Pourquoi choisir la médiation plutôt que la justice ?

Certaines personnes peuvent se poser cette question et il m'a semblé intéressant de vous donner mon point de vue sur ce sujet.

Pour plusieurs raisons :

Le temps : une action en justice prend beaucoup de temps. Il peut se passer de nombreux mois entre le dépôt de la requête et le jugement. En médiation, les personnes prennent contact, le rendez-vous est fixé quelques jours plus tard … et certains accords peuvent être pris très rapidement, parfois dès la première séance. Ces accords peuvent être testés, et remis en question lors des séances suivantes.

Le coût : une procédure judiciaire peut être très chère, surtout si celle-ci demande la présence d'un avocat. Le coût psychologique ne peut, bien sûr, pas être nié non plus. Il y aura un gagnant et un perdant. En médiation, nous travaillons dans la logique du gagnant-gagnant. Il est également plus agréable pour les enfants d'avoir deux parents qui se sont mis d'accord sur les points importants les concernant plutôt que de vivre le stress et le conflit entre leurs parents au quotidien.

Le résultat : la décision rendue par le Juge sera imposée. En médiation, ce sont les parents qui vont construire leur solution en prenant en compte les besoins de chacun. Il n’y a pas d’expert pour imposer son analyse de la situation ni décider pour autrui comme le ferait un juge ou un arbitre. Dans le cadre d’une médiation familiale, toutes les dimensions (psychologique, émotionnelle, psychosociale, juridique, économique,…) sont prises en compte alors que dans un procès traditionnel, l’impact des émotions sur les prises de décision est souvent ignoré. Toutefois, si vous souhaiter consulter pour des difficultés relationnelles ou émotionnelles, il est préférable de consulter un psychologue. Le médiateur, tout en permettant l’expression des sentiments des parties, recentre continuellement la discussion sur l’avenir et l’organisation future. Il part du principe que les parents connaissent mieux les besoins et les habitudes de leurs enfants qu'une personne extérieure.

L'écoute : Les parents passent quelques dizaines de minutes devant le Juge. En médiation, nous les recevons plusieurs fois pendant environ 1h30. C'est un lieu où les émotions vont pouvoir être dites, ou la décision de séparation peut être travaillée, faire le deuil du couple, aller de l'avant et construire un "après" en tenant compte du rythme et du temps nécessaire à chacun. Tout cela n'est pas possible dans le cadre d'une démarche devant le Juge. Ce qui fait la particularité et la force de la médiation est la place faite à l’expression des émotions. Elle est vraiment essentielle pour permettre à chaque protagoniste de pouvoir passer ensuite à une parole plus raisonnée.

Toutefois, la médiation ne va pas contre la justice, les deux peuvent se conjuguer. La médiation familiale présente aussi ses faiblesses : il ne peut y avoir de médiation que s’il y a accord des deux parties sur le choix du processus. Or ce consensus initial est parfois très difficile à obtenir. Par ailleurs, la médiation n’est équilibrée que si l’une des parties n’a pas trop l’ascendant sur l’autre (impossible en situations de violences par exemple). Dans ces cas, le médiateur doit avoir conscience des limites de sa pratique et pouvoir admettre qu’il est préférable de ne pas entamer de médiation ou d’y mettre un terme, et de renvoyer les parties vers le système judiciaire, ou un autre professionnel plus à même de travailler avec eux.

 

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