Abcès extradural de la moelle épinière
Introduction
Appelé également épidurite aiguë, l'abcès extradural ou sous-dural de la moelle épinière correspond à une masse de pus située dans l'espace extradural c'est-à-dire épidural et plus rarement sous la dure-mère de la moelle épinière, généralement au milieu de la région dorsale. L'abcès est le résultat d'une infection le plus souvent par un staphylocoque doré quelquefois par le colibacille ou à un germe anaérobie (nécessitant pas d'oxygène pour se reproduire).
Anatomie
La dure-mère est l'une des trois méninges recouvrant et protégeant le système nerveux central (cerveau, moelle épinière). Il s'agit de la plus externe des enveloppes constituant les méninges.
Causes
Le plus souvent c'est le staphylocoque doré qui est responsable de la survenue d'un abcès extradural et sous dural de la moelle épinière. Il peut s'agir également de colibacille ou de germes anaérobie. La dissémination du germe se fait par voie hématogène c'est-à-dire à travers la circulation sanguine, à partir d'un foyer (point de départ de l'infection) éloigné. Il peut s'agir par exemple d'un furoncle ou d'un abcès dentaire. Plus rarement une ostéomyélite il s'agit d'une inflammation c'est-à-dire d'une infection de l'os entraînant une contamination de voisinage c'est-à-dire que les tissus situés à côté de l'ostéomyélite s'infectent progressivement et la dure-mère est envahie également son tour. Moins souvent la cause de l'abcès est une injection à travers la dure-mère comme c'est le cas par exemple en cas d'infiltration de corticoïdes destinés à soulager une articulation du rachis (située entre deux vertèbres, au niveau de la colonne vertébrale).
Symptômes
L'abcès extradural entraîne les symptômes suivants :
- Apparition de douleurs de type radiculaire c'est-à-dire pouvant passer pour une sciatique ou une cruralgie par exemple.
- Une éruption ressemblant à une infection par un herpès mais dont la localisation se fait comme un zona entre autres.
Examen Physique
Si l'abcès est suffisamment volumineux il peut entraîner une compression de la moelle épinière ce qui aboutit quelquefois un phénomène de paraplégie (paralysie des membres supérieurs ou inférieurs).
Quelquefois il entraîne une anesthésie au-dessus de la compression et des troubles de fonctionnement des sphincters (émission perturbée des urines, défécation perturbée).
La survenue d'un syndrome de Froin est possible quand il existe un blocage. Le syndrome de Froin (appelé également syndrome de Lépine Froin) est une hyperalbunose (excès d'albumine) avec une xanthochromie (coloration jaune) du liquide céphalo-rachidien. Au cours de cette affection ou maladie, le liquide céphalo-rachidien possède une autre particularité : il coagule quelquefois spontanément au moment de la ponction lombaire.
La manoeuvre de Queckenste appelée également épreuve de Queckenstedt-Stookey a été mise au point par l'Allemand Hans Queckenstedt en 1916. Appelé en anglais Queckenstedt Stookey test il s'agit d'une épreuve qui consiste à augmenter la pression du liquide céphalo-rachidien en comprimant les jugulaires. Les jugulaires sont des veines qui passent de chaque côté du cou (latéralement). Les modifications de pression vont se transmettre du liquide céphalo-rachidien, le long du canal arachnoïdien. L'arachnoïde est l'une des trois méninges situées entre la moelle épinière et qui adhère au système nerveux central et la dure-mère, méninge la plus périphérique. Il s'agit véritablement d'un espace de liberté enveloppant le système nerveux central et permettant celui-ci de se protéger par un effet d'absorption des choc entre autres et une protection contre les infections. À l'intérieur de l'arachnoïde circule du liquide céphalo-rachidien. S'il n'existe pas de véritable communication entre l'espace arachnoïdien et la circulation veineuse, les pressions sont néanmoins en rapport. De ce fait une modification de la pression dans le système veineux entraîne un retentissement dans le système arachnoïdien. C'est la raison pour laquelle la compression des jugulaires entraîne les variations de pression qui sont transmises au liquide céphalo-rachidien, le long du canal arachnoïdien, quand il n'y a pas d'obstacle. Grâce à cette épreuve il est possible de mettre en évidence un obstacle quel qu'il soit comme par exemple une tumeur ou un abcès qui comprime la moelle épinière. En dessous de cet obstacle on ne constate pas d'élévation de la pression.
Labo
Les analyses de sang mettent en évidence une augmentation de la quantité des protéines à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien.
Examens Complémentaires
Il existe un risque à effectuer une ponction lombaire (prélèvement de liquide céphalo-rachidien en ponctionnant à travers la colonne vertébrale). En effet, les microbes risquent de se disséminer à l'intérieur de l'espace arachnoïdien.
L'IRM et le scanner apporte une aide majeure en ce qui concerne l'orientation diagnostique de cette affection.
Traitement
Le traitement consiste à hospitaliser le patient en service spécialisé (médecine infectieuse, médecine interne, médecine spécialisée en médecine générale) et de lui administrer un antibiotique adapté après avoir fait un antibiogramme c'est-à-dire un examen permettant de préciser l'antibiotique efficace. Le plus souvent ils sont efficaces quand il s'agit de forme aiguë traitée précocement.
Parfois il est nécessaire d'effectuer ce que l'on appelle une laminectomie. Il s'agit d'une intervention chirugicale permettant d'aborder le canal rachidien et son contenu : la moelle épinière et la queue de cheval correspondant au rassemblement des derniers nerfs situés à l'extrémité inférieure de la moelle épinière). Cette opération est également utilisée dans les syndromes compressifs (rétrécissement ou sténose du canal médullaire entre autres), dans le canal lombaire étroit d'origine congénitale, la hernie discale et les interventions orthopédiques comportant des fragments osseux. Au cours de cette intervention l'évacuation de l'abcès est effectué puis l'on pratique un drainage et l'on instille (on injecte) localement des antibiotiques.