certaines pathologies), les reins diminuent leur élimination. Quant à l'urée et la créatinine, éminemment toxiques pour l'organisme, elles ne doivent pas s'accumuler dans le sang et sont constamment éliminés par les urines, même quand leur taux sanguin est bas.

Chaque jour, les néphrons drainent 300 fois le sang contenu dans l'organisme, soit environ 1600 litres en 24 h. Un homme peut normalement produire 1,5 l d'urine par jour. Bien entendu, cette quantité varie beaucoup en fonction de la prise liquidienne mais aussi de la transpiration, des hémorragies et des vomissements, entre autres.
Grâce aux reins, il existe dans l'organisme un maintien constant de ce que l'on appelle l'équilibre homéostasique, permettant les échanges de l'eau et des sels minéraux à travers l'organisme, ainsi que la régulation de l'acidité sanguine, sans laquelle aucune fonction vitale n'est possible.
Les reins sont capables de régulariser l'hypertension artérielle en sécrétant une hormone, la rénine.
Le rein est également capable d'élaborer une autre hormone, l'érythropoïétine, susceptible de stimuler la fabrication d'hématies (globules rouges).
D'autres hormones sont susceptibles de moduler la quantité de substances à réabsorber par les tubules rénaux : ce sont essentiellement l'hormone antidiurétique et l'aldostérone. L'hormone antidiurétique est sécrétée par l'hypophyse (qui est une glande située à la base du cerveau et placée sous les ordres d'une zone de l'encéphale : l'hypothalamus). Cette hormone a pour rôle de favoriser la rétention de l'eau en permettant aux tubules collecteurs d'être plus perméables à celle-ci. Ainsi, en cas de forte chaleur, l'organisme, perdant énormément d'eau à cause la transpiration, va éliminer des urines à la fois plus concentrées et en quantité moindre.
La seconde hormone appelée aldostérone est fabriquée par les deux glandes surrénales situées au pôle supérieur de chacun des reins. Cette hormone a pour but d'augmenter la réabsorption rénale du sodium. Dès que la quantité de celui-ci dans le sang est basse (transpiration ou diarrhée importante), la quantité d'aldostérone va augmenter entraînant ainsi une augmentation de la réabsorption du sel.
Enfin, l'érythropoïétine, en dehors du fait de stimuler la synthèse des globules rouges dans la moelle osseuse, permet également celle de la vitamine D et exerce ainsi un rôle essentiel dans la minéralisation de l'os.

Techniques

1) Le terme néphrectomie désigne l'ablation chirurgicale totale ou partielle d'un rein ou des deux reins à la fois.
Il existe différents types de néphrectomie.

  • La néphrectomie bilatérale et appelée également binéphrectomie. Il s'agit d'une intervention chirurgicale pratiquée en néphrologie, exceptionnellement, quand les deux reins sont détruits.
  • La néphrectomie élargie désigne l'ablation c'est-à-dire l'exérèse du rein associée à celle des ganglions lymphatiques qui drainent habituellement le rein et la loge rénale. La loge rénale contient les trois éléments principaux du rein c'est-à-dire les vaisseaux sanguins qui transportent le sang vers le parenchyme c'est-à-dire le tissu fonctionnel du rein, le parenchyme rénal lui-même qui élabore l'urine et les voies excrétrices qui ont pour rôle de transporter (écoulement) l'urine vers la vessie à partir du parenchyme rénal. Ces trois éléments sont contenus dans une coque de nature fibreuse que l'on appelle la capsule du rein qui est elle-même entourée d'une membrane graisseuse : la loge rénale. La néphrectomie élargie est utilisée par exemple pour arrêter la progression d'un cancer et éviter des métastases (dissémination de cellules cancéreuses à l'ensemble de l'organisme).
  • Une néphrectomie partielle correspond à l'ablation d'une partie seulement du parenchyme rénal c'est-à-dire du tissu fonctionnel du rein qui élabore l'urine. La néphrectomie partielle concerne également les voies excrétrices et plus particulièrement les calices. Il s'agit d'une intervention que l'on pratique quand un patient présente une tumeur du rein et que celle-ci est bénigne et de petite taille. Un néphrectomie partielle est également pratiquée chez un patient présentant une infection rénale très localisée par exemple survenant à la suite de calculs. Une infection liée à une tuberculose peut également faire l'objet d'une néphrectomie partielle. Ce type d'intervention est susceptible d'aboutir à l'apparition de complications post-opératoire c'est-à-dire survenant après l'intervention chirurgicale. Il peut s'agir d'hémorragies locales ou de fistules urinaires c'est-à-dire de communications entre les différents organes de l'appareil urinaire.
  • La néphrectomie pour prélèvement afin de pratiquer une greffe de rein a pour but de retirer les deux reins ainsi que les vaisseaux et les uretères qui sont associés. Cette intervention chirurgicale, qui ne se pratique que sur des individus en état de mort cérébrale, permet ensuite de transplanter les deux reins ainsi obtenus chez un individu receveur (présentant une insuffisance rénale chronique traitée habituellement par dialyse) compatible bien évidemment avec l'individu donneur. Cette intervention peut également être pratiquée chez un individu conscient présentant une apparentée avec le receveur c'est-à-dire l'individu destiné à recevoir les reins. Dans ce cas un seul rein est prélevé chez le donneur.
  • La néphrectomie totale simple désigne l'ablation complète du rein ainsi que celle de sa capsule fibreuse. Cette intervention respecte la loge rénale et se pratique sur un rein présentant une destruction plus ou moins importante à cause par exemple d'une pyélonéphrite ou sur un rein dont le fonctionnement est très gravement atteint.
  • La néphro-urétérectomie est le terme qui désigne l'ablation totale du rein et de l'uretère. Ce type d'intervention chirurgical se pratique quand un patient présente une tumeur des voies excrétrices urinaires ou encore quand on constate une destruction du rein à cause par exemple d'un reflux vésico-urétéral. Le reflux vésico-urétéral ou urétéro-rénal est le retour d'urine de la vessie vers les reins à travers l'uretère.

L'évolution des patients ayant subi néphrectomie est variable selon le type de néphrectomie.
La durée d'hospitalisation varie donc d'une semaine à trois semaines puis la convalescence, à son tour, est de trois semaines. Si un seul rein est retiré ceci n'a pas de conséquence pour le fonctionnement rénal global de l'organisme. En effet, un patient, à l'aide d'un seul rein, est susceptible de pouvoir nettoyer le sang pour y retirer les substances nocives au bon fonctionnement de l'organisme. À l'opposé un individu ayant subi un néphrectomie bilatérale nécessite une épuration extrarénale c'est-à-dire une dialyse ou une hémodialyse ou éventuellement une greffe de rein.

2) La néphrolithotomie est une technique qui permet d'extraire un calcul du rein après intervention chirurgicale directement sur cet organe, par ouverture du tissu rénal.
La néphrolithotomie se pratique grâce à une intervention sur la région lombaire puis sur le rein ou bien en utilisant un appareil optique est que l'on introduit dans les cavités des reins, après avoir pratiqué une incision au niveau de la peau, c'est incision mesure environ 2 cm de long. Le but est de repérer tout d'abord le calcul puis de le pulvériser c'est-à-dire de le détruire ce qui permet de le retirer.
Actuellement la néphrolithotomie se pratique de moins en moins et est remplacée par la lithotritie extracorporelle qui consiste à pulvériser les calculs depuis l'extéri ur du corps, en utilisant des ondes de choc.

Examens complémentaires
Le néphrogramme isotopique est un examen (indolore) ayant pour but d'explorer le fonctionnement des reins à l'aide d'un traceur radioactif.
Le néphrogramme isotopique dure quelques heures mais ne nécessite pas d'hospitalisation pour être effectué.
La technique du néphrogramme isotopique est la suivante. On utilise un traceur radioactif comme le technétium 99 ou l'iode 131 qui est injecté à un individu par voie intraveineuse. On observe on suite son élimination par la voie rénale grâce un détecteur externe que l'on appelle gamma-caméra qui permet d'enregistrer la quantité de radioéléments qui passe par les organes rénaux.
Les résultats apparaissent sous la forme d'une courbe. L'analyse de la quantité de radioéléments transitant par les reins permet d'étudier les différentes phases de fonctionnement de ces organes. Il s'agit essentiellement de la circulation sanguine à l'intérieur du parenchyme rénal (tissu fonctionnel du rein qui permet l'élaboration de l'urine) ainsi que l'excrétion de l'urine.

 

Introduction: 
<p>Anatomie, physiologie (fonctionnement), techniques (interventions chirurgicales), examens compl&eacute;mentaires.</p>

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