Notre équilibre intérieur dépend-il de notre besoin de sens ou de l'acceptation en pleine conscience ?

Le sens de la vie

A l'aune de la nostalgie d'un coucher de soleil ou lorsqu'on contemple la frêle ligne des premières lueurs d'un nouveau jour se frayer une place entre les ténèbres et donner naissance à une nouvelle aube, l'âme parfois mélancolique s'interroge sur les raisons de tant de beauté et les raisons pour lesquelles tout s'arrête un jour. Si nous ne pouvons les apprécier uniquement pour ce qu'elles sont, sans que la ronde d'un mental agité ne vienne semer troubles et confusion, nous courons le risque de développer des facteurs de stress qui à son tour pourra s'avérer délétère pour notre équilibre et notre santé.

D'ailleurs l'inter-dépendance entre le mental et le physique n'est plus à démontrer. Depuis des millénaires, les cultures orientales ont éprouvé ce principe et appliquer comme mode de vie ce qui de nos jours apparait comme une alternative à une thérapeuthique traditionnelle dans les traitements des maladies liées au stress : la pleine conscience, la méditation, le yoga...

Jon Kabat Zinn, docteur en biologie moléculaire, utilise la méditation en pleine conscience dans la médecine pour réduire la souffrance et le stress. Son efficacité est reconnue comme outil de soin dans de nombreuses pathologies physiques (cancers entre autres) et psychologiques.

Par "l'éveil des sens", ces méthodes alternatives nous apprennent à façonner notre esprit et remplacer l'agitation par le calme, la haine par la bienveillance, le mal-être et la maladie par le bien-être. Ce principe baptisé dans sa version originale "Mindfulness Based Stress Reduction" (MBSR) ou "réduction de stress basée sur la pleine conscience a par ailleurs été associé aux techniques de thérapie cognitives, la MBCT, avec un réel succès puisqu'elle diminue de 50 % le risque de rechute chez des patients ayant déjà subi au moins deux épisodes de dépression grave.

Mais c'est un long apprentissage qui nécessite persévérence et patience pour qui (comme moi !) a toujours cherché à comprendre plutôt qu'à être et ressentir... Aussi, ne puis-je éviter de m'interroger une nouvelle fois, en vous interrogeant, vous qui peut être aurez l'idée de parcourir mon blog. Peut être que mes interrogations seront un peu les vôtres et vous pourrez y apporter un éclairage différent. Celui de la pleine conscience en constitue un mais il n'est peut être pas la seule réponse à ces interrogations existentielles douloureuses et génératrices de stress. Il y a aussi l'explication essentiellement basée sur les théories mathématiques, largement étayées dans les oeuvres des frères Bogdanoff sur "la pensée de Dieu" dans un sens allant bien au-delà de la théologie mais plutôt dans une logique cosmique globale de l'organisation du monde. On peut donc décider de se passer de réponse pour vivre pleinement ce qui est, ou trouver des réponses (du moins se persuader de les avoir trouvées...) soit dans la foi inconditionnelle, soit dans une logique scientifique.

Mais pour cerains, il n'est (encore) rien de tout cela et les questions sont là, je vous les livre en toute sincérité :

Qu'est ce qui distingue fondamentalement un être humain d'un animal ? Son degré de conscience ?
Oui mais est ce un bénéfice ou une tare ? On peut se poser la question quand on réalise ce qu'est capable d'engendrer la conscience ou plutôt l'absence de conscience : la mal gratuit.

Or nos congénères animaux ne conçoivent pas la cruauté gratuite, ni le prise de pouvoir pour l'orgueil, ni la possession comme une fin en soi. Non, c'est la loi de la jungle, pour la survie uniquement.

Alors autre distinction liée à cette faculté de conscience : la pensée (positive ou négative). C'est elle qui influe, jour après jour, à mesure que l'ego de notre existence se développe et se nourrit de son vécu.

Alors pourquoi cette prédominance ne conduit elle pas à une philosophie de vie au moins aussi sereine et constructive que celle du règne animal ? Du moins pour tous ceux qui n'ont pas su accéder à des réponses existentielles, à une paix intérieure. Les animaux vivent pour ce à quoi ils sont destinés biologiquement, naitre, se perpétuer et mourir. Les humains, eux, se lancent dans des errances sans fin, dans des quêtes existentielles, des cheminements mystiques ou philosophiques pour atteindre un état de bien être intérieur, qui curieusement est tout naturel chez les animaux. Comble du paradoxe que cette supériorité cérébrale ne conduise qu'à des effets opposés de ce à quoi elle paraît supposée...

Alors peut on se demander, à quoi sert la pensée, le questionnement, s'il est stérile et voué à engendrer le tourment plutôt qu'à l'apaiser ?

Finalement, ne pourrions nous pas admettre sans état d'âme que nous ne sommes qu'une variante animale, vouée elle aussi à sa mission terrestre sans y chercher un fondement quelconque? Pourquoi cette perspective de non sens nous effraie-t-elle autant ? Parce que nous pensons plus que nous ne vivons. Et au final, nous nous gaspillons dans les deux domaines, celui de la pensée infructueuse et celui de la vie à laquelle nous voulons donner une justification « acceptable ».

Après tout, nous sommes issus d'un néant absolu, d'un point infiniment petit qui un jour, voilà plus de 13 milliards d'années, pour des raisons mystérieux connu une expansion soudaine. Les galaxies que nous connaissons se sont formées par des effets de combinaisons chimiques et parmi les galaxies de l'univers, la nôtre et ses planètes. Parmi ces planètes, la nôtre, la Terre. Et sur cette terre hospitalière, des organismes vivants ont vu le jour à partir du seul élément minéral. Peut être une combinaison hasardeuse de bactéries est le premier maillon d'une chaine qui n'a plus cessé d'évoluer.

Alors phénomène purement cosmique, énergétique auquel le fruit du hasard a conduit à l'aboutissement ce que que nous sommes ? Où est ce une œuvre tellement prodigieuse que seule une main divine aurait pu la conduire à son achèvement ?

Bienheureux ceux qui possèdent la foi ! Qui se considèrent comme les enfants d'un Créateur, une sorte de Producteur, Metteur en Scène et Spectateur de la plus gigantesque superproduction ! Au moins, ils savent pour qui et pourquoi ils interprètent chacun le rôle qui leur a été assigné !

Mais quid des autres ? Ceux qui se rangent au même titre que les 1ères bactéries, les 1ers éléments de vie et partant de mort ? Un commencement et une fin avec une altération irréversible et irrémédiable entre les deux ?

On peut se demander légitimement, « à quoi bon, à quoi cela peut il servir » ? Si tout est voué à disparaître sans raison d'être apparente ? Même la race humaine en tant que telle connaitra sa fin inéluctable quand le soleil sera mort lui aussi ! Alors à quoi bon naître ? Et penser ? Et souffrir de ces pensées ?

Que peut-il y avoir de réconfortant dans un processus biologique expliqué mais dénué d'intention, de sens ?

Alors d'aucuns parlerons de la pérennité de la race (bon enfin jusqu'à la mort du soleil). Qu'il s'agit d'un cadeau issu du faisceau des probabilités et qu'il faut en être conscient, reconnaissant et le faire fructifier du mieux qu'on peut ! Mais que savons nous de nos propres ancêtres, ceux dont nous portons des gènes – infiniment dilués – qui ont vécu durant le 1er millénaire, durant l'aire pré historique et au-delà, d'où ?, ce ces 1ères bactéries peut être ? Que reste-t-il de ce qu'ils ont été, de ce qu'ils ont réalisé, pensé, ressenti . Rien ! Au final, aussi in- identifiable que ce point plus petit qu'une tête d'aiguille qui du néant a formé dans l'infiniment lointain le cosmos et les réactions chimiques en chaine !

Alors qu'en sera-t-il de nous, de nos enfants, petits enfants et arrières petits enfants pour nos descendants du 3è, 4è etc millénaires ? Cette souffrance que je couche aujourd'hui sur du papier, aussi vouée au néant que la poussière de mes os lorsqu'ils auront pourri.

Alors quel réconfort trouver dans cette perpétuation des races ? Certaines civilisations entières ont disparu, certaines sont même devenues de vrais mythes (l'Atlantide), d'autres des sources de nouvelles interrogations (les Mayas, les Dinosaures etc).

Ne vous êtes vous jamais demandés comment était le monde, un an, dix ans, 20 ans avant votre naissance ? Durant la vie de vos parents, durant la vie des personnalités connues déjà existantes et qui faisaient la une de l'actualité et dont nous entendons parler au travers des manuels d'histoire ou tout autre support d'information ? Ils avaient leurs jouets d'enfants, leurs moyens de locomotion, leur certificat d'étude, leurs maladies, leurs joies et leurs peines tout comme nous. Mais nous, que ressentions nous dans le néant de notre non existence ? Rien bien sûr ! Et il aurait pu en être ainsi sans le concours des circonstances qui firent rencontrer nos géniteurs et un de leur attribut de reproduction respectif en particulier. Avec son code, celui qui allait donner le nôtre, notre ADN, notre palette génétique propre !

Mais s'il n'y avait eu des circonstances réunies, mouvements de population dues au contexte, guerre, économique, climatologique etc ; s'il n'y avait pas eu toutes ces transhumances aléatoires, nos codes génétiques ne se seraient pas trouvés assemblés à l'identique. Nous serions « autre » ou nous ne serions pas. Et alors, que nous importerait puisque la non existence ne pense pas, ne s'interroge pas, ne souffre pas ?

Ou alors est ce que nos Destins sont tous écrits dans le Grand Livre du Maitre ?

Que peut faire l'agnostique pour vivre ce passage sans la désespérance de la vacuité et du non sens ? Jouir de tous les plaisirs, sans les entacher de leur « éphémérance » ? Sans s'accrocher à la vanité dérisoire et pathétique de transmettre une descendance dans laquelle tout ce que nous fûmes se délayera jusqu'à l'évanescence ? Et d'ailleurs, en quoi notre contribution génétique serait un but ultime, un gage bénéfique de notre passage en ce monde ? Une pierre majeure dans la construction d'un édifice global ? Quelle si haute opinion devons nous avoir de nous même pour nous prévaloir d'une telle ambition ?

Y a -t-il une quelconque cohésion dans cet assemblage ? Dans le cas contraire, comment lui trouver une valeur, un espoir, autre qu'hédonique et narcissique ?

Car il faut bien s'avouer, que celui qui cherche une signification, se considère comme suffisamment significatif lui même pour s'arroger la prétention de mériter une explication convenable ! Celui là encore se désole du peu qu'il pourrait être ! De la relativité de son existence, de la causalité de sa création et sa révoltante et inexorable certitude de retourner au néant !

C'est peut être cette fatuité plus que la quête existentielle dont on se prévaut, qui nous insupporte le plus !

Plaise aux sages qui savent se détacher des désirs et de leur cohorte de pulsions et vivre dans le bonheur d'exister ici et maintenant sans quête de passé ni d'avenir.

Vivre sa vie plutôt que la penser. Trouver une œuvre à léguer, donner du Beau, du Bon, c'est peut être notre seule mission, notre seule raison.

Trouver la force de l'acceptation.

 

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