Pneumonie opportuniste
Introduction
La pneumonie opportuniste est une affection des poumons apparaissant chez les patients présentant un déficit de défense immunitaire dû à des germes variés et quelquefois saprophytes (voir ce terme dans l'encyclopédie médicale vulgaris) mais devenus pathogènes (entraînant une maladie).
Généralités
Le terme saprophyte qualifie les bactéries, les champignons microscopiques ou les protozoaires (constitués d'une seule cellule) qui ne se développent pas dans l'organisme vivant et qui se nourrissent de matières mortes. Ils participent par ailleurs à la dégradation de ces matières organiques. Un germe saprophyte vit dans l'organisme sans être pathogène quand l'individu qui l'héberge ne présente pas de déficit immunitaire.
Causes
Les germes à l'origine de pneumonie opportuniste varient selon le déficit immunitaire en cause.
Voici une liste non exhaustive de maladies et de processus pouvant expliquer la survenue de ce type d'affection pulmonaire :
- Un traitement à base de médicaments immunosuppresseurs (destiné à diminuer les capacités immunitaires, de défense de l'organisme)
- Une infection par le virus de l'immunodéficience humaine (sida)
- La maladie de Hodgkin
- Une infection par Pneumocystis carinii
- Une infection par Candida
- Une toxoplasmose
- Une infection par Nocardia
- Une infection par Cryptococcus
- Une infection due à un herpès
- Une infection par Bordetella bronchiseptica
- Une infection par un cytomégalovirus
- Un déficit immunitaire dû à une autre maladie (baisse globale du taux des anticorps dans le sang) : hypogammaglobulinémie, un déficit de fabrication de certains anticorps, myélome multiple). Ce type de déficit entraîne des infections par des bactéries du genre Streptococcus pneumoniae, staphylococcus aureus (staphylocoque doré), Hémophilus.
- Un déficit de polynucléaires neutrophiles dû à une anémie aplastique, une leucémie aiguë, une maladie granulomateuse, une agranulocytose, un déficit en polynucléaires sélectif s'accompagnant d'une perturbation de la phagocytoses ou du chimiotactisme). Cette perturbation s'explique par une difficulté, parfois une incapacité pour les globules blancs à se rendre vers les substances étrangères dangereuses pour l'organisme (microbes entre autres) et une diminution de leur capacité à digérer ces éléments. Cet effet délétère intervient à partir d'un certain nombre de globules blancs (500 par microlitre). Quand le nombre des globules blancs a chuté de manière importante, le risque infectieux devient alors majeur et se caractérise par la survenue d'infection par des bactéries Gram positif et Gram négatif telles certaines bactéries peu connues (Enterobacter, Serratia marcescens).
- Le déficit immunitaire susceptible d'entraîner des pneumonies opportunistes peut être le résultat d'un mauvais fonctionnement d'autres composants de l'immunité de l'organisme. Il s'agit entre autres du déficit de la voie interne du complément. Le complément total est constitué de 11 composants qui interviennent les uns après les autres dans une réaction en chaîne qui participe au système immunitaire antigène-anticorps, et joue donc un rôle très important dans la lutte contre les maladies infectieuses. Le rôle du complément est essentiellement la destruction des antigènes. Certaines situations médicales, en particulier la greffe de moelle, la transplantation d'organes, une hospitalisation dans des conditions défavorables, l'utilisation d'antibiotiques dont le champ d'action est trop large, l'utilisation d'appareils aérosols mal entretenus, une incubation, une ventilation assistée, une baisse du taux des anticorps chez un nouveau-né, des maladies malignes (cancer entre autres), etc... sont également susceptibles d'entraîner des pneumonies opportunistes.
Symptômes
Au cours des pneumonies opportunistes, les patients présentent essentiellement des symptômes de la maladie responsable du déficit immunitaire.
Labo
Il met en évidence, le plus souvent, une baisse plus ou moins importante du nombre de globules blancs (leucopénie).
Examens Complémentaires
En dehors de l'hémoculture qui n'est pas toujours positive (30 % des cas) en cas d'infection par une bactérie, il s'agit essentiellement de la radiographie qui montre :
Une modification de la trame (tissu) pulmonaire s'expliquant par la pénétration à l'intérieur des tissus des poumons (infiltrat diffus) le plus souvent de : Pneumocystis carinii, cytomégalovirus et quelquefois d'Aspergillus ou de Cryptococcus.
Cette modification de la trame des poumons peut également être le résultat de l'apparition de petits nodules (infiltrats nodulaires). Les germes responsables de cette modification tissulaire pulmonaire sont : Aspergillus, Staphylococcus, Cryptococcus, Legionella pneumophila, Pneumocystis carinii, Mucormycose.
La fibroscopie bronchique consiste à visualiser l'intérieur des bronches grâce à l'utilisation d'un système optique accompagné d'une aspiration des sécrétions provenant de la trachée et des bronches. Elle est quasi systématiquement utilisée pour mettre en évidence certains germes et plus précisément les mycobactéries et Aspergillus. Les techniques utilisées sont la brosse de Wimberley et le cathéter télescopique avec lavage des alvéoles.
Dans certains cas, il est nécessaire de procéder à des prélèvements de tissus pulmonaires effectués par le chirurgien pneumologue. Ceci n'est envisagé que si la fibroscopie bronchique et les autres examens complémentaires ont été des échecs.Evolution
Elle est péjorative dans la moitié des cas environ.
Traitement
- Nettoyage convenable des voies respiratoires en prenant soin de ne pas rajouter d'autres germes.
- Utilisation d'antibiotiques en fonction du germe responsable ou que l'on suspecte.
- Modification voire arrêt de certains médicaments utilisés (cortisone, immunodépresseurs)
- Injection d'immunoglobulines variées (polyvalentes) sous forme de perfusions.