
Le langage est le résultat d'un ordre donné par le cerveau aux organes phonatoires. L'ordre de parler est le résultat de plusieurs décisions prises par le cerveau à plusieurs niveaux. Plus précisément plusieurs fonctions sont nécessaires à l'élaboration du langage. C'est la raison pour laquelle il existe plusieurs
types d'aphasie.
Il faut distinguer ce que l'on appelle les
airs sensoriels primaires (sensibilité) permettant d'intégrer les informations c'est-à-dire au cerveau de comprendre ce qui se passe venant de l'extérieur et les
airs motrices primaires (motricité) qui sont la voie finale ayant pour but de coordonner les gestes.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire les airs sensoriels primaires et les airs motrices primaires ne représentent que
10 % du cortex cérébral. Le cortex étant la zone superficielle du cerveau contenant la substance grise c'est-à-dire du corps des neurones. Sous le cortex se trouve la substance blanche correspondant aux fibres nerveuses qui transportent l'influx en provenance des corps des neurones.
Les 90 % du cerveau qui restent sont constitués d'autres systèmes que l'on appelle le
cortex associatif qui permet en quelque sorte de réunir les airs sensoriels et les airs motrices. Pour les spécialistes en neurologie il s'agit des
aires unimodales, des
aires hétéromodales, du
système limbique et paralimbique.
Si les
aires sensoriels et les
aires motrices permettent de ressentir la sensation et d'effectuer des mouvements, le
cortex associatif, quant à lui, permet le mécanisme d'intégration aboutissant à la
cognition (acquisition des connaissances), aux
émotions et au
comportement.
Grosso modo, à l'intérieur du cerveau, il existe un nombre inimaginable de
connexions entre le cortex et les zones situées sous le cortex. Il est impossible, d'autre part, de dire avec certitude qu'il existe une zone donnée pour le langage, une autre pour la mémoire, une autre pour les émotions de manière précise. Néanmoins, les lésions d'une zone du cerveau plutôt que d'une autre permettent, en fonction des symptômes observés, de dire qu'une région du cerveau est plus spécialisée qu'une autre dans certaines spécificités (
langage, mémoire, affection, déroulement des mouvements, comportement, vision, perception des sons, sommeil, etc).
Il est intéressant de savoir qu'en termes de maladie cérébrale et plus précisément de problèmes
neuropsychologiques (la neuropsychologie étant la spécialisation médicale s'intéressant aux répercussions psychologiques et neurologiques des maladies du système nerveux central), on décrit
cinq grands réseaux à l'intérieur du cerveau. Ces réseaux sont dispersés; il s'agit de :
- Un réseau périsylvien permettant le langage.
- Un réseau pariétofrontal permettant de reconnaître l'espace.
- Un réseau occipitotemporal ayant pour but de reconnaître les objets et les visages.
- Le réseau limbique pour la mémoire et l'émotion.
- Un réseau préfrontal pour l'attention et les comportements.
Il découle de ce qui vient d'être dit plusieurs choses dont il faut retenir qu'essentiellement une perturbation du langage et de la mémoire peut être le résultat d'une atteinte de n'
importe quelle zone cérébrale (les neurologues et les neuropsychologues préfèrent utiliser le terme d'
aire) qui participent au même réseau. Que d'autres parts une lésion d'une seule aire est susceptible d'aboutir à plusieurs déficits neurologiques (perturbation du fonctionnement du cerveau) concernant l'ensemble des réseaux qui sont interconnectés. Il est important également de savoir qu'une lésion d'un des composants du
réseau est susceptible d'entraîner une perturbation transitoire (le neurologue parle de
déficit transitoire de fonctionnement du cerveau) ou minime à condition que les autres parties du réseau se réorganisent de manière à compenser ces déficits transitoires. Enfin, les différents sites anatomiques constituant le réseau sont spécialisés mais tout à fait relativement c'est-à-dire non totalement en ce qui concerne un fonctionnement ou un comportement spécifique.
Compte tenu de toutes ces notions de base d'anatomie cérébrale et de neuropsychologie, il est possible d'avancer que le langage est une faculté spécifique à l'être humain qui permet l'expression de la pensée et la communication des expériences vécues en utilisant des symboles arbitraires : les mots.
La zone du cerveau qui permet le langage est située au-dessus d'un ensemble d'interconnexions de neurones (réseau) dont l'épicentre est lui-même situé sur la
région périsylvienne (grosso modo au niveau de la tempe) de l'hémisphère gauche.
Aire de Broca
L'
aire de Broca fait partie de cette zone et a pour action de transformer les représentations neurales des mots en
séquences articulatoires.
Historiquement le neurologue français Broca, le 18 avril 1861, présente à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, le cas d'un malade dont le nom était
Le Borgne et qui avait été surnommé Tan car il ne savait répéter que ce mot-là. Le borgne avait, après un accident cérébrale perdu la capacité de parler et pourtant il continuait tout de même à comprendre ce qu'on lui disait. Pour s'exprimer il répétait, ainsi que nous venons de le dire, les deux syllabes tan-tan. Finalement l'autopsie de ce patient, et plus précisément l'examen neurologique de son cerveau, démontra la présence de lésions au niveau d'une zone du cerveau située vers l'avant de celui-ci et qui depuis porte le nom d'aire de Broca.
A partir de cet instant le type d'aphasie liée à une atteinte de l'aire de Broca fut nommé
aphasie motrice mais également
aphasie d'expression dite aphasie de Broca.
Aire de Wernick
Cette zone comprend aussi l'
aire de Wernick dont l'une des fonctions essentielles est de transformer les afflux sensoriels (influx nerveux à l'origine des sensations) en
représentation linguistique. Ceci est possible grâce à l'établissement des associations signifiantes.
De la même manière que pour l'air de Broca, le neurologue allemand Carl Wernicke découvrit, en 1874, un autre type d'aphasie appelée d'ailleurs
aphasie de Wernicke. Wernicke rapporte l'observation de deux patients ne possédant pas la capacité de comprendre le langage parlé mais ces deux patients conservaient la capacité de parler. En réalité ils présentaient des
lésions de la partie supérieure du lobe temporal gauche que l'on appela dès lors l'
aire de Wernicke. Cette aire se trouve à proximité des aires sensorielles auditives.
Faisceau arqué
Entre l'air de Broca et l'air de
Wernicke existe une troisième région que l'on appelle le faisceau arqué et qui relie les deux aires précédemment citées. À l'instar d'un dysfonctionnement de l'
aire de Broca et de l'
aire de Wernicke, la destruction du faisceau arqué aboutit à une troisième forme d'aphasie que l'on appelle
aphasie de conduction et au cours de laquelle le patient peut émettre et comprendre des mots mais ne possède pas la capacité de les mettre en relation entre eux.
En réalité les problèmes de langage sont beaucoup plus complexes que cela, c'est-à-dire ne reposent pas uniquement sur trois zones du cerveau dont il vient d'être question. Ceux-ci seraient le résultat des différentes actions de plusieurs zones du cerveau dont on ne connaît pas avec précision la localisation pour l'instant, malgré l'utilisation répétitive de l'
imagerie médicale moderne (IRM fonctionnelle PETscann, etc.).
Un grand nombre de travaux a permis de mettre en évidence, pour l'instant, 22 aires corticales. Celles-ci sont associées au
traitement phonologique.
La
phonologie est la branche de la linguistique ayant pour but de décrire les systèmes de phonèmes des langues en termes de différences et de ressemblances fonctionnelles.
Pour résumer l'
aphasie de Broca, appelée également aphasie motrice se caractérise entre autres par un trouble de l'analyse de l'organisation de la syntaxe de la phrase. L'
aphasie de Wernicke se caractérise plutôt par une
perturbation de la sémantique c'est-à-dire le sens des mots. Les régions voisines seraient également concernées et chacune d'entre elles possèderait une spécialisation pour nommer les objets, des individus, les choses de la nature.