La polyneuropathie correspond à une teinte étendue, symétrique et bilatérale du système nerveux périphérique. Il faut distinguer le système nerveux central qui comprend ce qui est contenu dans le crâne c'est-à-dire l'encéphale et la rétine associés à la moelle épinière, du système nerveux périphérique comprenant les nerfs issus de la moelle épinière.
La polyneuropathie la plus connue porte le nom de syndrome de Guillain-Barré qui se caractérise par une perte de myéline (substance grasse entrant dans la composition d'une gaine qui isole en quelque sorte l'axone du nerf c'est-à-dire sa substance vitale par où passe l'influx nerveux). Cet démyélinisation des fibres nerveuses aboutit à une paralysie progressive qui débute au niveau des membres et qui est susceptible d'atteindre les muscles respiratoires, entraînant alors un risque vital (possibilité de décès du patient).
Les autres polyneuropathies sont les neuropathies diabétiques et les neuropathies toxiques essentiellement liées à une intoxication par l'alcool qui sont particulièrement fréquentes.
Les patients souffrant de polyneuropathies présentent des troubles moteurs (difficulté de plus en plus croissante à effectuer des mouvements) des troubles sensitifs (difficulté à ressentir les choses au sens cutané du terme) et des manifestations dysautonomiques c'est-à-dire une atteinte du système nerveux autonome ou si on préfère du système nerveux qui régule les fonctions automatiques de l'organisme (respiration, battements cardiaques, digestion, fabrication de l'urine, accommodation de la vue etc..)
Les examens complémentaires, pour mettre en évidence les polyneuropathies, sont l'électromyogramme. Celui-ci est quelquefois complété par une ponction lombaire et par une biopsie d'un muscle ou d'un nerf.
Le pronostic des polyneuropathies est variable selon les individus et surtout dépend directement de la cause.
Les soins qu'il faut apporter pour prévenir les complications liées à la survenue des troubles moteurs et des troubles sensitifs sont les suivants :
Et il est nécessaire avant tout d'apprécier le retentissement des troubles, de l'atteinte du système nerveux périphérique sur les fonctions vitales. Ainsi seront appréciés non seulement la fréquence respiratoire mais également l'amplitude de la capacité thoracique et respiratoire. Également sera procédé à un dépistage de la paralysie éventuelle du diaphragme pouvant nécessiter dans certains cas une ventilation assistée artificielle.
Les troubles de déglutition c'est-à-dire des difficultés pour avaler seront également recherchés. Il faut savoir qu'il existe un risque d'inhalation des bronches c'est-à-dire de pénétration d'aliments et de liquide à l'intérieur des poumons qui peut éventuellement nécessiter la pose d'une sonde nasogastrique c'est-à-dire d'une sonde qui pénètre par le nez pour aller dans l'estomac, ceci sur les ordres d'un médecin.
La pression artérielle ainsi que la saturation en oxygène et le pouls sont également surveillés. Les patients atteints de neuropathie et de polyneuropathies sont susceptibles de présenter une hypotension orthostatique c'est-à-dire une chute de la tension artérielle en passant de la position allongée à la position debout surtout quand il souffre, par ailleurs, d'un problème respiratoire.
Il est important de retenir qu'il est nécessaire de préserver le plus longtemps possible capital veineux (garder les veines en bon état). En effet, il est possible d'avoir besoin, à un moment ou un autre, de procéder à des injections, essentiellement de cortisone (corticoïdes). Des échanges plasmatiques peuvent également être nécessaires. De toute manière il faut toujours envisager d'avoir besoin de poser une voie veineuse c'est-à-dire de faire une perfusion chez un patient concerné par une polyneuropathie, ne serait-ce que pour apporter une hydratation (supplémentation liquidienne).
Une des complications susceptible de survenir chez les individus polyneuropathiques est la survenue de problèmes concernant le décubitus c'est-à-dire le fait que le patient est allongé. Il s'agit d'un éventuelle escarre, d'un encombrement de la trachée et des bronches par accumulation de pus ou de sérosité à l'intérieur des poumons C'est la raison pour laquelle il faudra procéder régulièrement à une kinésithérapie respiratoire, à des aspirations trachéobronchiques et à un dépistage des troubles de l'élimination qui sont très important. En effet, le patient est susceptible de présenter une dysurie c'est-à-dire des difficultés concernant d'éventuelles rétentions urinaires ou une diarrhée.
Un examen neurologique et neuropsychologique est nécessaire afin de prendre conscience d'éventuels inconforts liés à l'atteinte neurologique. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de noter l'évolution des différents troubles moteurs et des perturbations neurovégétatives (mauvais fonctionnement des organes sur le plan de leur autonomie).
Sur le plan psychologique le soutien du patient lui-même et de son entourage doit se faire quotidiennement. Une éventuelle anxiété est susceptible de surgir. Elle peut concerner une absence de récupération de la motricité ou une peur de survenue de certaines séquelles. Enfin certains patients souffrent de problème d'élaboration du langage à cause d'une éventuelle aphasie. Les troubles de la phonation finissent par gêner quelquefois la communication, il est nécessaire, par l'intermédiaire d'un apport psychothérapeutique, de soulager le patient.