La réduction mammaire est aujourd'hui la deuxième opération de chirurgie réparatrice la plus pratiquée après la plastie abdominale.

La réduction mammaire des seins trop volumineux

L'hypertrophie mammaire se définit par un volume excessif des seins, souvent associé à un affaissement de la poitrine appelé ptôse mammaire. Cette déformation fréquente peut être congénitale et se manifester dès la période post-pubertaire, ou apparaître de façon secondaire suite à des facteurs agissant sur le volume et la position des seins: prise de poids, processus naturel de vieillissement, variations hormonales, grossesses, ...

Qu'elle soit d'origine glandulaire, graisseuse ou mixte, l'hypertrophie des seins est le plus souvent mal vécue d'un point de vue psychologique mais aussi physique, les seins trop lourds entraînant des dorsalgies (douleurs dorsales), cyphoses (dos rond), intertrigo (frottements et macération de la peau sous la glande mammaire, liés à la ptôse).

L'opération de réduction mammaire consiste à diminuer la glande mammaire et à remodeler la peau du sein afin d'améliorer le galbe et d’obtenir un volume mammaire harmonieux. Aucun traitement médical ne peut venir à bout d'une hypertrophie mammaire, que seule cette intervention chirurgicale peut corriger.

Avant l'intervention

  • L'absence de contre-indications à l'intervention est minutieusement vérifiée.
  • Selon les prescriptions, un bilan pré-opératoire complet (clinique et sanguin) est réalisé.
  • La visite avec le médecin anesthésiste doit être observée 48 heures au moins avant l'opération.

Il existe une grande disparité parmi les seins souffrant d'hypertrophie : gigantomastie (lorsque le retrait mammaire dépassera plus d’un kilo de glande par sein), seins tubéreux (malformation caractérisée par un aspect tubulaire des seins), seins asymétriques (pouvant conjuguer un sein hypertrophique et un autre hypotrophique à des degrés divers), seins s’accompagnant d’une déformation thoracique.
Le chirurgien plasticien devra préciser son objectif. Il doit pour cela évaluer la qualité de la peau, la composante graisseuse et glandulaire, la quantité de glande à retirer et le degré de ptôse à corriger. Ces deux dernières composantes seront surtout à l’origine de la technique et de la position des cicatrices.

Le geste chirurgical
L'opération s'effectue sous anesthésie générale et sa durée varie de 1h30 à 2h. L'hospitalisation dure de une à deux journées selon les patientes et le type de correction.

  • Dans un premier temps, le chirurgien plasticien réalise un dessin précis sur la poitrine de la patiente réveillée, dessin appelé « bâtis », correspondant à la quantité de peau retirée et, ainsi, aux futures cicatrices. Si une asymétrie est constatée avant l'intervention, le chirurgien devra en tenir compte dans son retrait cutané
  • La glande mammaire est diminuée, puis regalbée. L'excès glandulaire ôté est systématiquement envoyé en analyse (examen anatomopathologique)
  • Le mamelon et l'aréole sont repositionnés en étant ascensionnés et symétrisés
  • Le chirurgien peut alors procéder au redrapage du sein en enlevant la peau excédentaire
  • L’intervention s’achève par la fermeture des cicatrices d’incisions par du fil résorbable dissimulé à l’intérieur des cicatrices (surjets intradermiques)
  • Un pansement modelant en forme de soutien-gorge est posé en fin d’intervention.

Les cicatrices
Les cicatrices vont différer selon l'importance de l'hypertrophie et le degré de la ptôse à traiter. Le choix de l'emplacement des cicatrices est déterminé lors de la consultation. Aujourd'hui, l'avancée des nouvelles techniques permet d'obtenir des cicatrices plus discrètes qu'auparavant. Il s'agit le plus souvent de techniques dites « à cicatrices verticales » (cicatrices plus discrètes car dissimulées au pourtour de l’aréole et se poursuivant verticalement en dessous), ou plus rarement de techniques dites « à cicatrices en T inversé » (où il faut ajouter une cicatrice horizontale dans le sillon sous mammaire pour mieux « absorber » l’excédant cutané).
Le thorax étant une région cicatrisant moins rapidement que le visage, la cicatrice au niveau du sillon sous-mammaire, péri-aréolaire ou sur l'enveloppe du sein va s'atténuer de façon progressive, la maturité cicatricielle ne s'effectuant qu'après 10 à 12 mois.
La cicatrice au niveau de l'aréole est peu visible, du fait de la pigmentation rosée naturelle de cette zone et de la jonction entre la peau du sein et l'aréole qui n'est jamais parfaitement nette à l'état originel. Il est recommandé de ne pas exposer les cicatrices au soleil les mois suivant l'intervention, afin de ne pas risquer une dyschromie c'est à dire un trouble de la coloration des cicatrices. Si l'on ne peut éviter l'exposition, il est recommandé d'appliquer un écran total ou de porter un haut de maillot de bain (ou tout vêtement faisant écran avec les UV).

Suites de l'intervention

  • Les douleurs sont de faible intensité et la prise d'antalgiques classiques (paracétamol) suffit le plus souvent
  • Le pansement modelant et le drainage (redons) qui ont été posés suite à l'intervention sont retirés dès le lendemain avant la première douche. Les ecchymoses (bleus) disparaissent après quelques jours. La survenue d'un oedème consécutif à l'opération est tout à fait normale et sa résorption s'effectuera au bout de quelques semaines. Au bout de quelques jours, un soutien-gorge adapté (soutien-gorge de sport sans armature) doit être porté idéalement jour et nuit pendant 2 à 3 semaines. Son rôle n’est plus de soutenir la poitrine mais d’aider au maintien du pansement
  • On relève souvent une diminution transitoire de la sensibilité de la plaque aréolo-mamelonnaire (pouvant initialement se présenter de façon asymétrique) d’autant plus si la ptôse initiale a été importante. Cette insensibilité, si elle est présente, est le plus souvent spontanément résolutive en un ou deux mois
  • La patiente doit éviter tout effort physique intense le premier mois suivant l'opération
  • Il faudra patienter 6 mois avant de pouvoir apprécier les résultats optimaux de l'intervention de réduction mammaire (un an pour la cicatrice), le temps que l'ensemble des tissus s'assouplissent et que l'oedème consécutif à l'opération disparaisse totalement. La poitrine est alors symétrique, naturelle et harmonieusement galbée. Il sera recommandé à la patiente de conserver une certaine stabilité de poids afin de ne pas malmener les seins et ne pas entraver la nouvelle harmonie de la poitrine.

Risques possibles
Les complications suite à une intervention de réduction mammaire sont en principe rares. Néanmoins, la patiente doit être informée des risques suivants :

  • Accidents trombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire) pouvant survenir, notamment, en cas d’antécédents ou de défaut de lever précoce
  • Défaut de cicatrisation et nécrose (notamment si la prise de tabac n’a pas été arrêtée une semaine avant l’opération)
  • Hématome (arrêt impératif de toute prise d’aspirine une semaine avant l’opération)
  • Infection, notamment en cas de défaut de drainage post-opération par redons (drains aspiratifs)
  • Cicatrice hypertrophique voire chéloïde (notamment en cas de susceptibilité familiale, peau mate,..)
  • Dans de rares cas, si un défaut ou une insuffisance de résultat persistent à distance (environ un an), ces derniers pourraient nécessiter une retouche au bloc opératoire (sous anesthésie plutôt locale).

Coût et prise en charge par la sécurité sociale
Une prise en charge par l'assurance maladie est possible dès lors qu'il s'agit d'une importante hypertrophie avec un volume ôté par sein supérieur à 300 grammes, ce qui correspond à une taille de 2 bonnets en moins. Le fait qu’elle engendre une gène fonctionnelle (dorsalgies notamment) est indépendante de la prise en charge. La demande d'entente préalable n'est pas obligatoire car c'est le chirurgien qui apprécie la prise en charge.
Le tarif d'une intervention de réduction mammaire est établi selon les honoraires du chirurgien plasticien et du médecin anesthésiste.

Un allaitement est-il possible après une réduction mammaire ?
La réduction mammaire n'interdit pas un allaitement même si parfois cette intervention peut le rendre plus difficile, surtout si le geste effectué concerne un retrait de glande important associé à une correction de ptôse sévère. Les nombreuses techniques de réduction mammaire tentent de préserver la vitalité du sein, la vascularisation de la glande et la sensibilité du mamelon, permettant dans la majorité des cas la possibilité d'un allaitement ultérieur. Il faut cependant noter que plus le délai entre l'intervention de réduction mammaire et la grossesse est important, plus les chances de pouvoir allaiter de façon suffisante seront élevées. Il faut effectivement un grand minimum de 6 mois à un an pour une régénération des canaux galactophores et des rameaux sensitifs.

En conclusion
Si des seins à fort volume peuvent s'accorder à une femme de grande taille, ils peuvent à contrario complexer une personne de petite taille. Outre la disharmonie esthétique possible, l'hypertrophie peut engendrer à moyen ou long terme une fragilisation de la peau et une atteinte du rachis dorsal. Les glandes mammaires n'adhérant pas au thorax, c'est toute l'enveloppe cutanée qui doit supporter l'important volume du sein, avec par la suite un fort risque d'affaissement de la poitrine.

L'intervention de réduction mammaire, aujourd'hui fiable, donne d'excellents résultats si elle est réalisée dans de bonnes conditions médicales, par un chirurgien plasticien habilité, permettant à l'opérée de retrouver un bien-être physique, psychologique et esthétique.

 

Article sur l’intervention de la réduction mammaire rédigé par le Dr David Picovski, chirurgien esthétique et plastique (blog)
Site : http://docteur-picovski.com

 

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2 commentaires pour "La réduction mammaire des seins trop volumineux"

Portrait de Emma56
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Un excellent article à propos un sujet très important surtout pour les femmes qui donnent une grande importance à leurs beauté, je vous invite aussi de visiter la page web qui concerne le même sujet pour approfondir vos informations: http://www.plasticiens-paris.fr/chirurgie-esthetique/chirurgie-de-la-poitrine/reduction-mammaire

Portrait de Lorely003
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Emma56,
Je ne vous rejoins pas forcément sur le fait que cet article soit important "surtout pour les femmes qui donnent une grande importance à leur beauté". En effet, je pense que ce genre d'opération est avant tout un gain en confort de vie, plutôt qu'une démarche esthétique, à l'inverse d'une augmentation mammaire.

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