Alzheimer (traitement médicamenteux de la maladie d')
Introduction
La maladie d'Alzheimer (voir la video en trois D sur la maladie d'Alzheimer) est une maladie neurodégénérative c'est-à-dire qui détruit progressivement et de manière irréversible les fonctions intellectuelles gérées par le cerveau. Cette maladie, dont la prévalence est l'incidence augmentent exponentiellement avec l'âge, se caractérise par deux types de lésions cérébrales : les plaques amyloïdes extracellulaires et la dégénérescence neurofibrillaire intra neuronale. Il a été démontré que la dégénérescence neurofibrillaire est constituée par l'agrégation d'une protéine du squelette de la cellule : la protéine Tau.
La maladie d'Alzheimer se caractérise essentiellement par des troubles de la mémoire (voir la video en trois D sur la mémoire) récente, des difficultés à effectuer des gestes de la vie quotidienne, des problèmes d'expression et de langage, une désorientation dans le temps et dans l'espace, une perte de capacité de jugement, une perte de raisonnement, des oublis et la perte d'objets, des changements d'humeur et de comportement, des modifications du caractère de la personnalité et une passivité avec perte d'initiative (source France Alzheimer).
Le traitement pharmacologique c'est-à-dire faisant appel aux médicaments est le suivant.
Les anti-inflammatoires ainsi que les médicaments vasodilatateurs c'est-à-dire ayant en théorie la capacité d'agrandir le calibre des vaisseaux n'ont pas montré leur efficacité avec certitude. Il en est de même des antioxydants, des anti-inflammatoires et de toute autre substances utilisées parfois dans le traitement de la maladie d'Alzheimer (en raison des risques d'effets indésirables significatifs sans bénéfice prouvé). Néanmoins la vitamine E et la ségéline aurait une action pharmacologique démontrée.
En réalité quatre médicaments sont actuellement utilisés pour traiter la maladie d'Alzheimer. Ces médicaments agissent sur l'acetylcholine en favorisant en quelque sorte la concentration de cette substance (il s'agit d'un neuromediateur) dans le cerveau, produit inhibiteur de la cholinestérase (au final ayant pour but d'augmenter de taux de cette substance au sein des neurones).
- Le premier médicament est l'Aricept (Donépézil), prescrit à une posologie de 5 puis de 10 mg par jour et ayant la simplicité d'observance c'est-à-dire qu'il est pris à raison d'une dose unique par jour.
- Le deuxième médicament est la rivastigmine c'est-à-dire l'Exelon comme nom de médicament mais qui nécessite des adaptations podologiques de 6 à 12 mg par jour en deux prises par jour.
- Le troisième médicament est le Reminyl (qui contient comme molécule active de la galantamine) et qui est prescrit à la posologie c'est-à-dire à la dose de 8 puis de 10 milligrammes par jour et dont on dispose à ce jour une forme à libération prolongée en prise unique.
- La quatrième molécule utilisée et la mémantine vendu sous le nom d'Ebixa. Pour les spécialistes il s'agit d'un antagoniste de faible affinité des récepteurs N-Méthyl-D-Aspartate (NMDA) du glutamate. Ce médicament aurait un effet préventif sur des phénomènes de neuro toxicité (pour les neurobiologistes, excitatrices).
Est-il nécessaire quelquefois d'associer, aux médicaments précédents visant à rétablir une transmission normale entre les neurones concernant avant tout le système cholinergique, d'autres médicaments
psychotropes c'est-à-dire ayant une action sur le système nerveux central et en particulier le cerveau. C'est une question qu'il faut quelquefois se poser mais pour laquelle la réponse n'est pas aisée. En effet, autant dans la maladie d'Alzheimer on constate avec certitude une dégénérescence des neurones qui fabriquent l'acétylcholine nécessitant alors l'utilisation d'un ou de plusieurs médicaments (à visée cholinergique) décrits ci-dessus, autant il n'est pas automatique de prescrire des
neuroleptiques utilisés le plus souvent pour lutter contre des manifestations de type psychotique (comportement «anormal» du patient), des hypnotiques favorisant l'endormissement du sujet, les anticholinergiques qu'il faut éviter de prescrire, des antidépresseurs etc.
Le plus souvent chez le patient présentant des épisodes d'agitation, d'agressivité, de déambulation anxieuse, de manifestation délirante, de manifestation hallucinatoire, les neuroleptiques seront sans doute utiles. Il faudra dans ce cas alors plutôt préférer les neuroleptiques de dernière génération et en particulier les
neuroleptiques atypiques qui ont moins d'effets secondaires extrapyramidaux que les neuroleptiques classiques comme l'halopéridol (Haldol). Les neuroleptiques atypiques sont l'
olanzapine qui est la molécule du médicament portant le nom de Zyprexa et la rispéridone c'est-à-dire le Risperdal.
Chez certains patients atteints de maladie d'Alzheimer il est quelquefois nécessaire de prescrire des antidépresseurs. Ceux-ci seront choisis en raison de leur absence d'effets anticholinergiques (entraînant une baisse de la concentration en acétylcholine dans le cerveau). Il s'agit de la famille des drogues nonimipraminiques telles que la miansérine, la viloxazine, la minaprine, etc. Il est préférable d'utiliser tout particulièrement les inhibiteurs de la recapture de la
sérotonine c'est-à-dire des médicaments qui freinent l'élimination après recapture de la sérotonine laissant cette molécule, cette substance à l'intérieur des synapses. Ces médicaments sont susceptibles d'améliorer les comportements agressifs également.
Les benzodiazépines (famille du Valium) peuvent éventuellement améliorer les troubles cognitifs (atteinte intellectuelle) mais ce n'est pas automatique. D'autre part les benzodiazépines sont susceptibles de modifier la vigilance du patient c'est la raison pour laquelle il faut les réserver au malade très anxieux et surtout utiliser des
benzodiazépines que l'on qualifie de demi-vie courte (relativement rapidement éliminés de l'organisme) et essentiellement durant de courtes périodes. Certains neurologues, neuropsychologues et neuropsychiatres préfèrent utiliser les carbamates et les antihistaminiques.
Beaucoup plus rarement d'autres drogues sont prescrits il s'agit des
anticonvulsivants, des normo
thymiques mais il faut préciser que leur indication est très limitée.
Dans un futur relativement proche l'industrie pharmaceutique devrait réussir à mettre au point d'autres molécules ayant une action sur la transformation
amyloïde qui survient au cours de la maladie d'Alzheimer.