Néphrite interstitielle

Introduction

Variété de néphrite (inflammation du rein) se caractérisant par la présence de lésions à type d'filtration (pénétration) d'une variété de globules blancs entraînant une atteinte du tissu rénal interstitiel c'est-à-dire du tissu de soutien des néphrons.

Classification

Classification : On distingue deux grandes sortes de néphrite selon leur mécanisme :

1) La néphrite interstitielle due à une atteinte du tissu interstitiel par voie urinaire, portant également le nom de néphrite interstitielle par voie ascendante. Ce type  de néphrite porte également le nom de pyélonéphrite. Cette variété de néphrite est de résultats d'une infection ou d'une malformation des voies excrétrices c'est-à-dire des voies permettant d'éliminer l'urine à partir du rein proprement dit. Il s'agit des calices (tubes collecteurs de l'urine qui se réunissent pour donner le bassinet), du bassinet, de l'uretère (canal transportant l'urine du rein vers la vessie), de la vessie (réservoir d'urine) et de l'urètre (canal transportant l'urine de l'intérieur de la vessie vers l'extérieur de l'organisme).

Parmi les néphrites dues à une atteinte du tissu interstitiel par voie urinaire on distingue les pyélonéphrites aiguës et les pyélonéphrites chroniques :
  • La pyélonéphrite aiguë ne concerne qu'un seul rein généralement et plutôt la femme jeune que l'homme. Elle est le résultat d'une infection par une bactérie (colibacille le plus souvent) et est parfois favorisée par un calcul urinaire. Ce sont essentiellement les individus présentant déjà une atteinte de la vessie à type d'inflammation de la vessie (cystite) et n'ayant pas reçu de traitement adapté qui présentent ce genre de pathologie. Les symptômes de la pyonéphrite aiguë sont des douleurs vives qui irradient dans les lombes (bas du dos) s'accompagnant de frissons et d'hyperthermie (fièvre). Le traitement de la pyélonéphrite aigu fait appel aux antibiotiques qui doivent être pris pendant une longue période (plusieurs semaines à un mois) de façon à éviter les rechutes.
  • La pyélonéphrite chronique, au contraire de la précédente, est susceptible d'atteindre les deux reins. Ce type d'infection urinaire est le résultat d'infections urinaires qui récidivent le plus souvent à la suite d'anomalies congénitales ou acquises des voies excrétrices. En effet la gêne à l'écoulement de l'urine favorise la survenue de telles affections urologiques. Quand la pyélonéphrite chronique est bilatérale c'est-à-dire concerne les deux reins elle est susceptible d'engendrer une insuffisance rénale c'est-à-dire une insuffisance de fonctionnement de filtration rénale ayant pour conséquence l'accumulation de toxines délétères pour l'organisme nécessitant alors une dialyse rénale (élimination artificielle des substances nocives contenues dans le sang). Le traitement de la pyonéphrite chronique consiste tout d'abord à arrêter l'infection et à soigner l'anomalie ayant entraîné la pyélonéphrite chronique.
2) La néphrite due à une atteinte du tissu interstitiel par voie sanguine est le résultat d'une infection susceptible d'engendrer une septicémie (infection générale grave). Ce type de néphrite peut également être le résultat d'une intoxication par un médicament ou un antigène (substance étrangère non acceptée par organisme) entraînant ainsi des réactions immunitaires aboutissant à une variété de néphropathie interstitielle portant le nom de néphrite immunoallergique. Ce type de néphrite concerne toujours les deux reins.
  • Toujours parmi les néphrites dues à une atteinte du tissu interstitiel par voie sanguine, les néphrites interstitielles aiguës sont dues à l'absorption de certains produits toxiques ou à des phénomènes de type allergique essentiellement à des molécules médicamenteuses. La néphrite interstitielle aiguë survient brutalement et entraîne une insuffisance de fonctionnement du rein de manière aiguë (sur une courte période). On constate quelquefois des formes sévères qui nécessitent une épuration du sang par hémodialyse. L'évolution de ce type de néphrite est généralement bonne puisque l'on constate, spontanément, une guérison qui survient en quelques jours ou en quelques semaines.
  • Les néphrites interstitielles chroniques appartiennent également aux néphrites dues à une atteinte du tissu interstitiel par voie sanguine. Cette variété de néphrite est le résultat, le plus souvent, d'atteintes métaboliques (dérèglement du fonctionnement normal de l'organisme) liées à un excès de calcium dans le sang (hypercalcémie) ou à un défaut de potassium dans le sang (hypokaliémie). Dans certains cas il s'agit d'une oxalose (dépôts de cristaux d'oxalate de calcium dans les reins et dans d'autres organes) ou encore d'une accumulation à l'intérieur du rein de substances toxiques de nature médicamenteuse ou autre. Les médicaments concernés sont généralement ceux contenant du lithium ou des médicaments utilisés dans le traitement des cancers (cisplatine entre autres). Ces lésions que l'on constate au cours de la néphrite interstitielle chronique et dues à une atteinte du tissu interstitiel par voie sanguine peuvent évoluer vers une insuffisance rénale chronique nécessitant alors une épuration par hémodialyse de manière continue. Certains patients peuvent bénéficier d'une greffe rénale.

Physiologie

Les néphrons sont les unités fonctionnelles (de filtration du sang donnant l'urine) appartenant au rein et comprenant le glomérule de Malpighi et le tubule. Les glomérule de Malpighi sont des petit amas de capillaires (minuscules vaisseaux) du rein assurant la filtration du sang pour donner de l'urine. Le rein possède à peu près un million de néphrons.