Harpagophytum partie 1

L’harpagophytum par ses propriétés antalgiques et anti-inflammatoires sur la douleur articulaire, représente la plus importante novation de ces années récentes, en médecine rhumatismale par les plantes.

Origine  et description de l’harpagophytum

L’Harpagophytum procumbens de la famille botanique des Pédaliacées est baptisé « Griffe du Diable », nom redoutable qui pourtant n'implique aucune toxicité particulière. La plante est originaire du Sud-Ouest africain.

On la rencontre surtout en Namibie dont la capitale, Windhoeck, lui valut également l'appellation de racine de Windhoeck. On la trouve également au Botswana et en Afrique du Sud dans la province du Cap et le Transvaal.

On la récolte en fait dans le désert sablonneux du Kalahari, vaste plaine aride et sablonneuse s'étendant à 1300 mètres d'altitude entre les fleuves Zambèze et Orange. Dans cette savane, dont la végétation dominante est faite de rares taillis de buissons épineux, fleurit l'harpagophytum.

L'harpagophytum fleurit en fines corolles, en forme de tubes épanouis dont le léger coloris violet.

Mais cette beauté révèle un piège tragique dans les fruits qu'engendrent ces fleurs. II s'agit en effet, de capsules dures comme du bois bardées d'aiguillons et de crochets acérés qui s'accrochent fortement à tout ce qui vient au contact, d'où ce nom d'harpago « j'agrippe », venu du grec harpaghos le grappin, retrouvé dans l'étymologie de mots comme « harpon ».

Cette « Griffe du Diable » est alors capable de blesser douloureusement pattes et sabots des animaux mais aussi les pieds nus de ceux courant la savane.

Très tôt, les chamans africains surent utiliser en décoction cette racine aux formes étranges pour traiter différents maux: constipation, migraines, poussées d'urticaire.

L'action contre les douleurs articulaires et vertébrales, arthrosiques et arthritiques fut découverte par des missions botaniques allemandes et confirme la clinique médicale occidentale.

Tout est dans la racine

L'harpagophytum est une petite plante herbacée vivace à feuilles opposées dont la racine est faite d'un axe s'enfonçant verticalement dans le sol jusqu'à 1 mètre de profondeur pour chercher l'eau nécessaire à sa croissance.

De cette racine primaire naissent des racines secondaires porteuses de grosses protubérances pouvant peser jusqu'à 500 grammes. C'est dire leur volume. Ce sont les tubercules qui constituent la partie médicinale.

Les tubercules d’harpagophytum, seule partie médicinale, contiennent:

•  des cires et acides gras

•  des sucres et dérivés sucrés

• des flavonoïdes, pigments colorés

•  des phytostérols, des phénols, toutes substances fréquemment rencontrées dans le règne végétal mais dont la présence potentialise, exalte les vertus thérapeutiques des principes actifs.

Ces principes actifs ont été identifiés comme étant des iridoïdes, substances chimiques à structure hautement originale et aux remarquables propriétés anti-inflammatoires.

Le plus important de ces iridoïdes est l'harpagoside, glucoside qui sous l'action de différents ferments se dédouble en harpagogénine très fragile et en sucres. Puis viennent l'harpagide, le procumboside et le procumbide.

La racine sèche d'harpagophytum contient de 0,5 à 3 % d'iridoïdes dont la présence explique l'activité thérapeutique de la drogue mais dont l'extrême fragilité implique des précautions très scrupuleuses dans la récolte et la conservation de la plante.

Tous les harpagophytums du commerce n'ont pas la même valeur et il faut rester très vigilant et exiger le label pharmaceutique.

Des propriétés anti-inflammatoires prouvées

Les iridoïdes de l’harpagophytum sont souverains contre l’inflammation douloureuse des articulations comme le montrent les recherches pharmacologiques.

Ainsi l'extrait aqueux d'harpagophytum inhibe le gonflement inflammatoire de la patte du rat, provoqué par injection de formol avec diminution de la production des orosomucoïdes, marqueurs des états inflammatoires ainsi que l'oedème résultant de l'injection d'huile de croton chez le rat et le cobaye.

De même, l'activité anti-inflammatoire testée sur l'intestin de cobaye est comparable à celle des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), ce qui est tout à fait remarquable.

Il faut citer trois études pharmacologiques récentes particulièrement intéressantes, objectivant les propriétés anti-inflammatoires et antalgiques de la Griffe du Diable. On injecte de l'huile de croton, substance particulièrement caustique, dans la patte du rat.

 Il en résulte la production de ce qu'on appelle un granulome inflammatoire, c'est-à-dire une sorte d'abcès stérile extrêmement douloureux et gonflant exagérément le membre touché.

 Or, l'injection préalable dans le péritoine du rat d'un extrait d'harpagophytum durant 12 jours ou plus simplement l'administration par la bouche, donne un résultat identique à celui obtenu avec la phénylbutazone, un des anti-inflammatoires les plus puissants connus, employés autrefois pour neutraliser les grandes arthrites mais abandonné pratiquement aujourd'hui du fait de sa toxicité pour le sang et nos globules blancs (Eichler et Koch, 1970).

L’harpagophytum agit aussi sur la douleur

En 1992, des expériences démontrent les effets antalgiques de l'harpagophytum, d'autant plus efficace que la dose administrée augmente (Lanhers et Fleurentin,1992). C'est ce qu'on appelle un « effet dose-dépendant ».

Le test utilisé est la réaction à la douleur de différents lots de souris après administration dans le péritoine (membrane interne abdominale) d'extraits d'harpagophytum. On se réfère à des échelles étalonnées permettant une approche quantitative du phénomène douloureux.

On observe un effet antalgique égal à:

•  47 % pour un dosage de 100 mg d'harpagophytum par kg;

•  78 % pour un dosage de 400 mg/kg.

Au dosage de 200 mg/kg, on obtient un effet protecteur antalgique de 53 % ce qui équivaut à l'effet protecteur (59 %) obtenu avec 68 mg d'aspirine par kg. Ce résultat est remarquable, car rapporté à un homme de 60 kg cela représente 4 g d'aspirine. Quant au principe pur d'harpagoside, il protège à 42 % pour une dose minime de 10 mg/kg. Ce sont là des chiffres passionnants.

Sûr et efficace

L’action anti-inflammatoire a été étudiée chez des rats recevant une injection intra-musculaire d’adriamycine, substance irritante et agressive. Les doses protectrices d’harpagophytum données oralement ont été de 37 mg/kg, 370 mg/kg, 3700 mg/kg (Jadot et Lecomte, 1992).

Les résultats obtenus démontrent que dès la dose la plus faible, notre végétal a une action protectrice anti-inflammatoire significative. Pour les doses très élevées (37 mg/kg, 3700 mg/kg) soit 10 à 100 fois les doses recommandées en thérapeutique humaine, on arrive à une saturation de l’analgésie qui se trouve ainsi portée au maximum sans qu’on relève d’effet toxique.

Cette expérience démontre à la fois l’efficacité et l’innocuité de l’harpagophytum, la dose idoine à utiliser est d’environ 37 mg/kg.

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