Mécanisme de la maladie de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique.


L’atteinte du locus niger (noyau de substance grise du cerveau: nigrostrié) entraîne une insuffisance de sécrétion de dopamine (neuromédiateur) intervenant dans la régulation des mouvements. La carence en dopamine est le résultat de la destruction de neurones (nigrostriés) qui habituellement fabriquent la dopamine (neurones dopaminergiques).
Historiquement, les lésions aboutissant à cette diminution de sécrétion de dopamine ont été mises en évidence par Trétiakoff dans la thèse de médecine qu’il soutenait à Paris en 1919, environ un siècle après les premiers travaux de Parkinson.
Pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de faire petit rappel sur le neurone et les neurotransmetteurs tout d'abord. Chacun sait que le cerveau est constitué de plusieurs dizaines de milliards de cellules que l'on appelle des neurones, qui communiquent entre eux à travers un réseau très complexe. Autrement dit, chaque neurone possède la capacité de recevoir une information provenant de plusieurs milliers d'autres neurones, et à son tour de renvoyer les informations qu'il vient de recevoir. Cette information passe d’un neurone à l’autre à travers une articulation (c'est-à-dire en quelque sorte la jonction entre deux neurones) qui porte le nom de synapses. Autrement dit, la synapse est le minuscule espace qui sépare deux neurones et que l'influx nerveux doit franchir. Ce franchissement ne peut se faire que si le premier neurone sécrète une substance que l'on appelle neurotransmetteur, qui sera à son tour reconnu par le neurone suivant, et ainsi de suite. On a décrit un peu plus de 50 neurotransmetteurs. Chacun a entendu parler de l'adrénaline, de la noradrénaline, de l'acétylcholine, du glutamate et bien entendu de la dopamine : c'est la substance qui nous intéresse en ce qui concerne la maladie de Parkinson.
Revenons un instant sur la substance noire à l'intérieur de laquelle les neurones sécrètent de la dopamine. Il s'agit donc de neurones dopaminergiques.
Le nombre de neurones à ce niveau est d'environ 400 000. Sachant qu'il en existe plusieurs dizaines de milliards à l'intérieur du cerveau, on conçoit que ce chiffre est très faible.
Il faut maintenant parler d'une autre zone du cerveau qui s'appelle le striatum. Ce striatum fait partie des noyaux gris centraux du cerveau. Un noyau gris est un amas de cellules grises (présentes habituellement en périphérie au niveau du cortex cérébral) présent au centre la substance blanche, à la manière de pépins noyés dans la pulpe d'une orange.
La relation entre la substance noire et le striatum se fait par l'intermédiaire des prolongements des corps cellulaires qui sont situés à l'intérieur de la substance noire. Autrement dit, il existe une communication entre ces deux zones par l’intermédiaire des prolongements des neurones dont le corps (la partie principale du neurone) est situé dans la substance noire.
Chaque neurone situé dans la substance noire possède plusieurs milliers de terminaisons contenant une synapse. De cette façon, toutes les informations qui vont arriver dans le striatum seront particulièrement riches étant donné le grand nombre de synapses.
Répétons le, le neuromédiateur de la substance noire est la dopamine. En réalité, la quantité de substance noire est encore plus importante dans le striatum où les prolongements des neurones viennent décharger (c'est-à-dire déposer) une grande quantité de dopamine qui est accumulée à l'intérieur du striatum.

La quantité de neurones dans la substance noire chez un patient non atteint par la maladie de Parkinson est d'environ un demi-million. Au cours de la maladie de Parkinson, ce nombre diminue progressivement. Au début de la maladie, le peu de neurones restant possède encore la capacité de sécréter de la dopamine en quantité satisfaisante pour que le patient ne présente pas encore de symptômes intenses. Mais au fur et à mesure de l'évolution de cette maladie, ces neurones ne sont plus aptes à fournir, à apporter au niveau du striatum une quantité suffisante de dopamine qui lui permet normalement de fonctionner convenablement. Au cours de la maladie de Parkinson, le striatum présente progressivement une activation inadaptée. Ce dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) n'est pas en relation avec le nombre de récepteurs situés au niveau du striatum, car ceux-ci sont en nombre et en qualité normaux. La problématique provient du nombre de neurones de la substance grise qui lui est insuffisant et donc fabrique de la dopamine en quantité anormalement basse. Si on examine au microscope de la substance noire, on s'aperçoit que le nombre de neurones est très bas, ce qui se traduit par une pâleur de cette substance noire. Cette diminution du nombre de neurones n'est pas régulière. En effet, on constate qu'une partie de la substance noire et ± riches en neurone alors que d'autres zones sont totalement dépourvues de neurones.
L'examen microscopique permet également de mettre en évidence une autre anomalie. On constate en effet la présence de corps de Lewy. Lewy était un neuropathologiste qui a le premier décrit ces corps. Un neuropathologiste est une personne spécialisée en neurologie qui étudie le mécanisme de survenue de certaines maladies neurologiques en observant les cellules qui présentent une défaillance et qui sont le plus souvent visibles au microscope. Les corps de Lewy sont de petites inclusions (corps étrangers) situées à l'intérieur des neurones, de forme sphérique. Pour les spécialistes : ils sont éosinophiles avec un centre hyalin et entourés d'un halo clair.

On estime que la destruction, qui est de type apoptose (mort génétiquement programmée), de neurones est d'environ la moitié avant que les premiers symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent. En fin de vie, la destruction touche environ 80% du stock de neurones des patients.

Quand on observe des neurones en phase d'apoptose au microscope électronique, on remarque que ceux-ci présentent les modifications suivantes. Tout d'abord on constate une rétraction du corps des cellules et une condensation puis un morcellement (fragmentation) de la chromatine (regroupement des chromosomes à l'intérieur du noyau). Il n'existe pas par ailleurs d'altérations des organites de la cellule tels que le reticulum endoplasmique et les mitochondries entre autres.