Nocardiose

Introduction

La nocardiose est une maladie due à une infection des poumons survenant sur un mode chronique (s'étalant dans le temps) et due à une bactérie appartenant au genre Nocardia. Cette bactérie infecte de manière préférentielle les patients immunodéficients c'est-à-dire se défendant mal contre les infections. D'autre part elle dissémine à travers la circulation sanguine (voie hématogène) entraînant alors l'apparition d'abcès en dessous de la peau voire à l'intérieur de l'organisme.

Les agents pathogènes c'est-à-dire les germes responsables sont Nocardia asteroides, Nocardia nova, Nocardia Braziliensis. Il s'agit de bactéries filamenteuses, anaérobies (ne nécessitant pas d'oxygène pour se reproduire),  pour les spécialistes en biologie acidorésistantes et mises en évidence par la coloration Gram positif. Nocardia vit dans le sol (voir un mycétome du talon).

La contagion de cette pathologie infectieuse se fait par l'intermédiaire d'inhalation (absorption par les voies respiratoires) ou directement à travers la peau en cas de blessures ou d'égratignures par exemple.

Généralement la nocardiose est associée à l'immunodépression survenant en cas d'infections opportunistes. L'immunodépression  (la diminution des défenses immunitaires de l'organisme) peut également faire suite à un traitement par corticoïdes (corticothérapie prolongée). Les lymphomes malins peuvent également favoriser la survenue de nocardiose qui est rare en cas de sida sans doute à cause de l'utilisation de cotrimoxazole à titre préventif.

Les symptômes entraînés par la nocardiose sont :

Chez un patient sur deux l'évolution se fait vers la dissémination c'est-à-dire la propagation des bactéries à partir des poumons vers le reste de l'organisme en passant par la circulation sanguine. Les localisations secondaires concernent le cerveau (abcès cérébraux multiples), la rétine (choriorétinite) les méninges (méningite), les reins, le tissu osseux et les muscles.

Les examens de laboratoire comportent la mise en évidence du germe qui est identifié grâce à l'examen microscopique des expectorations (glaires provenant des poumons) mais aussi du pus et du liquide bronchoalvéolaire, voir du liquide céphalo-rachidien obtenu par ponction lombaire.
La confirmation du diagnostic se fait grâce à la culture (pour les spécialistes) en milieu anaérobi qui devient positif en deux à quatre jours.
L'identification des espèces du genre Nocardia est également possible.

Les examens complémentaires comportent une radiographie des poumons. Celle-ci met en évidence la présence d'infiltrations nodulaires et parfois même de cavernes.

La nocardiose doit pas être confondue avec l'actinomycose.

Le pronostic de la nocardiose, sans traitement est mortel. Quand un patient est traité la guérison est possible mais néanmoins, même avec traitement, l'évolution fatale n'est pas rare.                                                                                                                 

Le traitement comporte la sulfadiazine ou le sulfamethoxazole avec triméthoprime à doses suffisantes (voir antibiotiques). Ce traitement est nécessairement poursuivi durant deux à trois mois voir plus quand le patient présente une immunodéficience.
Chez quelques patients il est nécessaire d'utiliser l'amikacyne à raison de 5-7 et 5 mg par kilogramme toutes les 12 heures, voir l'érythromycine à raison de 250 à 500 mg toutes les six heures ou la minocycline.