Miction

Introduction

La miction est l'expulsion naturelle par regorgement (débordement) de l’urine accumulée dans la vessie.

Classification

Les troubles de la miction entendent ce qui est susceptible de gêner l'émission de l'urine dont le but est de vidanger la vessie.

La pollakiurie
se caractérise par la survenue de miction fréquente ayant lieu le jour ou la nuit. La pollakiurie est le résultat d'une irritation de la vessie ayant pour origine (liste non exhaustive) :
  • Une cystite (inflammation de la vessie).
  • Un adénomede la prostate.
  • Des calculsde la vessie.
  • Une diminutionde la capacité vésicale (de la vessie).
L'impériosité  mictionnelle est le résultat d'une incapacité pour retenir les urines contenues dans la vessie. L'impériosité mictionnelle est le résultat d'une irritation de la vessie.

L'énurésie correspond à une émission d'urine involontaire et inconsciente le plus souvent survenant la nuit chez un enfant qui a dépassé l'âge de la propreté (âge se situant entre 2 et 4 ans). L'impériosité peut être le résultat d'une immaturité du système nerveux innervant la vessie. Pour certains spécialistes en urologie (spécialité médicale s'intéressant à l'appareil urinaire) l'énurésie serait de nature hormonale ou psychologique voire psychosomatique.

La dysurie correspond à la difficulté à évacuer la vessie. Elle est due à un adénome de la prostate ou à un rétrécissement de l'urètre voire à un contraction insuffisante de la vessie.

L'incontinence urinaire  qui, de façon générale, correspond au défaut  de continence ou de contrôle des sphincters de la vessie ou de l'anus, est soit totale soit partielle. Généralement l'incontinence urinaire survient sous la forme d'une incontinence urinaire d'effort, résultat d'une déficience du sphincter de l'urètre. Le terme continence, qui s'applique à la vessie ou au rectum correspond à la fonction de rétention qu’assure physiologiquement (normalement) les sphincters, en s’opposant au passage spontané, réflexe, involontaire des urines ou des selles.

Physiologie

L'urine, liquide provenant de l'organisme, est de nature excrémentielle (relatif aux excréments ou de la nature des excréments).

Ce liquide sécrété par les reins est, d'autre part, de couleur jaune ambré et composé avant tout d’eau, de sels minéraux et de matières organiques. ­

Le terme excrément désigne toute matière qui est évacuée du corps humain ou animal par les voies naturelles. En dehors des urines, la sueur et les matières fécales sont également des excréments. Le terme émonction désigne l'évacuation des excréments.
 
L'urine s'accumule dans la vessie. La distension de la vessie apparaît à partir d'une certaine quantité d'urine emmagasinée dans celle-ci. La quantité d'urine à partir de laquelle les mécanismes neurologiques déclenchent la miction est d'environ 200 ml. À partir de cette quantité apparaît un réflexe viscéral qui déclenche miction à condition que le système nerveux (celui de la volonté, sous le contrôle du cerveau) donne son approbation (décide d'évacuer les urines).

Le mécanisme physiologique, plus précisément neurophysiologique est le suivant.
Un stimulus, si l'on préfère la sensation de remplissage de la vessie, constitue ce que l'on appelle un influx afférent sensoriel qui est transmis à une région de la moelle épinière se trouvant juste en arrière de la vessie. L'influx nerveux  efférent retourne vers la vessie par l'intermédiaire de nerfs portant le nom de nerfs parasympathiques plus précisément les nerfs splanchniques pelviens.

L'étape suivante est la contraction de la musculeuse (membrane périphérique de la vessie contenant des muscles) de la vessie qui se contracte. Parallèlement les muscles sphinctériens de l'urètre (conduit transportant l'urine de l'intérieur de la vessie vers l'extérieur du corps) se relâchent à leur tour.

La troisième étape est la contraction de la vessie qui pousse l'urine à travers le sphincter lisse de l'urètre. Ce sphincter est constitué de muscles lisses involontaires. Ceci aboutit au passage de l'urine dans la partie supérieure de l'urètre.

En dehors de ce mécanisme neurologique automatique, involontaire, d''autres influx afférents prennent la direction de l'encéphale ou si on préfère le cerveau. Grâce à ces influx les individus ressentent la nécessité d'uriner. Les muscles sphincters de l'urètre et les muscles élévateurs de l'anus sont des muscles squelettiques donc sous le contrôle de la volonté. C'est la raison pour laquelle les individus sont susceptibles de choisir de garder les urines ou au contraire d'uriner quand ils le désirent.

Quelquefois la miction a lieu involontairement. Ceci s'explique de la façon suivante. Après une accumulation d'environ 200 à 300 ml supplémentaires aux 200 premiers millilitres qui déclenchent le besoin d'uriner, le réflexe d'émission survient à nouveau. Ce réflexe est retardé si la miction est elle-même retardée mais le besoin d'uriner finit par devenir impérieux (nécessaire). En effet, les contractions réflexes de la vessie ont cessé pendant environ une minute mais l'urine qui continue de s'accumuler, ce qui provoque le réflexe de miction (à l'instar de l'ensemble des réflexes qui sont des phénomènes automatiques).

Physiopathologie

Le nombre de mictions qui va normalement de 2 à 5 durant la journée et de zéro à une pendant la nuit, varie selon différents critères :
  • La capacité physiologique de la vessie.
  • La quantité d'urine à émettre.
Habituellement indolore, l'émission d'urine doit être normalement facile effectuée grâce au jet mictionnelle relativement fort et sans goutte d'urine précédant ou suivant ce jet mictionnel.

L'apparition de douleurs à la miction est susceptiblede traduire une infection urinaire surtout quand il s'agit de brûlures.

Causes

Les causes de dysurie sont nombreuses (liste non exhaustive) :

Le botulisme qui est une affection liée à une intoxication due aux toxines sécrétées par Clostridium botulinum, bacille contenu dans certaines conserves et charcuteries avariées.

La maladie du col vésical est une affection de la vessie qui s'observe essentiellement chez le nourrisson et le jeune enfant et quelquefois chez l'adulte. Cette affection neurologique (spécialité médicale concernant l'appareil urinaire) se traduit par la présence de dysurie mais aussi par une rétention d'urine avec pollakiurie et même incontinence par engorgement. La pollakiurie est la fréquence exagérée des urines abondantes par ailleurs. Cette affection est le résultat d'une hyperplasie (prolifération anormale des cellules composant un organe) aboutissant à la répétition de contractions du sphincter de la vessie (sphincter vésical). Cette affection est quelquefois le résultat d'une malformation de la partie postérieure de l'urètre.

La neurovessie (en anglaisneuropathic bladder) appelée également vessie neurologique se caractérise par l'apparition de troubles de la vessie elle-même et des sphincters dus à une atteinte de la moelle épinière. Ce phénomène entraîne l'apparition, en plus des dysuries, d'incontinence et d'infections urinaires. chez certains patients cette affection neurologique est source de de lithiases rénales (calculs rénaux) et de dilatation (agrandissement du diamètre) des voies excrétrices transportant l'urine à l'intérieur du rein lui-même.

Les lithiases rénales (calculs rénaux) sont quelquefois responsables de survenue de dysurie.

La blennorragie qui est une maladie contagieuse vénérienne due à un genre de bactérie appartenant à la famille des Neisseriaceœ (gonocoque) et se caractérisant par la survenue d'une inflammation des organes génitaux et un écoulement purulent (de pus).


 

Labo

L'examen cytobactériologique des urines (CBU) est susceptible de mettre en évidence un germe responsable d'une infection urinaire.

La présence de pus dans les urines porte le nom de pyurie.