Peut-on éviter la démence?

(EN) Les personnes à risque d'être victimes d'un AVC devraient peut-être aussi savoir qu'elles sont susceptibles de développer la démence. Cette nouvelle est assez inquiétante, mais elle peut aussi déboucher sur de nouvelles approches dans la prévention de la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence.

La Dre Sandra Black, de l'Université de Toronto, constate un lien de plus en plus évident entre l'AVC et la démence. Selon ses recherches, les deux maladies sont liées à la santé des vaisseaux sanguins, c'est-à-dire les artères et les veines, du cerveau.

D'ailleurs, un nombre croissant de chercheurs partagent le point de vue de la Dre Black. Ce basculement de l'opinion ouvre la voie à d'incroyables possibilités, notamment au fait que la maîtrise des facteurs de risque, comme l'hypertension et le taux élevé de cholestérol, pourrait permettre d'éviter ou de retarder certaines formes de démence, comme la maladie d'Alzheimer.

Le défi consistera à déterminer quelles personnes en sont aux premiers stades de la maladie afin de les amener à prendre des mesures pour réduire leur risque.

Dans le cadre de l'étude de Sunnybrook sur la démence entreprise en 1995, la Dre Black a réalisé des scintigraphies cérébrales sur plus de 1 000 patients atteints de démence. De plus, elle a pris des images du cerveau des patients pour tenter d'établir des liens avec des changements dans leur comportement et dans leurs pertes de mémoire, et les a comparées aux images de cerveaux sains de personnes âgées.

« Nous avons obtenu ces images d'une manière qui nous a permis de mesurer les changements dans le cerveau avec une grande objectivité et qui ont un effet sur la cognition et le comportement », précise la Dre Black.

Ces images ont révélé le phénomène des AVC silencieux, ces pathologies qui n'ont aucun symptôme apparent mais qui font littéralement des petits trous dans le cerveau.

« Un quart des Canadiens de plus de 65 ans présentent de minuscules zones de tissu cérébral nécrosé », signale la Dre Black. Contrairement aux AVC graves qui entraînent presque immédiatement une paralysie et la perte de la parole, les AVC silencieux causent un déclin graduel et cumulatif des aptitudes mentales. Par ailleurs, une proportion de 95 % des personnes âgées aurait une fonction cérébrale ralentie par un certain degré de la maladie de la substance blanche, appelée ainsi en raison des plaques blanches qui sont visibles sur les images du cerveau.

Sa recherche en neuro-imagerie, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, a préparé le terrain pour l'utilisation possible de l'imagerie du cerveau comme outil de détection et de dépistage précoces des changements vasculaires liés à la démence. Les patients chez qui l'on détecte tôt ces changements sont alors soumis à des interventions éprouvées en matière d'AVC, comme l'administration de médicaments contre l'hypertension, la pratique d'exercices et des changements dans le régime alimentaire, afin de réduire leur risque de développer la démence.

« L'avenir suscite en moi un sentiment d'urgence, confie la Dre Black. Nous devons trouver des façons d'organiser les soins pour prévenir cette maladie. »

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